Dès la rentrée prochaine, les étudiants pourront s'inscrire à cette nouvelle formation. La Haute Ecole de Namur-Liège-Luxembourg est la première haute école francophone à mettre sur pied un bachelier en cyber-sécurité. Si des masters universitaires existent, il manquait une offre d'enseignement pour former des techniciens spécialisés en sécurité des systèmes informatiques.
...

Dès la rentrée prochaine, les étudiants pourront s'inscrire à cette nouvelle formation. La Haute Ecole de Namur-Liège-Luxembourg est la première haute école francophone à mettre sur pied un bachelier en cyber-sécurité. Si des masters universitaires existent, il manquait une offre d'enseignement pour former des techniciens spécialisés en sécurité des systèmes informatiques. Ce ne sont pas les offres d'emploi qui manquent, témoigne Fabien Restiaux, directeur de département à la Haute Ecole de Namur. Chaque année, les filières informatiques de l'établissement diplôment une centaine d'étudiants. " Le taux d'emploi à la sortie de l'école frôle les 100 % ", explique Fabien Restiaux. Lors de leur stage en troisième année, un tiers des étudiants sont déjà repérés par leur futur employeur. De nombreuses PME du bassin namurois, mais aussi des grandes entreprises basées à Bruxelles ou au Luxembourg sont à l'affût de cette main-d'oeuvre qualifiée. Dans le programme des filières existantes de la haute école, comme l'informatique de gestion, figurent déjà des cours en cyber-sécurité. Mais l'établissement supérieur a identifié une demande spécifique de la part des entreprises sur la question de la sécurité informatique. Initié dans la ligne du Plan numérique wallon, le bachelier en cyber-sécurité a été établi en partenariat avec des entreprises comme Microsoft, Linux ou Cisco, qui donnent notamment accès aux étudiants à leurs plateformes d'e-learning et à certains de leurs outils. La nouvelle formation en cybercriminalité veut fournir aux informaticiens les outils de protection indispensables pour faire face aux attaques. Elle veut aussi conscientiser les étudiants au " hacking éthique ". Certains profils intéressés par ce type de formation sont en effet des " bidouilleurs " adeptes du piratage informatique. " Il vaut mieux les avoir dans notre sillage plutôt que dans la nature, souligne Fabien Restiaux. Nous les sensibilisons sur les conséquences qu'ont certaines pratiques sur les entreprises et les internautes ciblés. " La cybercriminalité est une préoccupation de plus en plus présente au sein des entreprises. En 2016, le CERT (la Cyber emergency team fédérale, qui sera intégrée dans le CCB, le Centre pour la cybersécurité en Belgique) a répertorié en moyenne plus de 1.300 cyber-incidents par mois. Un record. Depuis 2010, le nombre de ces incidents a été multiplié par 10, d'après le quotidien De Tijd. Cette menace concerne toutes les entreprises, grandes et petites. Elles risquent toutes, à des degrés divers, des dommages importants : perte de données, ralentissement des serveurs, risques en matière de réputation, risques liés à la vie privée en cas de fuite de données personnelles, etc. " Aujourd'hui, les outils qui sont à disposition des cybercriminels sont très faciles à se procurer, et ils se sont fortement démocratisés ", pointe encore Fabien Restiaux. Ce qui renforce la nécessité de former de véritables experts en cybercriminalité.