La guerre faisait rage depuis trois ans. Sur trois continents, Apple refusait de payer les royalties dus à l'utilisation de certains brevets détenus par Qualcomm. La firme à la pomme avait demandé à ses fournisseurs de faire de même. Le manque à gagner, estimé à 7,5 milliards de dollars, menaçait clairement Qualcomm de disparition.

A la veille de l'ouverture du premier procès, les deux protagonistes ont finalement enterré la hache de guerre. Apple s'est engagé à payer les royalties dues (le montant global n'a pas été révélé) et a décidé de s'engager pour six années (avec option pour deux supplémentaires) avec les puces 5G de la société de San Diego. En outre, elle n'a pas eu gain de cause sur la structure du paiement des prochaines royalties. Elle ne voulait payer que les composants et plus un pourcentage sur le prix de vente de l'iPhone. Qualcomm n'a cédé qu'à la marge : le pourcentage est maintenu mais avec un maximum de 13 dollars par appareil. En outre, il a récupéré le marché des modems destinés aux iPhone, marché qu'avait conquis Intel.

Pourquoi un tel revirement d'Apple dans ce dossier ? En fait, elle n'avait pas trop le choix. Intel étant très en retard sur la 5G, Apple n'aurait eu d'autre option que de se tourner vers Huawei qui lui avait fait une offre précise pour la fourniture de puces 5G. Impensable pour Donald Trump. Surtout dans le contexte de la guerre que son administration et lui mènent contre le groupe chinois. Il se murmure donc en coulisses que la Maison Blanche ne serait pas étrangère à l'accord avec Qualcomm. Non seulement, cet accord maintient un groupe américain au sommet de la technologie 5G (qui va se retrouver dans de nombreux domaines de la vie quotidienne) mais de plus, il ferme un peu plus la porte menant Huawei au marché américain. Dans la foulée, Intel a décidé de se retirer de la course aux puces 5 G destinées aux smartphones.