A Barcelone, Huawei s'est affiché en mode conquérant. La marque chinoise a profité du Mobile World Congress, la grand-messe mondiale de la téléphonie mobile qui réunit une foule compacte de 100.000 professionnels du secteur, pour dévoiler son nouveau smartphone, le P10. C'est sur une musique poussée à bloc, porté par une mise en scène grandiloquente, que Richard Yu, CEO de Huawei en charge de la division Mobile, est apparu sur le podium. Le grand patron n'a pas galvanisé l'audience par sa verve. Mais les fans et employés de la marque étaient là pour assurer les applaudissem...

A Barcelone, Huawei s'est affiché en mode conquérant. La marque chinoise a profité du Mobile World Congress, la grand-messe mondiale de la téléphonie mobile qui réunit une foule compacte de 100.000 professionnels du secteur, pour dévoiler son nouveau smartphone, le P10. C'est sur une musique poussée à bloc, porté par une mise en scène grandiloquente, que Richard Yu, CEO de Huawei en charge de la division Mobile, est apparu sur le podium. Le grand patron n'a pas galvanisé l'audience par sa verve. Mais les fans et employés de la marque étaient là pour assurer les applaudissements à l'annonce de chacune des nouvelles capacités techniques de l'appareil.A Barcelone, Huawei a bombé le torse. Le fabricant chinois, troisième puissance mondiale sur le marché du smartphone avec 139 millions d'appareils écoulés en 2016 selon le consultant IDC, est en pleine ascension. Parti de rien (3 millions de téléphones vendus en 2010), ce spécialiste des réseaux télécoms, qui équipe les infrastructures des trois opérateurs mobiles en Belgique, voit ses ventes mondiales progresser chaque année de manière spectaculaire : + 29 % encore en 2016. En Belgique, Huawei est également monté sur la troisième marche du podium. Avec 20 % de parts de marché en 2016, la firme chinoise talonne désormais Apple. Vu le positionnement d'Apple sur le haut de gamme, Huawei reste loin de son illustre concurrent en termes de chiffre d'affaires. Mais son ambition est de dépasser la marque à la pomme au niveau du volume de ventes. " Nous visons une part de marché de 26 % en Belgique d'ici fin 2017 ", claironne Dirk Pauwels, patron de Huawei Belgique. En 2016, la firme a vendu 530.000 appareils en Belgique, ce qui représente une croissance de 47 %. Le fabricant compte poursuivre sur sa lancée et passer en 2017 la barre des 660.000 appareils vendus, soit une progression de 25 %. Sur un marché du smartphone arrivé à maturité, où les ventes ont tendance à se stabiliser, les innovations ne sont plus légion. Huawei n'échappe pas à la règle. Si le nouveau smartphone présenté est plus puissant, dispose d'un meilleur appareil photo (toujours en partenariat avec Leica), d'une batterie plus performante, d'une robustesse accrue et de nouveaux coloris (sur lesquels la marque s'est longuement appesantie lors de sa présentation), Huawei n'a pas présenté de rupture majeure. La firme chinoise se démarque par une fameuse force de frappe au niveau du marketing. " Alors que nous devons faire des économies et que nous coupons dans nos budgets, ils continuent d'investir massivement dans le marketing. Ils nous font mal ", nous lâche, dépité, le représentant d'une entreprise concurrente. Huawei a désormais pris une longueur d'avance sur des marques comme LG, HTC, Sony ou Lenovo. Son objectif est désormais de rattraper son retard sur Apple et Samsung et de devenir numéro un du marché du smartphone en 2020. Rien que ça.