Le son binaural

Alors que les systèmes classiques d'enregistrement du son s'appuient sur la multiplication des micros (à la prise de son) et des enceintes (à l'écoute), l'enregistrement binaural s'inspire, lui, de notre morphologie. Il se base sur trois critères. Le premier est la variation d'intensité d'un son, qui nous permet d'apprécier la distance de sa source. Le deuxième est le décalage temporel : un son frappe d'abord une oreille, puis l'autre, un décalage infime qui nous dit si le son vient de gauche ou de droite. Enfin, les variations spectrales d'un son précisent encore davantage sa source : depuis notre naissance, notre cerveau est entraîné à interpréter les spectres sonores, réfléchis et modifiés par nos pavillons d'oreilles.
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Alors que les systèmes classiques d'enregistrement du son s'appuient sur la multiplication des micros (à la prise de son) et des enceintes (à l'écoute), l'enregistrement binaural s'inspire, lui, de notre morphologie. Il se base sur trois critères. Le premier est la variation d'intensité d'un son, qui nous permet d'apprécier la distance de sa source. Le deuxième est le décalage temporel : un son frappe d'abord une oreille, puis l'autre, un décalage infime qui nous dit si le son vient de gauche ou de droite. Enfin, les variations spectrales d'un son précisent encore davantage sa source : depuis notre naissance, notre cerveau est entraîné à interpréter les spectres sonores, réfléchis et modifiés par nos pavillons d'oreilles.Pour enregistrer le son en binaural, on utilise des micros ultra-sensibles, généralement disposés à la place des oreilles, sur une tête factice. Pour l'écoute, il suffit de disposer d'un bon casque audio. L'enregistre-ment binaural " parle " directement à notre cerveau et restitue un environnement sonore réel. C'est pourquoi il est notamment utilisé en relaxation, en particulier par l'ASMR (autonomous sensory meridian response) : des enregistrements de frôlements, chuchotements, tintements et autres bruits doux qui libèrent, paraît-il, de la sérotonine et de l'ocytocine, les fameuses " hormones du bonheur ". Vous pouvez facilement trouver ce genre d'enregistrements sur Internet.Installée à Wavre, la start-up Big Boy Systems allie l'audio binaural et le visuel 3D pour se rapprocher toujours plus de la réalité immersive parfaite. " Nous avons développé un casque à fixer au-dessus des yeux, qui filme en 3D et capte le son de façon binaurale ", explique Samuel Meirlaen, l'un des deux fondateurs, ingénieur du son de formation. L'enregistrement ainsi effectué est ensuite lisible sur un casque d'immersion 3D (ou via un GSM installé dans un boîtier) et donne la saisissante impression de revivre l'événement enregistré. Cette caméra immersive de Big Boy Systems en est déjà à sa cinquième version. " Notre technologie est désormais brevetée au niveau international, précise le responsable. Mais notre objectif n'est pas de la vendre mais de proposer nos services en location. "Pour Big Boy Systems, l'objectif est désormais de faire connaître sa technologie en multipliant les captations et en les diffusant sur Internet. En parallèle, la start-up continue de peaufiner sa création. " Notre dernière version (photo ci-dessus) est beaucoup plus compacte et peut désormais diffuser en temps réel, ce qui ajoute encore plus d'intérêt. On peut imaginer retransmettre un match de football en direct et vivre intensément l'ambiance du stade ", sourit le fondateur. Après une levée de 150.000 euros, Big Boy Systems cherche aujourd'hui entre 500.000 et 1 million d'euros. Des fonds qui pourraient bien venir du pays de l'Oncle Sam. " Nous y avons passé trois mois, notamment pour présenter notre technologie au CES ( le plus grand salon technologique au monde, Ndlr) et nouer des contacts. Et il n'est pas exclu que la suite de notre aventure se déroule, au moins en partie, là-bas. "Les débouchés sont très larges et parfois plutôt inattendus. " Nous avons, par exemple, collaboré avec l'UCLouvain pour un projet avec la faculté de médecine, explique Samuel Meirlaen. Un chirurgien a réalisé plusieurs opérations avec notre système. Les vidéos ont été mises ensuite à disposition des étudiants. Cela ne remplacera jamais les séances d'observation en bloc opératoire mais c'est un outil supplémentaire très utile. D'autres secteurs, comme l'immobilier ou le tourisme, peuvent également être intéressés par la technologie. " C'est dans ce dernier domaine que nous allons nous focaliser en premier car il est le plus porteur ", ajoute le fondateur. Par Arnaud Martin et François Hubert.