Le financement des jeunes pousses créatives est resté longtemps un problème en Belgique. Les investisseurs se montraient frileux de parier sur des projets novateurs construits autour du numérique, préférant miser sur des business moins risqués. Mais cela, c'était avant : ces dernières années, une série de business angels, de fonds d'amorçage (comme le W.IN.G de la Région wallonne) ou de start-up studios se sont organisés pour aider les jeunes pousses du numérique à prendre leur envol. Reste aujourd'hui à financer l'étape d'après, celle des start-up en croissance que l'on appelle les scale-up et qui nécessitent des investisseurs capables de mettre plusieurs millions (voire ...

Le financement des jeunes pousses créatives est resté longtemps un problème en Belgique. Les investisseurs se montraient frileux de parier sur des projets novateurs construits autour du numérique, préférant miser sur des business moins risqués. Mais cela, c'était avant : ces dernières années, une série de business angels, de fonds d'amorçage (comme le W.IN.G de la Région wallonne) ou de start-up studios se sont organisés pour aider les jeunes pousses du numérique à prendre leur envol. Reste aujourd'hui à financer l'étape d'après, celle des start-up en croissance que l'on appelle les scale-up et qui nécessitent des investisseurs capables de mettre plusieurs millions (voire des dizaines de millions) d'euros sur la table. Mais ce segment d'investissement commence à s'organiser progressivement aussi en Belgique. C'est en tout cas le pas que vient de réaliser le fonds Fortino Capital, cofondé par l'ancien patron de Telenet, Duco Sickinghe. Jusqu'ici, Fortino disposait d'un fonds doté de 80 millions d'euros en vue d'investir dans de jeunes start-up au Benelux, dans les domaines du software et de la technologie. Au total, Fortino détient aujourd'hui des participations dans 13 jeunes pousses innovantes, dont quelques stars du moment : Teamleader, Aproplan ou Real Impact Analytics. La période d'investissement n'est pas encore totalement terminée dans ce domaine et le portefeuille de Fortino Capital I ne devrait plus se gonfler que de deux ou trois projets. Mais à présent, Fortino lance un nouveau fonds, le Fortino II Growth. Ce dernier a déjà sécurisé 125 millions d'euros auprès de privés fortunés et d'acteurs comme BNP Paribas Fortis, AG, Belfius ou PMV. L'objectif est de monter à 200 millions d'euros (probablement d'ici l'été), ce qui lui permettrait d'entrer dans des entreprises en investissant un ticket moyen compris entre 5 et 25 millions d'euros. Avec ce deuxième fonds, Fortino veut pouvoir " investir dans des entreprises dotées d'un chiffre d'affaires compris entre 10 et 35 millions d'euros qui nourrissent une ambition de croissance, nous détaille Duco Sickinghe. Il peut s'agir de sociétés qui veulent se développer à l'international ou qui veulent étoffer leur portefeuille de produits. " Et d'insister qu'il peut s'agir d'entreprises purement numériques (scale-up) mais aussi de sociétés traditionnelles qui développent des activités numériques. Fortino ne devrait toutefois pas privilégier les start-up de son premier fonds : " Nous pourrions les accompagner aux tours futurs, mais à des conditions très strictes, répond Duco Sickinghe, car les investisseurs des deux fonds ne sont pas exactement les mêmes. Donc on ne l'exclut pas mais ce n'est pas la raison d'être du nouveau fond. " Se lancer sur le terrain des scale-up serait judicieux. " Il y a un réel besoin du marché à ce niveau, confirme Jean-Guillaume Zurstrassen, serial entrepreneur (Skynet, Keytrade, etc.) et business angel au travers de Belcube. On dénombre une série de scale-up en Belgique qui ont typiquement besoin d'investisseurs comme Fortino et qui ont des fonds, de l'expérience et une légitimité. Aujourd'hui, nombre d'entre elles doivent aller chercher des fonds à l'étranger, donc il est bon que ce type de fonds existe en Belgique. " Et si le nouveau véhicule financier n'a pas encore annoncé d'investissement, il aurait déjà repéré quelques beaux dossiers au Benelux, son terrain de chasse.