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Ce fut le cas pour Amazon, Alphabet (la nouvelle holding de Google), Facebook, Microsoft ou Apple. Logique. Leurs résultats pour le troisième trimestre de cette année furent excellents. Cette accélération a permis à l'indice Nasdaq 100 (qui rassemble une bonne partie de ces valeurs technologiques) de se rapprocher de son record absolu de l'an 2000, juste avant l'éclatement de la bulle de la première époque d'Internet. Avec un tel niveau, la question de l'existence d'une nouvelle bulle se pose fatalement. D'autant que, dans le monde des sociétés non cotées, une kyrielle de start-up lèvent des fonds de façon quasi euphorique depuis quatre ans. Comme Uber : sept apports de capitaux depuis 2010. "Il y a probablement dans tout cela une part d'irrationnel, diagnostique Nicolas van Zeebroeck, professeur en stratégie et économie numérique à la Solvay Brussels School. Mais il convient de raisonner autrement par rapport à ces compagnies. La plupart, qu'elles soient cotées ou non, ont la même stratégie : elles se définissent une activité, puis tentent d'obtenir une taille la plus large possible et, enfin, tablent sur le fait que ce réseau de clients ainsi constitué va s'auto-entretenir. Microsoft l'a fait dans les systèmes d'exploitation ; Apple dans les appareils mobiles ; Facebook dans les réseaux sociaux ; Google dans les recherches sur Internet, etc. Elles ont des tendances très monopolistiques. Et c'est ainsi que peut s'expliquer leur succès auprès des investisseurs. Une seconde raison est que beaucoup de ces sociétés ont une capacité considérable à faire remonter la valeur directement à leurs actionnaires, quasiment sans intermédiaires. Enfin, troisième raison : comme elles sont globales et virtuelles, elles ont développé des pratiques d'optimisation fiscale à grande échelle." Ce type de fonctionnement attire aussi beaucoup les "capital-risqueurs" vers les jeunes sociétés. Ils font clairement un pari sur l'avenir. Ce qu'ils espèrent, c'est tomber sur la start-up qui sera le Google ou le Facebook de demain. Evidemment, les modèles ne sont pas pour autant tous au point ni éternels. On l'a vu hier avec Nokia dans les GSM. Aujourd'hui, Twitter est à la peine et va couper dans ses effectifs ; Yahoo! multiplie les acquisitions pour tenter de rester dans le coup ; Hewlett Packard vient de se scinder en deux ; Groupon a dû se repositionner... "En fait, dans ce monde du Web 2.0, tout est plus incertain, poursuit Nicolas van Zeebroeck. Comme ces sociétés ont des actifs virtuels (une marque, un logiciel, un réseau d'abonnés, etc.) plus que physiques, leurs mutations vont plus vite. Cela signifie que, le cas échéant, leur sort peut aussi se sceller beaucoup plus rapidement"...