L'empreinte environnementale du numérique mondial en 2019 est équivalente à celle d'un "septième continent", grand comme deux à cinq fois la France. C'est l'un des enseignements d'une étude choc menée par l'association Green IT, qui milite pour un usage raisonné des technologies digitales.

Le numérique consomme 5,5 % de l'électricité mondiale et 4,2 % de notre énergie primaire (pétrole, gaz). Il totalise 0,2 % de notre consommation d'eau et 3,8 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Et ça ne fait que commencer. En 2010, le numérique représentait 2,5 % de l'empreinte de l'humanité. Cette proportion va quasiment tripler d'ici 2025, pour passer à 6 % de notre impact global.

Dans la balance, la fabrication de nos appareils connectés pèse lourd. Leurs méthodes de production impliquent l'extraction de ressources naturelles limitées, comme les terres rares. Le trio de tête des engins les plus "gourmands" est constitué de nos smartphones, qui représenteront en 2025 jusqu'à 16 % de l'impact environnemental du numérique, de nos objets connectés (23 %) et de nos télévisions (26 %). L'augmentation de la taille des écrans TV (doublée en 15 ans) et la multiplication du nombre d'objets connectés (on en dénombre 15 milliards dans le monde) expliquent la forte incidence environnementale de ces deux catégories d'appareils. Une incidence renforcée par la faible durée de vie de nos outils connectés, qui s'explique notamment par leur manque de réparabilité.

Autre source méconnue d'impact environnemental : nos usages numériques. La consommation de données mobiles est ainsi particulièrement gourmande en ressources. "Si vous regardez une vidéo en 4G sur votre smartphone, votre impact environnemental est trois fois plus important que si vous l'aviez téléchargée au préalable chez vous en wi-fi", illustre Olivier Vergeynst, directeur de Green IT Belgium. L'association milite auprès des entreprises pour une approche "low-tech" du numérique, privilégiant, quand c'est possible, des technologies plus anciennes dont l'impact environnemental est plus faible.