L'épidémie du Coronavirus continue sa croissance infernale, partout sur la Terre. La pandémie mondiale bouleverse le quotidien de millions de gens et, avec tout autant de force, l'économie mondiale. Et les habitudes humaines en sont totalement bouleversées. La distanciation sociale imposée mais également la panique du moment poussent les citoyens à des attitudes peu rationnelles (comme stocker du papier toilette) mais également à des changements profonds de comportements, qui basculent sur le numérique et les "échanges à distance".

Conséquence ? Les effets indirects du coronavirus sont particulièrement nombreux sur la planète Web. D'abord, les consommateurs se tournent massivement vers l'e-commerce pour ne plus devoir se rendre en magasins poussant Amazon à chercher 100.000 nouveaux collaborateurs aux Etats-Unis pour faire face à l'augmentation vertigineuse des commandes. Ensuite, confinés chez eux, les jeunes (et moins jeunes) consomment énormément de jeux vidéo et de séries en ligne, boostant des services comme Netflix mais faisant craindre également la surchauffe du Web et des serveurs. La recherche d'informations fiables sur l'actualité, quant à elle, se double d'un effet plus négatif : la multiplication des contenus erronés et des fausses informations...

Les acteurs du numériques et les géants du Net prennent progressivement des mesures pour rectifier le tir, pour faire face à ces bouleversements et pour empêcher les dérives.

Ainsi, Amazon a décidé de suspendre / ralentir la livraison de "biens non-essentiels" à ses clients et de ne plus accepter dans ses entrepôts que les produits qui peuvent être utiles en période de confinement.

Les plateformes de contenus et les réseaux sociaux, quant à eux, prennent des mesures pour lutter contre les fausses informations liées au Coronavirus. Ainsi, Google, par exemple, renvoie en priorité aux contenus de l'OMS, des gouvernements et des "médias bien établis". Ainsi lorsqu'un internaute belge mène une recherche sur le coronavirus, ce sont les sites officiels des autorités belges ou de l'OMS qui arrivent en tête des résultats, privilégiés par les algorithmes de Google, avant les infos de quelques médias comme la RTBF et du Soir.

Des mesures qui semblent tout à fait normales mais qui posent malgré tout question quant au pouvoir que l'on accepte de conférer aux Géants du Web et à leurs algorithmes. Sur quelle base privilégient-ils l'info gouvernementale à celle des médias ? Quels sont les critères pour déterminer quels biens Amazon, en tant que place de marché, accepte de stocker et de vendre ? Et malgré toute la bonne volonté qu'y met la firme de Jeff Bezos, est-ce son rôle de faire un tri dans les commandes de ses clients et dans les produits (légaux) qu'une place de marché décide d'accepter ou non ?

A première vue, les choix de ces géants du Net et de leurs algorithmes paraissent légitimes dans le contexte actuel. Le combat contre les fausses informations et la priorisation des livraisons de certains biens par Amazon se comprennent. Mais, que la société laisse, sans débat, aux GAFA et à leurs algorithmes la liberté de faire de tels choix n'a rien d'anodin.

Car partant de là, cela signifie aussi qu'on accepterait de laisser aux opérateurs le droit d'avantager certains prestataires de contenus Web et donc de rompre le sacro-saint principe de neutralité du Net. Un opérateur télécoms pourrait limiter l'accès à Netflix, à Fortnite ou Minecraft, pour assurer la stabilité du réseau. A l'avantage de qui ? Sur base de quels critères ?

Plus délirant, Google pourrait alors, à ce rythme, décider de limiter l'accès à la boite e-mail d'un internaute parce qu'il n'y reçoit que des mails humoristiques et des newsletters de jardinage pour privilégier celle d'un autre internaute ayant un profil d'indépendant ou de chômeur à la recherche d'un emploi.

Amazon pourrait refuser de vous livrer cette BD pour votre enfant malade parce que ses algorithmes pensent qu'elle plaira plus à un voisin dont l'enfant est... encore plus malade, d'après vos dernières recherches en ligne.

On n'en est (heureusement) pas encore là, mais ce qui est sûr, c'est que nous acceptons de plus en plus, que les acteurs du Web et leurs algorithmes, prennent le pouvoir. Nous l'acceptons souvent sans même le savoir, et sans débat. Or leur poids dans notre quotidien et dans notre démocratie mériterait que ces choix soient surveillés ou, à tout le moins, encadrés et débattus.

L'épidémie du Coronavirus continue sa croissance infernale, partout sur la Terre. La pandémie mondiale bouleverse le quotidien de millions de gens et, avec tout autant de force, l'économie mondiale. Et les habitudes humaines en sont totalement bouleversées. La distanciation sociale imposée mais également la panique du moment poussent les citoyens à des attitudes peu rationnelles (comme stocker du papier toilette) mais également à des changements profonds de comportements, qui basculent sur le numérique et les "échanges à distance". Conséquence ? Les effets indirects du coronavirus sont particulièrement nombreux sur la planète Web. D'abord, les consommateurs se tournent massivement vers l'e-commerce pour ne plus devoir se rendre en magasins poussant Amazon à chercher 100.000 nouveaux collaborateurs aux Etats-Unis pour faire face à l'augmentation vertigineuse des commandes. Ensuite, confinés chez eux, les jeunes (et moins jeunes) consomment énormément de jeux vidéo et de séries en ligne, boostant des services comme Netflix mais faisant craindre également la surchauffe du Web et des serveurs. La recherche d'informations fiables sur l'actualité, quant à elle, se double d'un effet plus négatif : la multiplication des contenus erronés et des fausses informations... Les acteurs du numériques et les géants du Net prennent progressivement des mesures pour rectifier le tir, pour faire face à ces bouleversements et pour empêcher les dérives. Ainsi, Amazon a décidé de suspendre / ralentir la livraison de "biens non-essentiels" à ses clients et de ne plus accepter dans ses entrepôts que les produits qui peuvent être utiles en période de confinement. Les plateformes de contenus et les réseaux sociaux, quant à eux, prennent des mesures pour lutter contre les fausses informations liées au Coronavirus. Ainsi, Google, par exemple, renvoie en priorité aux contenus de l'OMS, des gouvernements et des "médias bien établis". Ainsi lorsqu'un internaute belge mène une recherche sur le coronavirus, ce sont les sites officiels des autorités belges ou de l'OMS qui arrivent en tête des résultats, privilégiés par les algorithmes de Google, avant les infos de quelques médias comme la RTBF et du Soir. Des mesures qui semblent tout à fait normales mais qui posent malgré tout question quant au pouvoir que l'on accepte de conférer aux Géants du Web et à leurs algorithmes. Sur quelle base privilégient-ils l'info gouvernementale à celle des médias ? Quels sont les critères pour déterminer quels biens Amazon, en tant que place de marché, accepte de stocker et de vendre ? Et malgré toute la bonne volonté qu'y met la firme de Jeff Bezos, est-ce son rôle de faire un tri dans les commandes de ses clients et dans les produits (légaux) qu'une place de marché décide d'accepter ou non ? A première vue, les choix de ces géants du Net et de leurs algorithmes paraissent légitimes dans le contexte actuel. Le combat contre les fausses informations et la priorisation des livraisons de certains biens par Amazon se comprennent. Mais, que la société laisse, sans débat, aux GAFA et à leurs algorithmes la liberté de faire de tels choix n'a rien d'anodin. Car partant de là, cela signifie aussi qu'on accepterait de laisser aux opérateurs le droit d'avantager certains prestataires de contenus Web et donc de rompre le sacro-saint principe de neutralité du Net. Un opérateur télécoms pourrait limiter l'accès à Netflix, à Fortnite ou Minecraft, pour assurer la stabilité du réseau. A l'avantage de qui ? Sur base de quels critères ? Plus délirant, Google pourrait alors, à ce rythme, décider de limiter l'accès à la boite e-mail d'un internaute parce qu'il n'y reçoit que des mails humoristiques et des newsletters de jardinage pour privilégier celle d'un autre internaute ayant un profil d'indépendant ou de chômeur à la recherche d'un emploi. Amazon pourrait refuser de vous livrer cette BD pour votre enfant malade parce que ses algorithmes pensent qu'elle plaira plus à un voisin dont l'enfant est... encore plus malade, d'après vos dernières recherches en ligne. On n'en est (heureusement) pas encore là, mais ce qui est sûr, c'est que nous acceptons de plus en plus, que les acteurs du Web et leurs algorithmes, prennent le pouvoir. Nous l'acceptons souvent sans même le savoir, et sans débat. Or leur poids dans notre quotidien et dans notre démocratie mériterait que ces choix soient surveillés ou, à tout le moins, encadrés et débattus.