Peu de start-up font vraiment de l'intelligence artificielle. Ce sont les géants du Web qui en font, les autres surfent sur la vague et utilisent le terme pour leur marketing. " Stéphane Mallard, evangelist au sein de la firme française Blu Age met le doigt où cela fait mal. Car aujourd'hui, nombre de jeunes pousses ou même de grandes entreprises qui veulent se montrer à la page prétendent " faire de l'intelligence artificielle ". Pour les spécialistes, " faire de l'IA " consiste à développer soi-même un algorithme intelligent capable d'apprendre et de s'éduquer. Ce qui n'est pas forcément à la portée de tous. Cela ne signifie pas, pour autant, qu'aucune entreprise ou aucune start-up n'en est capable. Néanmoins, aujourd'hui, de nombreuses boîtes ont recours à une IA qui a préalablement été développée par une autre société. Il est en effet déjà possible pour tout business de " louer " de l'IA aux géants du Net pour éviter de se lancer dans de gros développements technologiques. " Peu d'entreprises développent elles-mêmes de l'IA, constate Floris Ampe, partner chez PWC. En général, elles se greffent sur des modules qui existent. Je ne leur conseillerais d'ailleurs pas de développer elles-mêmes leur technologie en la matière. Cela serait fastidieux et onéreux. De plus en plus, le monde informatique consiste à combiner et intégrer des pièces existantes. L'intelligence artificielle ne fait pas exception. "
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Peu de start-up font vraiment de l'intelligence artificielle. Ce sont les géants du Web qui en font, les autres surfent sur la vague et utilisent le terme pour leur marketing. " Stéphane Mallard, evangelist au sein de la firme française Blu Age met le doigt où cela fait mal. Car aujourd'hui, nombre de jeunes pousses ou même de grandes entreprises qui veulent se montrer à la page prétendent " faire de l'intelligence artificielle ". Pour les spécialistes, " faire de l'IA " consiste à développer soi-même un algorithme intelligent capable d'apprendre et de s'éduquer. Ce qui n'est pas forcément à la portée de tous. Cela ne signifie pas, pour autant, qu'aucune entreprise ou aucune start-up n'en est capable. Néanmoins, aujourd'hui, de nombreuses boîtes ont recours à une IA qui a préalablement été développée par une autre société. Il est en effet déjà possible pour tout business de " louer " de l'IA aux géants du Net pour éviter de se lancer dans de gros développements technologiques. " Peu d'entreprises développent elles-mêmes de l'IA, constate Floris Ampe, partner chez PWC. En général, elles se greffent sur des modules qui existent. Je ne leur conseillerais d'ailleurs pas de développer elles-mêmes leur technologie en la matière. Cela serait fastidieux et onéreux. De plus en plus, le monde informatique consiste à combiner et intégrer des pièces existantes. L'intelligence artificielle ne fait pas exception. " Les grands développeurs d'intelligence artificielle que sont IBM, Microsoft ou Google proposent tous des services spécifiques qu'ils mettent à disposition des entreprises. Ainsi, Watson d'IBM se décline en différents produits qui sont proposés aux secteurs de la santé, de la finance, etc. Les entreprises peuvent ainsi faire travailler Watson sur leurs propres données en vue de résoudre des problèmes spécifiques. Ainsi, le VDAB, équivalent flamand du Forem, a dévoilé en début d'année sa collaboration avec IBM qui met à contribution sa technologie Watson pour l'emploi des jeunes en Flandre. Le service public flamand a constaté que plus longtemps un jeune reste sans travail avant d'entrer sur le marché de l'emploi, plus il lui sera difficile de trouver le job parfait plus tard dans sa carrière. Pour améliorer l'obtention d'un emploi pour ces jeunes, le VDAB a utilisé Watson afin de développer, sur la base de l'historique de ses données sur la population flamande, un modèle prédictif capable de pronostiquer le temps que les jeunes resteraient au chômage. Ce modèle prédictif doit constituer un outil précieux pour les conseillers du VDAB qui pourront alors mieux aider les demandeurs d'emploi et connaître les facteurs qui conduisent à décrocher le job parfait. En Belgique, l'IA de Big Blue aide le VDAB ou KBC dans son application K'Ching qui intègre un système de chatbot prêt à répondre aux questions des utilisateurs. Mais elle ne se limite pas aux grands groupes. La jeune pousse Skeeled, qui développe des solutions intelligentes de sélection de profils en vue du recrutement, fait appel à Watson d'IBM. " La vraie particularité de chaque IA n'est autre que l'information qu'on lui donne, détaillent les responsables du développement technologique de Skeeled. Et c'est là que réside la valeur unique que l'on apporte. L'analyse de cette information est, quant à elle, un challenge tout différent qu'il vaut mieux laisser aux géants comme Google, IBM, Amazon, etc. " De son côté, Google met à disposition du public son IA baptisée Tensorflow. Cette suite d'outils proposée en open source permet à ses utilisateurs de se servir du deep learning, l'une des approches de l'intelligence artificielle. Après avoir alimenté la machine d'une grande quantité de photos spécifiques, l'IA peut ensuite détecter elle-même le contenu d'autres photos grâce à ce type d'outils. Ainsi, une petite exploitation agricole familiale au Japon constitue l'un des exemples mis en avant par Google pour témoigner de l'intérêt d'utiliser Tensorflow. Après avoir fait ingérer à la machine des tas de photos de concombres, l'exploitation japonaise a été en mesure de classifier automatiquement les différents légumes produits. Cela permettrait à la mère de famille de ne plus passer jusqu'à huit heures par jour à les classer : une machine, dotée d'intelligence artificielle et éduquée à la reconnaissance de concombres, le fait pour elle. Le géant américain Microsoft n'est pas en reste non plus et propose une solution baptisée Azur Machine Learning sur laquelle n'importe quelle entreprise peut venir se greffer pour faire usage de machine learning. Uber, par exemple, utiliserait la solution de Microsoft pour réaliser des vérifications d'identité en direct de ses chauffeurs. Avant de démarrer leur session Uber, les chauffeurs prennent un selfie qui permet, via la techno IA de Microsoft, d'être reconnus. Un moyen d'assurer la sécurité des passagers en garantissant que le chauffeur qui prend le volant et utilise l'application est bien celui prévu. Wipro, firme indienne de conseil informatique et d'intégration système, met elle aussi des outils d'intelligence artificielle à la disposition de ses clients. Son IA est baptisée... Holmes, une référence à peine masquée à Watson de son concurrent IBM. Holmes intervient à différents niveaux dans l'automatisation de process des entreprises. Par exemple, la gestion des e-mails de clients : " Dans 80 à 90 % des cas, les demandes clients sont assez simples et Holmes peut en assurer les réponses à la place d'un humain, détaille Guy Jeurissen, responsable du business development de Wipro en Belgique et au Luxembourg. Dès que c'est plus compliqué, par contre, cela reste dans le champ d'action des opérateurs. " Holmes peut également assurer des analyses automatisées pour les crédits bancaires, la consultation des comptes en banque, la récupération de mots de passe, etc. L'IA de Wipro est en mesure d'aller extraire des informations complexes dans des fichiers PDF (par exemple de gestion de stock, etc.) et d'en tirer des enseignements. Dans le domaine des réseaux sociaux, qui voient passer quotidiennement des millions d'informations (textes, photos, vidéos), l'usage de l'intelligence artificielle est devenu un enjeu important. " L'IA a une capacité unique et ultra-puissante d'intégration du big data et peut s'en servir de manière autonome et relevante pour, par exemple, automatiser les flux de communication d'une marque vers son public, observe Denis de Groote, co-CEO de JUSt. Agency, une agence spécialisée en social media. Cela peut aller loin puisque l'accès à des API (application programming interfaces) permet déjà d'analyser des photos et des vidéos pour déterminer automatiquement les contenus à proposer aux équipes qui gèrent les conversations sur les réseaux sociaux. " En général, pour utiliser les services d'intelligence artificielle des géants du Net, les firmes s'acquittent soit d'un abonnement mensuel pour l'usage de la technologie et de l'espace cloud qui y est lié, soit paient un prix infime pour chaque opération d'analyse réalisée. Reste qu'avant de se lancer dans l'aventure, mieux vaut savoir où l'on va. " Aujourd'hui, toutes les entreprises se demandent comment mieux poursuivre leur activité actuelle avec l'IA, observe Stéphane Mallard. Mais elles devraient plutôt se poser la question de savoir si leur métier existera encore, et ce qui leur fait gagner de l'argent. Dans la négative, elles devront pivoter et intégrer l'IA car elle sera obligatoire pour toutes les entreprises, faute de quoi elles disparaîtront. Bien que ce n'est pas parce qu'elles en mettent qu'elles survivront forcément. "