En se lançant il y a quatre ans dans un marché aussi oligopolistique que les parkings urbains, la start-up bruxelloise BePark était loin de s'imaginer qu'elle séduirait un jour un géant de l'immobilier tel que Bouygues, grâce à ses solutions de rentabilisation des parkings d'entreprises et de grandes surfaces (entre autres). Et pourtant, la branche immobilière du groupe français (2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires) vient d'entrer dans le capital de BePark. Ce nouvel actionnaire, minoritaire, rejoint Jean Zurstrassen et Grégoire de Streel (présents depuis le lancement) ainsi que Roland Vaxelaire et Maurice de Montjoye, arrivés en 2012. La force de frappe et la crédibilité qu'apporte Bouygues perm...

En se lançant il y a quatre ans dans un marché aussi oligopolistique que les parkings urbains, la start-up bruxelloise BePark était loin de s'imaginer qu'elle séduirait un jour un géant de l'immobilier tel que Bouygues, grâce à ses solutions de rentabilisation des parkings d'entreprises et de grandes surfaces (entre autres). Et pourtant, la branche immobilière du groupe français (2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires) vient d'entrer dans le capital de BePark. Ce nouvel actionnaire, minoritaire, rejoint Jean Zurstrassen et Grégoire de Streel (présents depuis le lancement) ainsi que Roland Vaxelaire et Maurice de Montjoye, arrivés en 2012. La force de frappe et la crédibilité qu'apporte Bouygues permet à BePark de viser au-delà des frontières belges, où la société gère déjà une centaine de parkings de 10 à 500 places. "Le capital injecté va nous permettre de prendre de l'ampleur en France. Nous sommes déjà présents à Paris. Nous visons trois à six villes de plus en 2016, parmi lesquelles Lille, Bordeaux, Marseille, Toulouse et Lyon. A terme, nous voulons être identifiés comme un acteur du smart parking à l'échelle européenne", explique Julien Vandeleene, fondateur et co-gérant de BePark.Si la nouvelle a de quoi réjouir, l'évolution de BePark n'a pas été un long fleuve tranquille. "On peut le dire, confirme Julien Vandeleene. Il y a eu des négociations interminables, parfois trois ans, avec des propriétaires de parkings. Nous avons fait des erreurs de stratégie en nous orientant vers des solutions de billing aux marges trop faibles (remplacer les tickets par un paiement depuis une application mobile, Ndlr). Nous sommes aussi partis trop tôt à l'étranger", analyse Julien Vandeleene avec le recul. Malgré une réelle demande vu la saturation des stationnements publics dans les grandes villes, BePark a connu une trajectoire sinueuse. "Il fallait notamment se détacher de notre image de petit gestionnaire ʽpartielʼ de stationnements. Nous ne pouvions pas nous contenter indéfiniment de fractions de parkings et d'horaires de soirée."Depuis quelques temps, la société a franchi un palier : elle a atteint le seuil de rentabilité au mois de juin (et vise un chiffre d'affaires de 1,2 million d'euros cette année) ; après une cure d'amaigrissement, le personnel est aussi nombreux qu'aux meilleures années ; elle prend part aux projets de stationnement dans le piétonnier agrandi du centre de Bruxelles ; surtout, l'ouverture du marché français grâce à Bouygues lui ouvre des perspectives inespérées il y a encore quelques mois. "Tout s'est déroulé très vite avec Bouygues. Bird, sa filiale dédiée à l'investissement dans les PME innovantes du secteur immobilier, a agi avec une rapidité qui nous a tous étonnés, raconte Julien Vandeleene. Notre atout aux yeux d'un acteur aussi important, c'est que nous nous concentrons sur l'innovation, ce que les grands groupes ont peu le temps de faire. On doit permettre aux gens de réserver une place plusieurs jours à l'avance pour décongestionner le trafic et faire gagner du temps. Nous misons aussi sur des parkings intégrés, où l'on pourrait, au passage, réceptionner des colis, du linge, etc. On construit encore beaucoup de parkings, mais on ne le fait plus comme avant. C'est là tout l'intérêt de notre société. Nous aurions pu être une sorte de booking.com du stationnement, en agrégeant des offres, mais outre la question des coûts énormes que cela aurait nécessité, BePark a toujours travaillé comme un acteur local, à l'échelon des villes", analyse Julien Vandeleene. Olivier Standaert