On voit que le prix moyen du smartphone continue d'augmenter en Belgique, comme en témoignent les chiffres GFK repris par nos confrères du " Soir ". Cette tendance vous surprend-elle ?

Non, c'est une tendance qui se confirme d'année en année. D'abord, s'il y a peu d'innovations visibles pour le consommateur, les smartphones évoluent avec des innovations " invisibles ", comme l'amélioration des processeurs, des capacités de stockage, de l'intelligence artificielle, etc. Cela a un coût pour les fabricants et, donc, un impact sur le prix de vente. Ensuite, le marché belge est en saturation : 90% des personnes de 18 à 45 ans sont équipées et 80% des 45 à 65 ans. L'acquisition de nouveaux utilisateurs se fait sur les plus de 45 ans, soit une catégorie qui a de l'argent. Il ne s'agit plus de séduire les 18 ans avec des smartphones à 100 euros...

Ce sont donc les fabricants qui orchestrent savamment cette montée en gamme et en prix ?

C'est de la stratégie de marques, évidemment. Celles-ci sont aidées en cela par les opérateurs télécoms qui proposent des offres conjointes parfois très agressives permettant au consommateur d'acquérir des appareils haut de gamme sans payer le prix fort mais en s'engageant dans la durée avec un abonnement. Il est par ailleurs intéressant de constater que le consommateur dépense toujours plus en abonnements et en contenus digitaux mais dépense moins pour ses appareils multimédia et de téléphonie parce qu'il conserve ses appareils plus longtemps. Aujourd'hui, on garde un smartphone plus de 18 mois. Donc, lorsqu'il s'agit de le remplacer, le client est prêt à se faire plaisir pour acquérir du haut de gamme. Il faut dire que le smartphone fait aussi partie des signes extérieurs de richesse.

Avec l'arrivée des nouveaux appareils à écran pliable à plus de 2.000 euros, le prix moyen n'est pas prêt à baisser. Y a-t-il encore une place pour les téléphones low cost en Belgique quand on voit que ceux à moins de 200 euros sont en chute libre ?

Toutes les marques conservent quand même des téléphones d'entrée et milieu de gamme qui représentent encore de gros volumes. Mais l'usage actuel ne favorise pas ces appareils : la frustration des consommateurs qui ne peuvent pas utiliser tel service ou telle application est réelle. Par ailleurs, on a franchi un plafond de verre lorsque certains appareils ont commencé à se vendre à plus de 1.000 euros. Payer un téléphone entre 500 et 1.000 euros devient raisonnable. Pour l'écran pliable, qui compense le fait que les téléphones plus grands sont moins portables, il faudra voir si ce facteur de forme peut s'imposer. Aujourd'hui, la tablette a moins de succès parce qu'elle trouve moins sa place entre les grands smartphones et les laptops. En termes d'usage, un écran pliable se placera-t-il sur le même plan qu'une tablette ?