Premier essai belge lors de la Coupe du monde

Lors de la Coupe du monde en Russie, vous avez peut-être vu Eden Hazard, Axel Witsel ou Thibaut Courtois apparaître " en vrai " sur le plateau de Benjamin Deceuninck. Il s'agissait de la première interview en téléportation pour une télévision belge. Un joueur est ainsi filmé en Russie, devant un fond vert, à l'aide d'une caméra dotée d'un objectif spécifique. Celui-ci voit face à lui un écran de télévision avec la personne qui l'interviewe. L'image du joueur est ensuite incrustée sur le plateau de l'émission. " Cette technique peut sembler impressionnante, mais elle est relativement simple à concevoir ", affirme Thibault Baras, directeur de Dreamwall, société basée à Marcinelle, qui développe la technologie chez no...

Lors de la Coupe du monde en Russie, vous avez peut-être vu Eden Hazard, Axel Witsel ou Thibaut Courtois apparaître " en vrai " sur le plateau de Benjamin Deceuninck. Il s'agissait de la première interview en téléportation pour une télévision belge. Un joueur est ainsi filmé en Russie, devant un fond vert, à l'aide d'une caméra dotée d'un objectif spécifique. Celui-ci voit face à lui un écran de télévision avec la personne qui l'interviewe. L'image du joueur est ensuite incrustée sur le plateau de l'émission. " Cette technique peut sembler impressionnante, mais elle est relativement simple à concevoir ", affirme Thibault Baras, directeur de Dreamwall, société basée à Marcinelle, qui développe la technologie chez nous.La société turque Zero Density est à l'origine de cette technologie. Créée en 2014, cette société utilise un moteur de jeux vidéo développé par Unreal Engine, filiale de la puissante société Epic Games. Créé au départ pour des jeux de tir, ce puissant calculateur offre une qualité visuelle au plus proche du réel. Il a l'avantage d'être open source, c'est-à-dire qu'il peut être développé par des milliers de programmeurs dans le monde. La plus-value de la société belge Dreamwall, qui a acheté les machines proposées par Zero Density, est de créer des décors virtuels.En francophonie, la technique de l'interview en téléportation a été testée pour la première fois par la chaîne française M6 lors de l'Euro 2016. Cette technique sur fond vert est appelée " réalité virtuelle ". Signalons que la fameuse intervention en hologrammes de Jean-Luc Mélenchon pour la campagne présidentielle française n'est pas de la réalité virtuelle. Les images étaient en fait diffusées en deux dimensions sur le sol. Elles se reflètaient ensuite dans un miroir positionné à un angle de 45 degrés par rapport à la caméra.Grâce à Zero Density, la société belge Dreamwall exploite surtout ce qu'on appelle la réalité augmentée. Il s'agit d'un décor virtuel, en deux ou trois dimensions, dans lequel peuvent évoluer les animateurs et chroniqueurs. Une caméra peut ainsi tourner dans un décor à 360 degrés complètement virtuel. Le plateau de l'émission de la RTBF Vews est conçu en réalité augmentée. Cette technique a ainsi permis à la société Dreamwall de développer des décors pour les élections présidentielles en 2017 sur France 2 et le plateau de la Coupe du monde sur TF1, où Denis Brogniart se retrouvait notamment dans les vestiaires de l'équipe de France. Ce mois de septembre, RTL a inauguré un décor en réalité augmentée pour les matches de la Champions League, toujours avec Dreamwall.La RTBF pourrait utiliser la technique de l'interview en téléportation pour le journal télévisé. " Nous l'envisageons mais à l'heure actuelle il n'y a pas de projet éditorial, il faudrait y trouver une vraie plus-value ", explique Cécile Gonfroid, directrice des technologies à la RTBF. La société belge Dreamwall est en première ligne dans le domaine en Europe. Depuis la Coupe du monde, Dreamwall a reçu notamment des demandes de la part de la Bundesliga en Allemagne. D'autres entreprises européennes développent actuellement la technologie. Par Géry Brusselmans.