Le temps passe vite pour la Stib. Son appli, lancée en 2011 et très populaire, est pratique pour savoir quand le tram ou le bus arrivera, en temps réel. Mais elle date. Le réseau bruxellois s'apprête à sortir une nouvelle version plus riche qui inclura la recherche d'itinéraires en intégrant les autres réseaux (Stib, SNCB, Tec et De Lijn), comme le fait déjà l'appli de la SNCB.
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Le temps passe vite pour la Stib. Son appli, lancée en 2011 et très populaire, est pratique pour savoir quand le tram ou le bus arrivera, en temps réel. Mais elle date. Le réseau bruxellois s'apprête à sortir une nouvelle version plus riche qui inclura la recherche d'itinéraires en intégrant les autres réseaux (Stib, SNCB, Tec et De Lijn), comme le fait déjà l'appli de la SNCB.La Stib est néanmoins plus en avance que les Tec, qui n'ont pas d'application mais comptent bien en sortir une en 2017. Jusqu'à présent, les Tec fournissent en effet leurs infos uniquement sur le web. "Nous mettons aujourd'hui la priorité sur le mobile car 70 % de nos clients ont un smartphone en poche , explique Stéphane Thiery, directeur du marketing et de la mobilité aux Tec. L'application traitera de toutes les étapes d'un voyage, de sa préparation à l'achat du ticket, avec l'info en temps réel sur les trajets. Nous espérons ainsi mieux toucher les non-clients, qui pourront plus facilement emprunter nos bus."Les sociétés de transport comprennent que le smartphone est devenu un élément clef pour améliorer le service aux voyageurs et attirer de nouveaux clients. Elles investissent dans leurs propres applis tout en acceptant de bonne grâce la concurrence d'applis indépendantes dont l'émulation créative sert plutôt leurs intérêts. L'acteur indépendant le plus connu est Google Maps, avec qui les Tec viennent de signer un accord. Google Maps devient ainsi un couteau suisse de la mobilité : il propose de calculer n'importe quel trajet en Belgique ou ailleurs en comparant les temps de parcours en auto, à vélo, à pied, et aussi en transports en commun (Stib, De Lijn, SNCB, Tec) en exploitant les horaires de ces derniers.Ce type d'application aide les utilisateurs à mieux gérer leurs déplacements, à débusquer les lignes et correspondances qui vont les mener au plus vite à destination, à comparer les différents moyens de transport. Il pourrait aider les accros à la voiture à quitter de temps en temps leur volant pour le tram ou le vélo.La percée de ces applis doit tout à la politique open data que les sociétés de transport développent. Elles acceptent généralement de fournir les horaires et la positions des arrêts sous une forme informatisée, avec une remise à jour régulière et automatique, et de plus en plus des informations sur les incidents. Cette politique ne porte que sur les données théoriques (les horaires) mais devrait passer au temps réel, en incluant les retards, les fréquences annulées et les incidents. Pour améliorer les informations les jours de grève, par exemple.Les informations en temps réel sont primordiales car certaines lignes sont fréquemment sujettes à des retards. "A Liège, des lignes de bus sont souvent saturées. Par exemple les lignes 1, 4, ou la 48 qui dessert l'université", déclare Thomas Hermine, fondateur et manager de NextRide, une appli qui aide les utilisateurs des réseaux des Tec et de la Stib. "Pour ces lignes, l'horaire n'a pas beaucoup de sens. Il faut du temps réel. Les utilisateurs pourraient alors savoir quand leur bus arrivera vraiment", précise ce fan des bus. NextRide a contourné cette faiblesse en jouant la carte de la communauté : les 80.000 utilisateurs réguliers de cette application envoient des infos sur les retards, les bus bondés, etc. "La communauté compense, mais le temps réel, ce serait mieux", ajoute Thomas Hermine, qui a lancé l'application sous le nom de ProchainBus, alors qu'il était encore étudiant à l'ULB. La start-up, fondée en 2015, est installée dans le Venturelab de l'ULg, et compte quatre personnes.L'intérêt de ces applications augmente avec l'élargissement de l'offre de transports dans les villes. A côté des réseaux publics, il y a les vélos et scooters partagés, les services de type Uber et les voitures partagées, dont l'offre va gonfler à Bruxelles.Certaines applis se font fort d'intégrer le plus possible de nouvelles offres de transport pour se rendre plus utiles. Le britannique Citymapper (lancé par un ancien de Google, Azmat Yusuf) suit cette approche. Le service disponible à Bruxelles intègre, outre le parcours à pied ou à vélo, tous les transports en commun, le vélo partagé Villo, Uber et même eCab (Taxis Verts). A Paris, l'appli intègre les voitures partagées Autolib.Nous avons testé Citymapper pour voir ce qu'il nous proposait pour nous rendre de la rédaction de Trends-Tendances (près de l'Otan) à notre domicile de Berchem Sainte-Agathe. L'humour fait partie du service : l'appli a non seulement indiqué la durée du trajet en Villo (63 minutes) et le nombre de calories qui seront dépensées (253) mais aussi l'équivalent en nourriture: 0,7 fricandelle... qui devient 4,7 tomates-crevettes si le trajet se fait à pied. L'info intéressante que donne l'appli est que le trajet en Villo ne met pas plus de temps qu'en transports en commun. Citymapper expérimente des combinaisons de transports pour mieux aider ses utilisateurs, comme Villo + tram ou train.Autre "machine" internationale qui débarque à Bruxelles : l'appli israélienne Moovit. Centrée sur les transports en commun (Tec, SNCB, Stib et De Lijn), elle joue la carte de la communauté en invitant ses utilisateurs à signaler les incidents. Elle affirme avoir plus de 20 millions d'utilisateurs dans le monde. Cette approche plus simple lui permet d'accumuler rapidement les villes (plus de 600) alors que Citymapper n'en compte qu'une trentaine.Les deux acteurs internationaux sont fortement capitalisés : Citymapper, fondé en 2011, a levé plus de 35 millions de livres (42 millions d'euros) depuis son lancement en 2011. Moovit, créé en 2012, a attiré 81,5 millions de dollars (74 millions d'euros). Les business models sont flous : ces applis, gratuites, ne génèrent en effet pas de revenus. Elles se sont engagées sur la voie montrée par d'autres start-ups globales : créer une communauté d'abord, puis espérer la monétiser, manifestement par de la pub localisée.Face à ces acteurs internationaux, le liégeois NextRide dispose de moyens plus modestes mais possède un public fidèle. "Nous n'avons pas perdu d'utilisateurs sur Bruxelles en un an, se félicite Thomas Hermine. Et notre application a globalement enregistré 50 % d'utilisateurs actifs supplémentaires sur la même période. Je pense que Google Maps est utilisée plus occasionnellement, par des touristes, alors que NextRide est plutôt pratiquée par des utilisateurs réguliers, des jeunes surtout."Thomas Hermine espère aussi enrichir l'appli, "en ajoutant l'achat de tickets". Le modèle de NextRide est le sponsoring. La société se finance en Belgique par un partenariat avec Orange, visible sur l'appli, avec un lien vers le blog d'Orange (ex-Mobistar), en proposant de le visiter en attendant le bus. Il espère bien s'implanter en France en trouvant des partenaires locaux qui joueraient le même rôle, et lever des fonds pour ce développement.