Avec 50 milliards d'objets connectés d'ici cinq ans, le marché de l'Internet des objets excite de plus en plus d'acteurs, opérateurs télécoms compris. Proximus a pris un peu d'avance en déployant Lora, un réseau sans fil permettant de connecter des objets au Web. Mais la concurrence vient de réagir : Telenet s'associe à Engie, la maison-mère d'Electrabel, pour développer sur notre marché Sigfox, un réseau concurrent.
...

Avec 50 milliards d'objets connectés d'ici cinq ans, le marché de l'Internet des objets excite de plus en plus d'acteurs, opérateurs télécoms compris. Proximus a pris un peu d'avance en déployant Lora, un réseau sans fil permettant de connecter des objets au Web. Mais la concurrence vient de réagir : Telenet s'associe à Engie, la maison-mère d'Electrabel, pour développer sur notre marché Sigfox, un réseau concurrent.Une étrange association entre un opérateur télécom et un spécialiste de l'énergie afin de mettre en place la technologie développée par la start-up française à succès Sigfox. Concrètement, via sa filiale Engie M2M, le groupe français "va pouvoir utiliser les infrastructures de Telenet, notamment les hauts pylônes, pour y installer ses antennes et garantir une couverture plus grande et plus rapide", détaille Dirk Indigne, directeur d'Engie M2M. "Et Telenet se chargera aussi de la connectivité des antennes avec l'Internet." En s'appuyant sur un tel partenariat, Engie pourra "accélérer son développement, observe Simon Castex, associé chez Productize, agence spécialisée dans l'Internet des objets. Pour imposer Sigfox chez nous, Engie doit développer un réseau télécom mais ce n'est pas son métier". Pour couvrir la Belgique, Engie devra déployer quelques centaines d'antennes. Ce qui lui coûtera 4 millions d'euros et impliquera les collaborations de deux autres entités du groupe : Cofely et Fabricom. Mais pourquoi donc Engie, plus connue dans des activités d'énergie, se lance dans l'Internet des objets ? Conscient de la transformation numérique, le groupe anticipe les évolutions futures et entend se faufiler dans un domaine pas si éloigné de son business qu'il n'y paraît : l'Internet des objets pourra lui permettre d'une part de collecter des informations précieuses sur son réseau, et d'autre part de relever à distance toute une série de compteurs (eau, électricité, gaz). Sans compter qu'en début d'année, Engie a acquis une participation financière dans Sigfox. Sur notre marché, le groupe énergétique estime que plusieurs millions d'objets (vélos, détecteurs de fumée, compteurs, voitures, etc.) communiqueront avec Engie M2M. De son côté, Telenet prend (enfin !) position sur le créneau des objets connectés et réagit à Proximus qui mise sur son réseau Lora. Et même si les deux nouveaux partenaires ne dévoilent rien à ce sujet, on pourrait imaginer que Telenet développe aussi une offre commerciale dans un écosystème différent de son rival Proximus. Les deux réseaux pourront-ils coexister ? Pourquoi pas : il s'agit de réseaux et pas de standards. "Cela crée de la concurrence et c'est très sain sur un marché, réagit Simon Castex. On peut comparer cela à l'ADSL et au câble : ce sont deux solutions différentes qui mènent au même résultat et qui coexistent." La démarche commerciale sera déterminante pour pouvoir s'imposer.