La société A-Mansia devrait lancer d'ici deux ou trois ans une gamme de compléments nutritionnels, en vue de réduire les risques métaboliques liés à l'obésité ou au diabète de type 2. " Nos compléments permettent de limiter le taux de cholestérol ou le taux de sucre. Ce sont des adjuvants solides à la prise en charge de l'obésité ", commente le professeur Patrice Cani (UCL), l'un des fondateurs d'A-Mansia.
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La société A-Mansia devrait lancer d'ici deux ou trois ans une gamme de compléments nutritionnels, en vue de réduire les risques métaboliques liés à l'obésité ou au diabète de type 2. " Nos compléments permettent de limiter le taux de cholestérol ou le taux de sucre. Ce sont des adjuvants solides à la prise en charge de l'obésité ", commente le professeur Patrice Cani (UCL), l'un des fondateurs d'A-Mansia. L'histoire part des recherches du professeur Willem de Vos, de l'université de Wageningen (Pays-Bas). Il a découvert en 2004 une bactérie, l'Akkermansia muciniphila, présente naturellement dans nos systèmes digestifs et dont les propriétés peuvent réduire les risques liés à l'obésité. Les travaux de Patrice Cani ont confirmé ses effets positifs sur les souris. Ces effets peuvent d'ailleurs être décuplés en pasteurisant la bactérie. Forts de ces éléments, avec le soutien des bureaux de transfert de technologie de leurs institutions, les deux professeurs ont décidé de fonder A-Mansia en 2016. Leur projet a séduit le fonds français spécialisé Seventure, ainsi que la SRIW, Nivelinvest, le fonds Vives de l'UCL et l'administration wallonne. Ils ont apporté ensemble 16 millions d'euros, montant auquel le fonds d'investissement néerlandais Innovation Industries vient d'ajouter 5 millions. Cette somme devrait permettre à l'entreprise de préparer la mise sur le marché de ses premiers compléments alimentaires pour fin 2020-début 2021. " Il ne s'agira pas d'un produit unique mais d'une gamme de produits à base d'Akkermansia muciniphila, explique Jean-Christophe Malrieu, CEO d'A-Mansia. Nous visons un spectre très large dans la prévention des facteurs de risque. Cela se traduira par le lancement de plusieurs produits par an. " Mais ce n'est pas tout : l'équipe du professeur Cani a réussi à isoler une composante de cette bactérie, qui pourrait avoir des indications thérapeutiques notamment contre les maladies inflammatoires de l'intestin ou les maladies hépatiques. On ne parle plus ici de complément alimentaire mais bien de médicament. " Nous avons décidé d'en assurer nous-mêmes le développement, précise Patrice Cani. Nous avons la connaissance la plus fine de cette bactérie. C'est une opportunité unique d'avancer en parallèle sur les volets pharmacie et nutrition, ce que peu d'entreprises font. " Une petite partie de la levée de fonds y contribuera mais il faudra évidemment des moyens d'une toute autre ampleur pour amener des médicaments sur le marché. Le produit de la vente des compléments nutritionnels contre l'obésité pourrait aussi y contribuer, à l'instar de la stratégie de Mithra qui a vendu des génériques et des produits hors prescription pour financer ses recherches sur l'estétrol. A-Mansia emploie aujourd'hui sept personnes. Les effectifs devraient grimper à 10 en fin d'année et à 20 pour la commercialisation des premiers produits dans deux ans. Si une partie de la recherche et des capitaux provient des Pays-Bas, c'est bien en Wallonie que la société a choisi de s'implanter, en raison notamment de l'écosystème des biotechs et des aides à la recherche.