La fortune du plus jeune milliardaire du monde, Mark Zuckerberg, approcherait les 65 milliards de dollars. Et son empreinte sur le Web et sur le monde est colossale : près de 2 milliards d'êtres humains utilisent sa plateforme et ses différents services, quasi quotidiennement. Du haut de ses 33 ans, "Zuck" inspire une génération entière de jeunes pour qui tout semble désormais possible. Ce n'est pas pour rien que de nombreux jeunes rêvent de lancer leur start-up, qu'elle soit numérique ou pas. Mais voilà... du rêve à la réalité, il y a un pas, voire un fossé, que beaucoup ne franchissent pas. Si 43 % des jeunes se voient un jour créer leur entreprise, seuls 3 % travaillent réellement à cet objectif ! Car l'entrepreneuriat ne s'improvise pas totalement : de la simple bonne idée à la création d'une entreprise et à l'exécution de cette idée, le parcours n'a rien d'aisé. Et l'aventure peut rebuter pas mal de monde, même si de nombreuses initiatives sont prises pour encourager les jeunes à prendre le chemin entrepreneurial. C'est le cas du Venture Lab, usine liégeoise à start-up.
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La fortune du plus jeune milliardaire du monde, Mark Zuckerberg, approcherait les 65 milliards de dollars. Et son empreinte sur le Web et sur le monde est colossale : près de 2 milliards d'êtres humains utilisent sa plateforme et ses différents services, quasi quotidiennement. Du haut de ses 33 ans, "Zuck" inspire une génération entière de jeunes pour qui tout semble désormais possible. Ce n'est pas pour rien que de nombreux jeunes rêvent de lancer leur start-up, qu'elle soit numérique ou pas. Mais voilà... du rêve à la réalité, il y a un pas, voire un fossé, que beaucoup ne franchissent pas. Si 43 % des jeunes se voient un jour créer leur entreprise, seuls 3 % travaillent réellement à cet objectif ! Car l'entrepreneuriat ne s'improvise pas totalement : de la simple bonne idée à la création d'une entreprise et à l'exécution de cette idée, le parcours n'a rien d'aisé. Et l'aventure peut rebuter pas mal de monde, même si de nombreuses initiatives sont prises pour encourager les jeunes à prendre le chemin entrepreneurial. C'est le cas du Venture Lab, usine liégeoise à start-up. Initié en 2014 par le professeur Bernard Surlemont et quelques entrepreneurs de la région liégeoise, Venture Lab était à l'époque le premier incubateur en Belgique francophone entièrement destiné aux tout jeunes. C'est la particularité première de cette initiative : " Notre mission consiste à encourager le passage à l'acte entrepreneurial auprès des jeunes qu'ils soient encore étudiants ou jeunes diplômés, souligne Sophie Joris, la directrice du Venture Lab, et cela afin de contribuer au renouvellement économique. " Et si le professeur Surlemont donne cours à l'université de Liège, Venture Lab ne se limite pas aux étudiants de l'université : toutes les écoles de la région sont concernées. D'ailleurs, la moitié des participants provient des hautes écoles et graduats de la province, et toutes les disciplines sont représentées : ingénieurs commerciaux mais aussi étudiants vétérinaires, étudiants en informatique ou en kiné, etc. Tous reçoivent la même promesse, à savoir disposer d'un espace de travail à Venture Lab, pouvoir faire gratuitement appel à des experts dans de multiples domaines et, surtout, se voir attribuer un entrepreneur chevronné qui suit les étudiants entrepreneurs dans leur parcours. Parmi ces derniers, des personnalités comme Luc Pire (les éditions éponymes), Olivier de Wasseige (Internet Attitude et Defimédia), Hubert Brogniez (Finalyse), Olivier Mallue (cofondateur de l'e-commerce NewPharma) ou Roald Sieberath (bien connu dans l'ecosystème start-up). Ces mentors, appelés " entrepreneurs en résidence ", s'investissent, sur le long terme, aux côtés des jeunes et les aident dans leur parcours et dans leurs choix. Ils consacrent d'ailleurs un à trois jours par semaine à cette mission et passent une bonne partie de ce temps dans les locaux de Venture Lab. Pour endosser ce rôle, ils doivent disposer d'au moins 10 ans d'expérience et avoir dirigé de vraies grandes équipes. " C'était important d'avoir des entrepreneurs en résidence qui apportent leur expérience aux jeunes et connaissent la réalité du marché ", insiste Sophie Joris. Et c'est aussi pour cette raison que ces entrepreneurs ne font pas du bénévolat. " Ils sont rémunérés pour le temps qu'ils consacrent, admet la directrice du lab, mais à un salaire en dessous du marché. " A cette équipe d'entrepreneurs en résidence, Venture Lab adjoint des partenariats avec de nombreuses entreprises qui acceptent de mettre à disposition certains de leurs experts, selon les besoins des jeunes. " Pas moins de 100 experts acceptent de donner gratuitement 20 heures de leur temps par an pour coacher et renseigner les membres de Venture Lab, se félicite Luc Pire, qui compte parmi les cofondateurs de l'initiative. Cela représente pas moins de 2.000 heures de coaching, ce qui est précieux. " Il peut s'agir de spécialistes juridiques, de comptables, de pros du marketing, de l'analyse de marché du développement de produits, etc. La plupart actifs dans des grosses entreprises, comme Galler, BNP Paribas, Blavier, etc. Du côté des jeunes, le critère premier pour entrer dans le lab n'est pas la compétence ou les bonnes notes aux examens. Mais la motivation, l'envie et l'ambition que les jeunes mettent dans leur projet ! Entrer au Venture Lab se révèle d'ailleurs assez " facile " : 80 % des dossiers sont acceptés. Mais " le plus difficile est d'y rester, sourit Sophie Joris. Trois mois après l'acceptation du dossier par le comité de sélection, on fait un point pour voir si le projet a avancé, si les jeunes sont ou non proactifs. " En gros, ils ont trois mois de " période d'essai " et si elle est positive, l'aventure continue. Mais pas question de " squatter " gratuitement les infrastructures de Venture Lab. Passé les trois premiers mois, les étudiants et jeunes diplômés doivent s'engager à une " dette d'honneur " qui devient effective au moment où ils créent réellement une entreprise. C'est-à-dire qu'ils acceptent de rembourser, à un moment déterminé, un loyer : 100 euros mensuels pour les étudiants, 200 euros pour les jeunes diplômés. Bien sûr, Venture Lab se montre assez souple avec ses jeunes poulains et accepte des plans de remboursement flexibles, mais la mécanique veut les responsabiliser et montrer que les avantages dont ils bénéficient ont une valeur. Pour l'incubateur, ces " loyers " ne sont pas totalement anecdotiques. En 2017, ces rentrées devraient représenter 5 % du budget de Venture Lab et Sophie Joris espère faire grimper ce montant à 12 % d'ici 2018. C'est qu'il faut faire tourner la boutique. Si la directrice de Venture Lab ne dévoile pas les budgets de fonctionnement de son incubateur, elle avance plutôt le coût de chaque création d'entreprise. Soit 18.000 euros par projet incubé. " Soit rien du tout ", insiste Sophie Joris. Ses budgets, Venture Lab les obtient de plusieurs manières : pour la moitié de subsides, bien sûr, mais pour l'autre moitié des fonds privés. Parmi les soutiens de l'incubateur, on retrouve la fondation Baillet Latour, BNP Paribas ou la Loterie Nationale. D'argent, il en est aussi question pour les start-up en création. Par définition, les étudiants ou les jeunes diplômés ne disposent généralement pas d'assez d'économies pour lancer leur projet. Voilà pourquoi, en collaboration avec le réseau de business angels BeAngel, Venture Lab a lancé un petit fonds dédié à ses étudiants entrepreneurs. " Cela aide à financer les tout premiers pas de la start-up et à créer des proofs of concept, témoigne Antoine Dessart, cofondateur de la start-up Hytchers issue de Venture Lab. Au moment de nous lancer, en été 2016, nous avons obtenu un peu plus de 25.000 euros par cet intermédiaire. " Ce petit fonds disposait, en 2016, de 80.000 euros à injecter dans les projets issus de l'incubateur liégeois. Un montant passé à 300.000 euros actuellement. Pas de doute, Venture Lab dispose de nombreux atouts pour attirer les jeunes vers l'entrepreneuriat et la création de start-up. D'ailleurs, les chiffres parlent d'eux-mêmes : 248 jeunes sont passés par le lab et ont développé, ensemble, 138 projets. L'incubateur compte à son actif une quarantaine de créations d'entreprises pour quelque 70 emplois, dans des domaines très variés, nous glisse Luc Pire. Car si le numérique attire une part importante de l'intérêt des jeunes, d'autres types de projets se développent également dans la mode, l'alimentaire, le sport, la parfumerie, etc. Bien sûr, pas mal de projets n'arrivent pas à terme. Mais qu'importe. " Au Venture Lab, on ne coache pas des individus mais des projets, insiste Sophie Joris. Et même si un projet n'aboutit pas, il est fort possible qu'un jeune qui a pris goût au développement d'entreprise revienne un jour au l'autre sur ce terrain-là. " Et l'initiative dépasse désormais la région liégeoise puisque se sont lancées d'autres structures du genre à Bruxelles (Start Lab), Namur (LinKube) ou Louvain-la-Neuve (Yncubator)... De quoi permettre au Zuckerberg belge d'émerger ?