L'esthétique avant tout

La plupart des propriétaires choisissent les panneaux solaires standards montés sur des rails par-dessus la toiture. Parfois, ces panneaux sont intégrés au toit. Mais il existe aussi depuis une dizaine d'années des tuiles et des ardoises photovoltaïques qui passent presqu'inaperçues. " Il s'agit de la même technologie monocristalline que celle des panneaux conventionnels, mais fragmentée en plus petites unités, explique-t-on chez Eternit, leader sur le marché belge. Nos ardoises Solesia sont de la même couleur grise que les autres ardoises. " Deux types de pose sont possibles, qui permettent même certaines fantaisies graphiques selon le design du toit. Pour Benjamin Wilkin, directeur de l'Association pour la promotion des énergies renouvelables (APERe), il peut s'agir d'une solution esthétiquement intéressante, notamment pour les sites et bâtiments classés où les panneaux surimposés sont interdits. Par contre, l'arg...

La plupart des propriétaires choisissent les panneaux solaires standards montés sur des rails par-dessus la toiture. Parfois, ces panneaux sont intégrés au toit. Mais il existe aussi depuis une dizaine d'années des tuiles et des ardoises photovoltaïques qui passent presqu'inaperçues. " Il s'agit de la même technologie monocristalline que celle des panneaux conventionnels, mais fragmentée en plus petites unités, explique-t-on chez Eternit, leader sur le marché belge. Nos ardoises Solesia sont de la même couleur grise que les autres ardoises. " Deux types de pose sont possibles, qui permettent même certaines fantaisies graphiques selon le design du toit. Pour Benjamin Wilkin, directeur de l'Association pour la promotion des énergies renouvelables (APERe), il peut s'agir d'une solution esthétiquement intéressante, notamment pour les sites et bâtiments classés où les panneaux surimposés sont interdits. Par contre, l'argument esthétique est un peu moins valable avec les tuiles rouges, le noir des cellules photovoltaïques tranchant inévitablement avec la terre cuite. Question productivité, le panneau classique reste champion. " Pour les tuiles et ardoises solaires, les longueurs de câble supplémentaires, la fragmentation de l'installation en petites unités, etc., engendrent des déperditions. Comme pour tout ce qui est électrique, la performance diminue avec l'augmentation de la température. Or, le montage en surimposition permet à l'air de se déplacer tout autour du dispositif. Avec des panneaux classiques, on peut atteindre entre 18 et 20% de rendement final (de l'énergie solaire totale, Ndlr), explique Benjamin Wilkin. Avec des tuiles ou des ardoises, on sera vraisemblablement plus proche des 12% (les ardoises Solesia revendiquent un rendement de 14,6 %, Ndlr). De plus, si l'installation produit moins que le rendement espéré, il n'est pas facile d'identifier l'élément qui pose problème. " " Le recours aux ardoises et tuiles photovoltaïques se développe peu, tout simplement parce que cela coûte bien plus cher que des panneaux solaires classiques ", explique encore Benjamin Wilkin. Alors que le prix d'une installation standard peut tourner autour des 5.000 euros, il en coûtera le double, voire le triple, à un particulier pour s'équiper en ardoises photovoltaïques. Un élément Solesia (Eternit) prend la place de cinq ardoises. Mais le gain ainsi réalisé est marginal. Outre le prix d'achat du produit, peu de couvreurs maîtrisent la technique de pose. " Et si vous avez un problème électrique, vous devez toucher à votre étanchéité ", prévient encore Benjamin Wilkin. Autre alternative aux panneaux : la technologie dite de couches minces. Celle-ci se présente sous forme de membranes plus ou moins épaisses, souples et parfois transparentes. Elle permet une intégration à tous types de bâtiments, jusqu'aux gratte-ciels. Ce que l'on appelle le BIPV, pour Build Integration Photovoltaique. " En fonction de leur épaisseur, ces couches minces peuvent être relativement transparentes ou bien prendre différentes teintes, explique Benjamin Wilkin. Grâce à elles, on peut, par exemple, équiper un grand immeuble pour que son vitrage et son bardage produisent de l'électricité solaire. " La technique est cependant peu utilisée chez les particuliers car sa productivité est faible et ses usages plutôt de type industriel. Tesla a créé le buzz en 2016 en dévoilant Solar Roof, son système de toit solaire. Là, c'est toute la partie de la toiture, et non plus seulement une partie, qui produit de l'électricité et les cellules photovoltaïques des tuiles ou ardoises sont totalemnt invisibles. Le Solar Roof en est déjà à sa troisième génération alors qu'il n'a même pas encore été commercialisé à grande échelle. Il vise principalement les nouvelles constructions ou les anciennes dont le toit doit être entièrement refait. En plus d'un aspect esthétique qui semble très réussi, l'entreprise américaine promet que cette toiture coûtera moins cher qu'un toit conventionnel et qu'elle sera plus résistante et durable. Beaucoup de promesses, mais peu d'informations techniques ont été communiquées jusqu'à présent. La commercialisation du Solar Roof est pourtant prévue pour l'année prochaine. Sur son site, Tesla propose même de le réserver... pour 930 euros.