Avec 1,3 milliard d'habitants et une classe moyenne en expansion, l'Inde fait rêver les marques du monde entier. Mais une économie affaiblie ces derniers mois et une réglementation très protectionniste font que plus d'une société étrangère s'y est déjà cassé les dents.

"Je ne suis pas inquiet", a confié jeudi à l'AFP le milliardaire Tadashi Yanai, fondateur de Fast Retailing, la maison-mère d'Uniqlo.

"Fast Retailing souhaite depuis longtemps ouvrir des boutiques en Inde, au vu de l'énorme potentiel d'une nation de 1,3 milliard de personnes (...) avec un âge moyen de 27 ans", a-t-il déclaré à la veille de l'ouverture du magasin dans un centre commercial huppé de New Delhi.

Première de trois enseignes prévues dans la capitale indienne, la nouvelle boutique Uniqlo occupe plus de 3.250 mètres carrés, et est située toute proche d'un magasin de son rival suédois H&M.

Uniqlo fait partie des plus de 300 marques de textile internationales qui devraient ouvrir des magasins en Inde en deux ans, selon un récent rapport du cabinet d'études de marché McKinsey et du média spécialisé Business of Fashion.

D'après McKinsey, le marché de prêt-à-porter du géant d'Asie du Sud est projeté à 59,3 milliards de dollars en 2022, ce qui en ferait le sixième mondial.

Les consommateurs indiens sont réputés pour être particulièrement sensibles aux prix, forçant les marques à réduire au maximum leurs marges, ainsi que pour leur demande de vêtements traditionnels indiens, notamment chez les femmes.

Uniqlo a ainsi conçu avec un couturier une collection de kurtas (tuniques) spécialement pour le marché indien, tandis que les tarifs pratiqués en Inde sont comparables à ceux pratiqués aux États-Unis et en Australie.

"L'Inde est un marché très concurrentiel, avec beaucoup de marques internationales déjà présentes, ainsi que des marques locales qui marchent bien", a indiqué au site The Print l'analyste Abneesh Roy d'Edelweiss Securities.

"Uniqlo arrive clairement tard, et ce ne sera pas facile", a-t-il ajouté.