Interrogé par l'AFP, Renault a confirmé la date de jeudi, mais n'a pas souhaité faire de commentaire sur les possibles successeurs. Une source proche des discussions a cependant indiqué à l'AFP que le poste de PDG de M. Ghosn, incarcéré au Japon depuis le 19 novembre, serait bien scindé en deux fonctions: une direction générale exécutive d'un côté, la présidence du conseil d'administration de l'autre.

Selon cette source, M. Bolloré, qui était l'adjoint et le dauphin désigné de Carlos Ghosn, devrait être nommé directeur général, après avoir assuré l'intérim sur ce poste, alors que Jean-Dominique Senard, actuel patron de Michelin, deviendrait président du conseil d'administration de Renault. Le tandem Bolloré-Senard tient la corde, même si nul ne peut préempter la décision du conseil d'administration, a précisé ce responsable.

La réunion devrait démarrer à 10h00 jeudi, a-t-on appris de source syndicale. M. Senard, 66 ans, devait passer la main en mai comme patron de Michelin et semblait avoir les faveurs du gouvernement français, alors que l'Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et près de 22% des droits de vote. Carlos Ghosn, mis en examen au Japon pour abus de confiance et malversations, s'est une nouvelle fois vu refuser une libération sous caution mardi. Sa détention provisoire court désormais jusqu'au 10 mars et peut être prolongée chaque mois. Selon son avocat, il risque de rester incarcéré des mois jusqu'à la tenue de son procès.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait demandé mercredi dernier la convocation "dans les prochains jours" d'un conseil d'administration de Renault pour désigner un successeur à Carlos Ghosn. Il avait expliqué précédemment à plusieurs reprises que, malgré la présomption d'innocence, si M. Ghosn devait être durablement empêché, il faudrait envisager son remplacement.