La période de confinement mise en place pour enrayer la pandémie de coronavirus a permis à pas mal d'e-commerces de sortir gagnants de la situation. Une partie des consommateurs a, en effet, préféré se faire livrer. Cela a d'ailleurs poussé plus d'un commerçant sans site web à accélérer la mise en place d'une boutique en ligne. Divers acteurs y voient une aubaine business.
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La période de confinement mise en place pour enrayer la pandémie de coronavirus a permis à pas mal d'e-commerces de sortir gagnants de la situation. Une partie des consommateurs a, en effet, préféré se faire livrer. Cela a d'ailleurs poussé plus d'un commerçant sans site web à accélérer la mise en place d'une boutique en ligne. Divers acteurs y voient une aubaine business. La dernière annonce en date provient de Proximus. L'opérateur historique propose depuis peu sa solution " Bizz Online Webshop " permettant aux PME de créer en quelques instants une boutique online pour vendre leurs produits moyennant un abonnement de 60 euros par mois. Proximus, qui avait déjà proposé des solutions e-commerce par le passé, n'est pas le seul colosse à profiter de l'effet confinement pour s'engouffrer dans la brèche. Bpost a, de son côté, annoncé un partenariat avec Shopitag pour proposer aux petits commerçants une solution de webshop " créé en 30 minutes ", à partir de 25 euros/mois plus un pourcentage sur les transactions. Des offres alléchantes pour les boutiques et acteurs du commerce qui n'ont pas encore mis un pied sur le Web, et qui viennent compléter une liste déjà longue d'acteurs proposant ce type de services. En Belgique, Odoo, Proximedia, Pages d'Or, Modullo ou, à l'international, Shopify, par exemple. " La Belgique enregistre un tel retard que des initiatives comme celles-là sont intéressantes pour évangéliser le marché, observe Damien Jacob, spécialiste de l'e-commerce au sein du cabinet de conseil Retis. Cela devrait rassurer techniquement les commerçants qui ne devraient pas rencontrer de mauvaises surprises avec la mise en place technique de leur e-shop. " L'expert s'inquiète par contre des désillusions qui pourraient naître auprès des nouveaux e-commerçants : " La vente en ligne ne se résume pas à un site web, insiste Damien Jacob. Avoir son e-shop ne garantit pas des ventes. Le premier défi, c'est d'avoir une réflexion pour mettre au point une vraie stratégie gagnante qui commence par définir sa cible, son positionnement, et le marketing à mettre en place ". Il est vrai que des milliers de petits sites d'e-commerce lancés facilement avec des outils comme ceux-là disposent d'une belle vitrine... mais n'enregistrent pas ou très peu de volumes. Par ailleurs, ces initiatives en provenance de bpost ou Proximus ne réjouissent pas forcément tout le monde : de nombreuses petites agences de développement web se sont spécialisées dans la création et l'accompagnement de boutiques online. La Feweb (Fédération professionnelle des entreprises du secteur digital) s'est fendue d'un communiqué rappelant que " le choix d'une plateforme ou d'une technologie se fait en fonction du plan d'affaires et non l'inverse " et qu'un " champion ne gagne jamais seul : il est entouré d'experts sur lesquels il peut compter ".