On appelle cela une sortie par le haut : Guillaume Pepy, qui va bientôt quitter la présidence du groupe SNCF, vient de lancer un dernier projet et non des moindres : la fusion entre Thalys et Eurostar. Ce projet appelé Green Speed ambitionne d'offrir une véritable alternative écologique et durable à l'avion et à la voiture en combinant les deux réseaux et en offra...

On appelle cela une sortie par le haut : Guillaume Pepy, qui va bientôt quitter la présidence du groupe SNCF, vient de lancer un dernier projet et non des moindres : la fusion entre Thalys et Eurostar. Ce projet appelé Green Speed ambitionne d'offrir une véritable alternative écologique et durable à l'avion et à la voiture en combinant les deux réseaux et en offrant un meilleur service aux voyageurs : fréquence augmentée, correspondances facilitées, etc. Sans oublier la mise en commun des forces commerciales, des réseaux de distribution et de vente, des systèmes de réservation. Reste la question de la flotte, dont l'optimalisation est au centre du projet. Jusqu'ici, l'ensemble des rames Thalys et Eurostar provenaient d'Alstom. Mais Eurostar vient de passer une grosse commande chez Siemens... En outre, si les Eurostar peuvent aisément compléter la flotte Thalys, l'inverse n'est pas vrai. En effet, les rames Thalys ne sont pas homologuées pour passer dans le tunnel sous la Manche. Enfin, il faut aussi convaincre des actionnaires différents. Pour Thalys, ce n'est pas trop compliqué : la SNCF détient 60 % et la SNCB 40 %. Une SNCB qui, par la voix de sa patronne, Sophie Dutordoir, se montre très enthousiaste : " Ce rapprochement ne peut être que positif pour les voyageurs. Dans ce projet, Bruxelles jouerait pleinement son rôle de plaque tournante, positionnée au centre des différentes liaisons et villes desservies ". Eurostar a un actionnariat plus compliqué : SNCF (55 %), SNCB (5), Caisse de dépôt de placement du Québec (30) et le fonds britannique Hermes Infrastructure (10). L'ensemble des problématiques à régler, notamment aussi le cas du siège social (Londres pour Eurostar, Bruxelles pour Thalys), explique pourquoi la finalisation du projet ne sera pas à grande vitesse : 18 à 24 mois sont annoncés.