1. La découpe suivant le patron

Sélectionné sur catalogue en fonction des modes du moment, le tissu imperméabilisé spécial utilisé par la société Fischer est importé d'Italie ou d'Allemagne. D'une largeur moyenne de 56 cm, il est divisé en "pointes" grâce aux patrons, ces cartons qui permettent de tracer à la craie les formes triangulaires sur le tissu. "On taille ensuite celui-ci à l'aide d'une machine à coupe électrique ou avec une paire de ciseaux d'une trentaine de centimètres de long", indique Christian Fischer, l'arrière-petit-fils du fondateur, qui précise qu'au plus fort de la production, les employés utilisaient une presse pour couper en masse. Il faut huit pointes pour fabriquer un parapluie.
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Sélectionné sur catalogue en fonction des modes du moment, le tissu imperméabilisé spécial utilisé par la société Fischer est importé d'Italie ou d'Allemagne. D'une largeur moyenne de 56 cm, il est divisé en "pointes" grâce aux patrons, ces cartons qui permettent de tracer à la craie les formes triangulaires sur le tissu. "On taille ensuite celui-ci à l'aide d'une machine à coupe électrique ou avec une paire de ciseaux d'une trentaine de centimètres de long", indique Christian Fischer, l'arrière-petit-fils du fondateur, qui précise qu'au plus fort de la production, les employés utilisaient une presse pour couper en masse. Il faut huit pointes pour fabriquer un parapluie.Les pointes sont assemblées deux à deux en surjetant un biais sur leur longueur commune, c'est-à-dire en exécutant un point à cheval sur les deux bords de tissu. C'est une machine des années 1970, la surjeteuse, qui coupe, surfile et assemble les pointes en une seule opération pour obtenir une "couverture"."On y ajoute ensuite les aiguillettes, ces petits supports cylindriques creux, que l'on place à l'extrémité de chaque intersection de pointe", précise Christian Fischer. Principalement décoratives, les aiguillettes permettent également de fixer le bout de chaque baleine. Emplacement sensible de la toile, le sommet est ensuite renforcé par un anneau cousu pour éviter que la tête ne se déchire à la moindre sollicitation. Dorées, boisées, argentées ou encore en fibre de verre, Fischer travaille avec une vingtaine de montures différentes déjà confectionnées qu'il importe d'Asie. "Le mât de l'armature est placé sur une machine appelée Kronenring qui coud le tissu sur les baleines - ces huit branches reliées au mât - pour tendre la couverture." Fixées manuellement aux aiguillettes, les baleines sont plus ou moins solides en fonction de leur matière : l'acier renforcé et la fibre de verre sont incassables alors qu'une petite pression sur du métal zingué suffit pour le faire céder. La phase "tissu" est pratiquement terminée, il ne manque plus que le fermoir. Découpé dans la même étoffe que la couverture, il est serti via des calottes fixées de part et d'autre du tissu."Pour protéger le parapluie, on place un godet au ras des baleines pour qu'il puisse se refermer sur celles-ci quand l'accessoire n'est pas utilisé." Il faut donc employer une machine pour tenonner, façonner le manche s'il est en bois. En général, sa largeur oscille entre 16 et 20 mm. "C'est très solide, très classe... Un vrai bel objet, mais qui est du même coup, très lourd." La poignée - fixée manuellement en touche finale - peut être en java, en cuir, en bois, en jonc, en simili, etc. Sa forme peut prendre des apparences fort différentes, de la simple espagnolette courbée à la pomme en passant par la rose et même la tête de chien.Avec ses parapluies de qualité, la maison Fischer jouit d'une bonne réputation. A l'Exposition universelle de 1958, des mannequins défilaient avec ses parapluies. "Il nous arrive encore de temps en temps de voir une de nos productions passer à la télévision, suite à une commande spéciale d'un musée pour accueillir la reine Mathilde à la sortie de sa voiture, par exemple", raconte Christian Fischer. Dans les années 1980, les clients raffolaient du parapluie porté en bandoulière. "Aujourd'hui, la tendance est plutôt aux modèles transparents ou miniatures : certains peuvent même se ranger dans des étuis à lunettes !"Représentant pour une firme allemande de parapluie, en décelant le potentiel du marché bruxellois, Emile Fischer a décidé de se lancer seul, un beau jour de 1896. "Pour rendre visite à la totalité de ses clients situés entre la gare du Midi et celle du Nord, il lui fallait une semaine, raconte son arrière-petit-fils. Depuis 121 ans, les descendants d'Emile Fischer ont toujours trouvé normal de se passer le relais à la tête de l'entreprise." Définitivement établie dans un ancien atelier de confection de costumes à Koekelberg, la société Fischer est donc destinée à être reprise par Nicolas Fischer, la cinquième génération.