Rares sont les start-up qui décident de croître par acquisition. C'est pourtant l'étape que vient de choisir la scale-up bruxelloise iBanFirst. Cette jeune pousse qui emploie déjà 150 personnes vient en effet d'annoncer le rachat de son concurrent hollandais NBWM (de Nederlandsche Betaal- en Wisselmaatschappij). Ces deux fintechs sont spécialisées dans les paiements et les transactions en ligne en devises étrangères.

Mais si les deux boîtes sont sur le même créneau, la fintech belge est beaucoup plus orientée sur la technologie. Son fondateur, Pierre-Antoine Dusoulier nourrit une ambition très internationale et s'est donné les moyens, via une levée de fonds de 15 millions l'année passée (notamment auprès de Xavier Niel en personne), de croître rapidement aux Pays-Bas.

Si elle ne communique pas son chiffre d'affaires, iBanFirst met en avant le volume des transactions de ses clients qui passent par sa plateforme : 3,5 milliards d'euros. Un montant auquel viennent s'ajouter 1,5 milliard de volume de transaction via NBWM. Cette première acquisition bouclée par iBanFirst répond à plusieurs objectifs. D'abord, mettre un pied aux Pays-Bas, marché dynamique et très concurrentiel sans devoir tout développer en partant de zéro. Gagner du temps, donc, en mettant directement la main sur un portefeuille de clients actifs. Ensuite, le CEO d'iBanFirst voit dans l'acquisition de son concurrent du Nord une manière d'intégrer de nouvelles compétences. NBWM dispose, en effet, de plus de profils "classiques", des experts des paiements internationaux et du change, qui peuvent compléter les profils plus tech d'iBanFirst. L'enjeu sera évidemment, pour la start-up belge, de conserver ces talents au sein de sa structure et de parvenir à maintenir une culture d'entreprise tout en voyant arriver de nouveaux collaborateurs.

Le montant de la transaction n'est pas communiqué. Il nous revient, par contre, que l'acquisition s'est faite, en partie en actions et l'autre en cash...

Cette acquisition fait partie d'une étonnante stratégie de croissance d'iBanFirst. La firme bruxelloise est déjà passée de 16 personnes à 150 en 3 ans. Mais Pierre-Antoine Dusoulier ne compte pas s'arrêter là et veut faire de sa boîte un leader européen de son secteur. Un de ses plans de croissance consisterait à se lancer à l'assaut de... 16 nouveaux marchés. Une ambition qui ne peut s'appliquer que si la scale-up parvient à lever, prochainement, plusieurs dizaines de millions d'euros...