1. Comptable

Pour Laurent Alexandre, spécialiste des questions liées à l'intelligence artificielle, le constat est sans appel : " 100 % de l'activité actuelle des comptables sera automatisée et traitée par l'IA, mieux que par les professionnels, avant 2030, écrivait-il dans une tribune pour la revue WeDemain. La complexité changeante des règles fiscales et comptables sera mieux connue et analysée par les algorithmes que par le meilleur des comptables. Bientôt, la totalité des écritures sera produite à partir de données numériques et les chefs d'entreprise achèteront de l'IA comptable à très bas prix, " au compteur ", sous la forme d'AIAAS (artificial intelligence as a service) ". Il n'est pas le seul à le penser : une étude d'Oxford en 2013 sur le futur de l'emploi pointait la profession de comptable comme l'une des plus exposées au risque d'automatisation. Après tout, si jusqu'ici, le métier semblait préservé des robots par la diversité des sources d'information provenant du monde réel, l'IA a réalisé d'importants progrès et peut interpréter des textes, des images, du son, etc. Et l'humain dans tout cela ? " Les comptables insisteront sur la dimension humaine et relationnelle de leur métier, écrivait Laurent Alexandre. Mais progressivement, ces défenses sauteront, tant il apparaîtra que le processus comptable est mieux réalisé, et à coût beaucoup plus faible, par un automate que par un homme. "
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Pour Laurent Alexandre, spécialiste des questions liées à l'intelligence artificielle, le constat est sans appel : " 100 % de l'activité actuelle des comptables sera automatisée et traitée par l'IA, mieux que par les professionnels, avant 2030, écrivait-il dans une tribune pour la revue WeDemain. La complexité changeante des règles fiscales et comptables sera mieux connue et analysée par les algorithmes que par le meilleur des comptables. Bientôt, la totalité des écritures sera produite à partir de données numériques et les chefs d'entreprise achèteront de l'IA comptable à très bas prix, " au compteur ", sous la forme d'AIAAS (artificial intelligence as a service) ". Il n'est pas le seul à le penser : une étude d'Oxford en 2013 sur le futur de l'emploi pointait la profession de comptable comme l'une des plus exposées au risque d'automatisation. Après tout, si jusqu'ici, le métier semblait préservé des robots par la diversité des sources d'information provenant du monde réel, l'IA a réalisé d'importants progrès et peut interpréter des textes, des images, du son, etc. Et l'humain dans tout cela ? " Les comptables insisteront sur la dimension humaine et relationnelle de leur métier, écrivait Laurent Alexandre. Mais progressivement, ces défenses sauteront, tant il apparaîtra que le processus comptable est mieux réalisé, et à coût beaucoup plus faible, par un automate que par un homme. " Les algorithmes ont déjà prouvé leur efficacité dans l'analyse de tests sanguins ou des tests ADN. Entraînés pour reconnaître des schémas déterminés, ils sont capables d'analyses hyper fiables, rapides et à moindres coûts. La prochaine étape sera sans doute le domaine de la radiologie. Chez IBM, par exemple, le super ordinateur Watson est déjà habitué à ingurgiter des tas d'images médicales. D'ailleurs, la firme américaine avait mis la main, en 2015, sur Merge Healthcare, spécialiste de l'imagerie, pour la modique somme d'un milliard de dollars. Sans doute en vue d'éduquer son IA. Si aucun radiologue ne peut avoir en tête 500 millions de radios, une intelligence artificielle le peut en théorie, et cela en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.Tout comme le comptable, et pour les mêmes raisons, les fonctionnaires du fisc pourraient bien être remplacés par un algorithme puissant puisque l'ensemble des données fiscales s'informatisent largement. Il suffit de jeter un oeil à sa déclaration fiscale pré-remplie sur Tax-on-web pour s'en convaincre. En 2016, 3,8 millions de Belges ont rempli leur déclaration de manière électronique. Cela aide le fisc belge qui a mis en place des procédés de data mining pour trier les contribuables et ainsi les contrôler sur la base, notamment, de modifications importantes des revenus, des rentrées exceptionnelles, etc. Demain, l'intelligence artificielle pourrait bien opérer, toute seule, une partie importante des contrôles. Peu développé chez nous, le people analytics monte en puissance dans les pays anglo-saxons. La quantité de données que les employeurs possèdent sur leurs employés peut devenir importante et surtout être utilisée à bon escient. Combinée à de l'intelligence artificielle, elle peut anticiper les départs de certains talents importants dans votre entreprise en tenant compte du profil des personnes, des évolutions salariales, des années d'ancienneté, des statistiques extérieures à la boîte, etc. L'épluchage des CV par l'IA permettra aussi de réaliser du recrutement prédictif. C'est-à-dire d'engager mathématiquement les personnes qui présentent les bonnes compétences et la bonne personnalité, et colleront ainsi le mieux à l'esprit de votre boîte.Voici quelques années encore, personne n'imaginait qu'un véhicule sans chauffeur serait capable de se déplacer sur nos routes sans risque d'accident. Aujourd'hui, il est admis qu'une voiture autonome est capable de capter et d'analyser des milliers de données (issues notamment de ses capteurs) en un fragment de seconde et d'anticiper ainsi un incident qui pourrait se produire face à elle. Des entreprises comme le géant Uber travaillent au développement de la voiture autonome et rêvent (pas si secrètement) de remplacer (une partie de) leurs chauffeurs humains. D'ici quelques années, il ne fait plus aucun doute que ces véhicules transporteront des passagers d'un point A à un point B, supprimant l'intérêt d'un humain. Ce sera aussi le cas des camions : la start-up Otto, rachetée par Uber, travaille aussi sur des camions sans conducteurs. Et les géants traditionnels du secteur bardent également leurs poids lourds de technologies autonomes. La reconnaissance d'images constitue l'une des avancées les plus spectaculaires de l'intelligence artificielle. Il est désormais possible pour une machine de regarder une photo, de l'interpréter et de la décrire. Récemment dévoilé, Google Lens permet aux utilisateurs de smartphone d'obtenir des infos sur ce qu'ils présentent à la caméra du téléphone : fleurs, objets, animaux, etc. Même chose dans le domaine médical. Des scientifiques de Stanford ont publié, dans la revue Nature en février 2017, les résultats d'une recherche en matière de détection des cancers de la peau. Grâce à une IA fournie par Google, leur algorithme est capable de détecter les maladies de la peau à partir de photos. Ils l'ont opposé au jugement de 21 dermatologues et leur test a démontré que l'algorithme se montrait plus efficace que les spécialistes humains ! Si, à leurs débuts, les traductions de l'outil Translate de Google avaient de quoi faire rire, l'outil s'est largement amélioré au gré des 140 milliards de mots traduits quotidiennement pour les 500 millions d'utilisateurs de Google Translate. Au point que certains auteurs et médias se servent de cette traduction comme base avancée de travail. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle devient capable de comprendre le contexte d'un texte soumis à traduction. Bien sûr, les traductions à haute valeur ajoutée ne peuvent être confiées à des traducteurs automatiques (pour le moment). Mais dans certains cas, pour l'usage interne des entreprises par exemple, une traduction automatique suffit. Saviez-vous que la Commission européenne a développé son propre outil de traduction qui traduit annuellement 20 millions de pages, soit 10 fois plus que ce que font ses 1.600 traducteurs humains ? Dans son livre Mon directeur marketing sera un algorithme, Stéphane Amarsy dresse une matrice des risques de remplacement des différents métiers du marketing d'ici 2020. Au total, 28 jobs sont passés au crible, selon le type de tâches et le risque d'être automatisés. Aussi, on y découvre que la fonction de community manager, qui est l'ambassadeur digital des marques ou des entreprises, subit un risque de plus de 70 % d'être automatisée : ses tâches de veille sur le Web, de gestion des avis et commentaires sur les réseaux sociaux ou de dialogue avec les clients pourront être totalement gérées par de l'IA. Parmi les autres métiers à risque dans le marketing, citons le responsable de la stratégie digitale, le responsable trade marketing, le gestionnaire de campagnes, le responsable merchandising, le responsable marketing relationnel et CRM, etc.