De passage à Bruxelles, le PDG d'Orange, l'un des plus grands opérateurs télécoms européens (153.000 collaborateurs, 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires), a accordé un entretien exclusif à Trends-Tendances.

En Belgique, le prix d'un pack "triple play" (TV, Internet et téléphone fixe) est environ deux fois plus élevé qu'en France. Comment expliquez-vous cette situation ?

C'est facile. Il n'y a pas assez de concurrence sur le fixe en Belgique. Il y a des positions dominantes de certains opérateurs sur certaines zones géographiques, qui leur permettent de continuer d'augmenter leurs prix. C'est justement pour doper la concurrence que nous avons lancé notre offre Orange TV sur le câble. C'est pour cela aussi que nous n'augmentons pas nos prix alors que d'autres le font (Telenet et Proximus, Ndlr). En France, le paysage concurrentiel est beaucoup plus dur, avec des opérateurs alternatifs très agressifs. Nous avons Free, qui est sur le marché depuis 20 ans et qui, au départ, a été très agressif sur les prix du fixe puis du mobile. L'intensité concurrentielle est en lien direct avec le niveau des prix.

La Belgique ne fait-elle pas un peu rêver un opérateur historique comme Orange, qui fait face à une forte concurrence dans son propre pays ?

Non, ça ne me fait pas rêver, parce que je pense que ça ne fait pas rêver le consommateur belge. Je ne crois pas qu'une entreprise puisse durablement s'épanouir sur l'insatisfaction de ses clients. Beaucoup de Belges ont le sentiment de payer beaucoup trop pour le service qu'ils ont. Rêver à court terme, parce que cela représente des bénéfices élevés et de gros dividendes, peut-être. Mais une entreprise, ce n'est pas que ça. En principe, son objectif est d'apporter de la satisfaction à ses clients, et le sentiment de payer le juste prix pour un service en fait partie.

Donc le consommateur belge paye plus pour un service équivalent ?

Regardez la marge Ebitda de Telenet : elle est de 55-56 %. Celle d'Orange est deux fois moins élevée. C'est simple : Telenet fait beaucoup d'argent sur le dos des consommateurs. Ce n'est pas que leur produit est meilleur ou qu'ils investissent plus. Leur marge est deux fois plus grande, c'est tout.

L'augmentation des prix chez Telenet, bizarrement, n'est pas forcément une bonne nouvelle pour vous, puisque vous devrez payer Telenet plus cher pour l'utilisation de leur infrastructure câblée.

Je trouve surtout cela triste pour le client belge, qui voit une nouvelle fois sa facture s'alourdir. Mais si cela nous permet d'être plus attractifs, c'est plutôt bon pour nous. La logique serait que, par rapport à ces augmentations continuelles et quasi annuelles de prix, récemment encore chez Telenet mais aussi chez Proximus, les autorités interviennent, par le biais de la régulation ou de toute autre mesure qui favorise la concurrence. Parce qu'à ce point-là, c'est une situation assez unique en Europe.

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Découvrez l'intégralité de cet entretien exclusif avec Stéphane Richard dans le Trends-Tendances de cette semaine, disponible en librairie et en version numérique.

De passage à Bruxelles, le PDG d'Orange, l'un des plus grands opérateurs télécoms européens (153.000 collaborateurs, 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires), a accordé un entretien exclusif à Trends-Tendances.En Belgique, le prix d'un pack "triple play" (TV, Internet et téléphone fixe) est environ deux fois plus élevé qu'en France. Comment expliquez-vous cette situation ?C'est facile. Il n'y a pas assez de concurrence sur le fixe en Belgique. Il y a des positions dominantes de certains opérateurs sur certaines zones géographiques, qui leur permettent de continuer d'augmenter leurs prix. C'est justement pour doper la concurrence que nous avons lancé notre offre Orange TV sur le câble. C'est pour cela aussi que nous n'augmentons pas nos prix alors que d'autres le font (Telenet et Proximus, Ndlr). En France, le paysage concurrentiel est beaucoup plus dur, avec des opérateurs alternatifs très agressifs. Nous avons Free, qui est sur le marché depuis 20 ans et qui, au départ, a été très agressif sur les prix du fixe puis du mobile. L'intensité concurrentielle est en lien direct avec le niveau des prix. La Belgique ne fait-elle pas un peu rêver un opérateur historique comme Orange, qui fait face à une forte concurrence dans son propre pays ?Non, ça ne me fait pas rêver, parce que je pense que ça ne fait pas rêver le consommateur belge. Je ne crois pas qu'une entreprise puisse durablement s'épanouir sur l'insatisfaction de ses clients. Beaucoup de Belges ont le sentiment de payer beaucoup trop pour le service qu'ils ont. Rêver à court terme, parce que cela représente des bénéfices élevés et de gros dividendes, peut-être. Mais une entreprise, ce n'est pas que ça. En principe, son objectif est d'apporter de la satisfaction à ses clients, et le sentiment de payer le juste prix pour un service en fait partie. Donc le consommateur belge paye plus pour un service équivalent ?Regardez la marge Ebitda de Telenet : elle est de 55-56 %. Celle d'Orange est deux fois moins élevée. C'est simple : Telenet fait beaucoup d'argent sur le dos des consommateurs. Ce n'est pas que leur produit est meilleur ou qu'ils investissent plus. Leur marge est deux fois plus grande, c'est tout. L'augmentation des prix chez Telenet, bizarrement, n'est pas forcément une bonne nouvelle pour vous, puisque vous devrez payer Telenet plus cher pour l'utilisation de leur infrastructure câblée. Je trouve surtout cela triste pour le client belge, qui voit une nouvelle fois sa facture s'alourdir. Mais si cela nous permet d'être plus attractifs, c'est plutôt bon pour nous. La logique serait que, par rapport à ces augmentations continuelles et quasi annuelles de prix, récemment encore chez Telenet mais aussi chez Proximus, les autorités interviennent, par le biais de la régulation ou de toute autre mesure qui favorise la concurrence. Parce qu'à ce point-là, c'est une situation assez unique en Europe.