"Proposer une longue intervention du numéro deux de Facebook Gaming, et ce à un coût nettement moins élevé, n'a été possible que parce que tout avait lieu à distance ", reconnaît Gérôme Vanherf, COO du fonds d'investissement Leansquare, aux commandes de Wallifornia MusicTech. Comme le festival anversois Tomorrowland et tant d'autres événements majeurs, la grand-messe liégeoise des technologies dans l'industrie musicale risquait de passer à la trappe dans ce contexte de pandémie. "Etant un hub d'innovation qui se rêve de devenir le Davos du divertissement, nous ne pouvions que tenter de relever le défi et réaliser ce test grandeur nature", concède l'organisateur...

"Proposer une longue intervention du numéro deux de Facebook Gaming, et ce à un coût nettement moins élevé, n'a été possible que parce que tout avait lieu à distance ", reconnaît Gérôme Vanherf, COO du fonds d'investissement Leansquare, aux commandes de Wallifornia MusicTech. Comme le festival anversois Tomorrowland et tant d'autres événements majeurs, la grand-messe liégeoise des technologies dans l'industrie musicale risquait de passer à la trappe dans ce contexte de pandémie. "Etant un hub d'innovation qui se rêve de devenir le Davos du divertissement, nous ne pouvions que tenter de relever le défi et réaliser ce test grandeur nature", concède l'organisateur. Pour l'occasion, l'événement a été totalement digitalisé et même, pour certains aspects, transposé en réalité virtuelle afin de pallier le manque de proximité physique. "La technologie n'est pas l'unique solution mais une parmi tant d'autres permettant d'activer et de réunir une communauté. Cela ne remplacera jamais un festival entre amis, vibrant ensemble une bière à la main, mais les progrès technologiques sont tels que même sans casque VR, il était possible d'offrir une expérience bien supérieure au simple streaming", souligne Gérôme Vanherf. Le marché belge est généralement connu pour sa frilosité une fois qu'il est question de réalité virtuelle. "Mais le Covid a obligé beaucoup d'acteurs à numériser leurs activités plus vite que prévu", estime Hervé Verloes, directeur de production de Poolpio, ce studio ixellois de création de réalité virtuelle venu en aide à MusicTech pour dépasser les limites de l'exercice de numérisation. Certes, les événements qui relèvent le pari de se virtualiser enregistrent généralement des bons chiffres mais les aspects interactifs et immersifs s'avèrent souvent peu excitants. Pourtant, les technologies sont prêtes. Encore faut-il connaître son public. "Pour MusicTech, nous avons mis en place une plateforme virtuelle de conférences, hackathon, networking qui se présentaient dans des environnements tridimensionnels mais étaient disponibles sur n'importe quel support, qu'on soit Mac ou PC, smartphone ou tablette. Compte tenu des différences énormes de puissance de calcul entre tous ces appareils, nous avons développé le tout en low poly, un maillage en infographie 3D comptant moins de polygones (et donc plus léger, Ndlr)", détaille le directeur de production de Poolpio. Les participants, eux, apparaissaient avec leurs avatars respectifs dans des décors cartoonesques, épurés et colorés. Le système était propulsé sur le Web via la plateforme Hubs de Mozilla qui permet de streamer directement dans les navigateurs. "Visuellement, l'effet n'était peut-être pas particulièrement 'wow' mais la performance tient surtout au fait que nous avons su transférer l'événement présentiel de MusicTech en virtuel en très peu de temps et de manière très satisfaisante", épingle Hervé Verloes. Résultat, d'autres organisateurs d'événements approchent désormais Poolpio, en ce compris pour des concerts. Le mini-show de l'artiste belge de musique urbaine ICO, virtualisé en direct via motion capture et permettant au public d'interagir à distance, a en effet eu son petit effet. Il faut dire que la démarche était techniquement plus audacieuse que la solution du faux direct choisie pour l'édition 2020 de Tomorrowland, par exemple.