Depuis la décision du Tribunal de commerce de Bruxelles qui considère le service UberPop illégal, la firme américaine se montre (légèrement) plus discrète. Mais la petite équipe belge d'une dizaine de personnes est loin d'abandonner la partie. Elle entend continuer ses projets sur notre marché... mais avec une attitude bien moins cavalière que celle adoptée au moment de son arrivée à Bruxelles.
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Depuis la décision du Tribunal de commerce de Bruxelles qui considère le service UberPop illégal, la firme américaine se montre (légèrement) plus discrète. Mais la petite équipe belge d'une dizaine de personnes est loin d'abandonner la partie. Elle entend continuer ses projets sur notre marché... mais avec une attitude bien moins cavalière que celle adoptée au moment de son arrivée à Bruxelles."UberPop était sans doute trop radical et trop ambitieux pour la Belgique, un marché où le transport n'a pas beaucoup évolué depuis de nombreuses années", admet Mark MacGann, le responsable EMEA public affairs d'Uber.Uber entend redorer son image. Aussi, après la suspension de son service UberPop (utilisant des particuliers comme chauffeurs), la firme place tous ses efforts à Bruxelles autour d'UberX (l'équivalent des VTC ("voitures de tourisme avec chauffeur") en France, où les conducteurs sont des professionnels dotés d'une licence). Le démarrage est timide : une quarantaine de chauffeurs pour l'instant (contre plus de 1.200 taxis à Bruxelles) et l'espoir d'en compter 80 à la fin de l'année.La démarche n'est pas si simple. Outre des questions réglementaires (la loi n'est pas totalement bien écrite et impose un contrat de 3 heures et 90 euros), UberX ne peut faire appel qu'à des véhicules d'une valeur de plus de 32.000 euros.La firme, cependant, n'a plus la seule Bruxelles en ligne de mire. Elle discute (préalablement - une nouveauté !) avec les autorités d'autres agglomérations où elle souhaite s'installer. "Nous devrions lancer un service à Charleroi, Anvers, Namur et Liège d'ici la mi-janvier 2016", confirme Mark MacGann. Avec UberX et non UberPop, cette fois.Une manière de se refaire une "virginité" ? "En tant que start-up, nous avons pu commettre des erreurs", concède le responsable d'Uber. "Mais nous voulons aller de l'avant et nous asseoir autour d'une table pour discuter de la manière d'encadrer notre activité. Dans certains pays, nous payons une licence annuelle d'exploitation ou finançons des fonds pour la mobilité. Nous désirons continuer nos activités dans les meilleures conditions et sommes ouverts à la discussion."Quant aux autres services déployé par Uber dans d'autres pays, ils ne semblent pas d'actualité chez nous. En France, Uber a lancé UberEats voici quelques semaines, qui permet de se faire livrer des repas à domicile. "L'idée est d'exploiter le réseau et la technologie que nous avons mise en place", commente Mark MacGann. "Quand on est en mesure d'amener rapidement un véhicule d'un point à un autre, on peut réfléchir à ce que l'on est en mesure de mettre dedans."Avec son réseau UberPop à Bruxelles, qui comptait, à en croire la firme elle-même, un bon millier de chauffeurs occasionnels, on aurait pu imaginer qu'Uber les convertisse en livreur de repas. "Nous avons estimé que cela pourrait être interprété comme une défiance à l'égard de la décision de la justice", glisse le responsable d'Uber. "En outre, nous voyons UberEats comme un service supplémentaire à un service existant." Sans compter que le marché bruxellois n'était peut-être pas le plus porteur pour la livraison en voiture...Quoi qu'il en soit, Bruxelles n'est pas oubliée : la firme mise sur UberX et, surtout, sur l'avancement réglementaire (le fameux Plan Transport de Pascal Smet...) qui, nous dit-on, aurait pour effet d'ouvrir la porte au développement d'un marché de "VTC". Les semaines à venir nous en apprendront davantage.