Le géant américain Netflix débarque en Wallonie. Non pas pour proposer son service de diffusion de films et de séries en streaming (il le fait depuis deux ans déjà), mais bien pour investir de manière significative dans la production audiovisuelle locale. C'est une grande première : Netflix va en effet injecter 2 millions d'euros dans un " unitaire " (traduction : un téléfilm qui n'est pas seulement diffusé à la télévision mais aussi sur les plateformes digitales), soit la moitié du budget prévu par la société de production belge Fontana (4 millions). Curieusement, l'intrigue est censée se dérouler dans le Paris de l'entre-deux-guerres, mais c'est pourtant en Wallonie que les scènes de The Most ...

Le géant américain Netflix débarque en Wallonie. Non pas pour proposer son service de diffusion de films et de séries en streaming (il le fait depuis deux ans déjà), mais bien pour investir de manière significative dans la production audiovisuelle locale. C'est une grande première : Netflix va en effet injecter 2 millions d'euros dans un " unitaire " (traduction : un téléfilm qui n'est pas seulement diffusé à la télévision mais aussi sur les plateformes digitales), soit la moitié du budget prévu par la société de production belge Fontana (4 millions). Curieusement, l'intrigue est censée se dérouler dans le Paris de l'entre-deux-guerres, mais c'est pourtant en Wallonie que les scènes de The Most Assassinated Woman in the World seront tournées avec l'actrice française Anna Mouglalis dans le rôle principal. De son côté, Wallimage - le fonds d'investissement wallon dans l'audiovisuel - prendra en charge 10 % du budget total (soit 400.000 euros) et le solde sera financé par le mécanisme du tax shelter, cet incitant fiscal qui permet aux entreprises d'investir dans la production cinématographique avec une série d'avantages à la clé. " C'est une excellente nouvelle et j'avoue que j'ai été quelque peu surpris, confie Philippe Reynaert, directeur général de Wallimage. Non seulement cet 'unitaire' sera tourné en Wallonie avec des techniciens et des comédiens belges, mais il sera diffusé dans le monde entier (Netflix est désormais présent dans 190 pays, Ndlr). J'ajouterais que cela montre surtout la bonne volonté de Netflix d'investir au niveau local et que la société est donc en avance sur le législateur. " Pour rappel, la Commission européenne a lancé, en mai dernier, une procédure de révision de la directive sur les services de médias audiovisuels (SMA) qui veut notamment obliger des plateformes comme YouTube, Amazon et Netflix à participer à la production d'oeuvres européennes. Si le texte définitif ne sera probablement adopté que dans plusieurs mois après le parcours législatif classique, il impose toutefois à ces géants américains de réfléchir déjà à des investissements en Europe. Pour Wallimage, l'arrivée de Netflix en Belgique via The Most Assassinated Woman in the World n'est pas la seule bonne nouvelle à épingler ces dernières semaines. Le fonds d'investissement wallon a en effet enregistré une année record en 2016 avec plus de 5,4 millions d'euros investis dans 38 projets audiovisuels (contre 36 projets en 2015) qui ont généré ensemble plus de 20 millions d'euros de retombées économiques en Wallonie. " On a vécu un vrai basculement l'année dernière en enregistrant, pour la première fois, autant de projets télévisuels que de longs-métrages (19 de chaque côté), détaille Philippe Reynaert. Le succès des séries comme La Trêve et Ennemi Public, tant en Belgique qu'à l'étranger, ont boosté la production d'autres séries télés dans la partie francophone du pays et ont clairement placé la Wallonie sur la carte du monde. " Le succès de Wallimage est d'autant plus louable que, pour la première fois de son histoire, le fonds d'investissement wallon était privé de sa ligne Bruxellimage devenue autonome en 2016 sous le nom de Screen Brussels. La Région de Bruxelles-Capitale a en effet préféré mettre en place sa propre plateforme de soutien à l'audiovisuel qui signe un bilan positif après une année d'existence : 3 millions d'euros investis par Screen Brussels en 2016 qui ont généré près de 29 millions d'euros de dépenses dans le secteur audiovisuel en Région bruxelloise.