De la friche industrielle à l'énergie renouvelable

3.844 panneaux. La centrale photovoltaïque au sol est la plus importante de la Région wallonne.
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Pas moins de 3.844 panneaux solaires ont ainsi été installés sur un ancien site industriel. " Il faudra encore quelques mois pour avoir des estimations exactes du rendement mais, a priori, la centrale permettra de produire environ 1.000 MWh par an, ce qui correspond à la consommation de 300 ménages wallons ", explique Jöran Beekkerk Van Ruth, l'ingénieur chargé du projet. Pour aménager le site, un investissement d'environ 1,65 million d'euros fut nécessaire. Un budget que la SPAQuE espère néanmoins récupérer relativement rapidement et même, à terme, réaliser des bénéfices. " On table sur un retour sur investissement dans une quinzaine d'années, précise le chargé de projet. La durée de vie de la station est estimée à 25 ans environ. Après, il faudra voir comment les panneaux évolueront. " La centrale fonctionne en quasi-autonomie. Quelques révisions et autres relevés de compteurs sont évidemment nécessaires mais il n'est pas indispensable d'avoir en permanence un responsable sur le site. L'ensemble du projet peut donc être surveillé sans le moindre problème à distance. Du coup, la SPAQuE n'a pas lésiné sur les moyens pour assurer la sécurité du site. Une première clôture délimite le site, suivie d'une seconde surmontée de barbelés. Des caméras avec détecteurs de présence sont également éparpillées partout sur le site. Outre les dégradations, c'est surtout les vols qui inquiètent les responsables du projet. " La centrale est assez isolée avec un accès rapide à l'autoroute. Au lancement du projet, on nous a effectivement conseillé de faire attention à cet aspect ", souligne Jöran Beekkerk Van Ruth. Les panneaux et surtout les nombreux câbles pourraient attirer mais le responsable ne s'inquiète pas. " Lors de la pose de la structure, les panneaux ont été installés de sorte que le temps nécessaire pour les décrocher est relativement long, permettant au service de sécurité d'intervenir ", assure le responsable. La SPAQuE est assez novice dans ce type de création. " On dispose sur deux autres sites de quelques panneaux, précise Jöran Beekkerk Van Ruth. Ils sont posés sur les toits et servent uniquement à l'autoconsommation. Une production de la sorte est donc une première pour nous. " Le site de La Louvière n'ayant pour vocation que l'injection " pure " sur le réseau, la rentabilité du site dépendra du prix du marché. Néanmoins des aménagements seront possibles, selon l'évolution de la situation autour du site. " Nous sommes sur un zoning qui se développe, explique l'ingénieur. De nouvelles entreprises devraient normalement s'installer dans les années à venir. On pourra alors envisager de les fournir directement en électricité. Nous disposons déjà d'une cabine haute tension, c'est donc totalement réalisable. " Visiblement satisfaite, la SPAQuE a d'ailleurs dans ses cartons un nouveau projet de centrale au sol pour un autre site à réhabiliter. " On a déjà le permis, se réjouit Jöran Beekkerk Van Ruth. Nous devons désormais ouvrir le marché afin de pouvoir lancer les travaux rapidement. Il sera toutefois moins imposant. " La SPAQuE a pour mission de réhabiliter les friches industrielles et autres crassiers. Différents projets ont déjà été mis en place, comme la création de station d'épuration, de dispositif d'extraction de biogaz on encore de nouveaux bâtiments. Toutefois, les projets immobiliers importants ne sont pas toujours possibles. La pollution et les déchets présents dans certains sols réduisent parfois fortement les possibilités d'initiatives architecturales ambitieuses. Avec la mise en place de la centrale photovoltaïque, la SPAQuE semble cependant avoir trouvé une solution efficace. " Sur ce site, aucun autre projet n'était envisageable ", précise d'ailleurs le responsable. Avec une structure légère, il ne fut pas nécessaire de creuser dans le sol. Il a toutefois fallu procéder à des adaptations. " Les panneaux sont inclinés à 25 degrés, contre 35 idéalement. Mais cela nous permet une plus faible prise du vent et donc une structure moins conséquente. " Malgré une production moindre, cette installation a permis d'effectuer de sérieuses économies, optimisant ainsi la rentabilité du projet. " La centrale reste efficace, souligne encore l'ingénieur. Si en Belgique nous n'avons pas le meilleur ensoleillement, il y a quand même beaucoup de rayons diffus. " Par Arnaud Martin.