De la science-fiction ? Pas le moins du monde. Tout a commencé avec une ressortissante britannique capable de " sentir " la maladie de Parkinson dont était atteint son époux. La dame ¬ ou plus exactement son nez ¬ a été dès lors intégrée dans les recher-ches menées par MouSensOr, une start-up américaine.

" De tous nos sens, l'odorat est le moins connu, argumente Charlotte D'Hulst, une bio-ingénieure de la KU Leuven cofondatrice de MouSensOr. Même s'il existe, dans le monde du parfum ou du vin, des 'nez' extraordinaires, dans la vie de tous les jours, le langage ne suit pas. Nous manquons en effet de mots pour décrire une odeur avec précision. D'où l'idée de constituer une sorte de bibliothèque digitale de nez avec l'aide de souris génétiquement manipulées qui fabriqueront en grande quantité des 'nez humains' sur lesquels des recherches pourront être effectuées afin d'identifier quelles molécules activent quels récepteurs. Le chocolat, par exemple, en active sept. On disposera ainsi au fil du temps de suffisamment de critères objectifs pour pouvoir digitaliser la banque de données ainsi constituée. "

Contact a été pris avec l'IMEC, un centre de recherche basé à Louvain et leader mondial en nanotechnologies qui collabore depuis janvier à l'étude de ce transfert. Le but ultime des recherches est d'obtenir des critères objectifs pour pouvoir, par exemple, déterminer pour chacun de nous des profils d'odeur qui, vérifiés annuellement, serviraient en quelque sorte de check-up médical pour détecter des affections ou des maladies non encore identifiées à ce moment par la médecine classique.