"Nous voulons donner une arme complémentaire à l'industrie alimentaire. Chacun pourra dorénavant continuer de manger ce qu'il aime sans risquer de développer du cholestérol."
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"Nous voulons donner une arme complémentaire à l'industrie alimentaire. Chacun pourra dorénavant continuer de manger ce qu'il aime sans risquer de développer du cholestérol." A la tête du laboratoire pharmaceutique wallon Normaphar, spécialisé dans les compléments alimentaires destinés notamment à réduire les risques d'ostéoporose et de cholestérol, Guy Wyvekens et François Motte ont décidé de diversifier leurs activités. Les deux entrepreneurs ont développé un brevet alimentaire européen ayant trait à une substance d'origine naturelle qui, ajoutée à un aliment, permet d'en neutraliser le cholestérol. Il s'agit en fait de mycélium de pleurote sous forme de poudre que l'entreprise espère aujourd'hui commercialiser auprès d'acteurs de l'industrie alimentaire. "Cette dernière fait des efforts pour réduire le sucre et le sel dans les plats préparés, explique Guy Wyvekens. Pour les graisses, en revanche, elle ne peut rien faire." Incorporé à des aliments tels que le beurre ou la mayonnaise, l'ingrédient développé par Normaphar devrait toutefois changer la donne. "Il ne va pas faire baisser le cholestérol, précise le responsable. Mais tout simplement permettre de ne pas en développer davantage."Tout commence il y a trois ans, lors de la création de Normaphar. Le petit laboratoire développe alors un brevet européen pour le Zeltrin, un complément alimentaire à base de pleurote, destiné faire baisser le taux de cholestérol. Disponible dans toutes les pharmacies, il rapporte aujourd'hui à Normaphar 700.000 euros de chiffre d'affaires, tout en sachant que le laboratoire commercialise également deux autres compléments alimentaires: le Lifasin (maintien d'une fonction hépatique normale) et l'Osteosin (ostéoporose). Dans le cadre du développement du Zeltrin, Normaphar a réalisé une étude scientifique sur plus de 500 patients. Convaincus de l'efficacité du pleurote dans la lutte contre le cholestérol, l'entreprise développera dans la foulée un brevet alimentaire. "Dès le départ, nous avions pour ambition de développer une activité B to B à destination de l'industrie alimentaire", indique Guy Wyvekens.CrowdfundingMaintenant qu'ils détiennent la preuve clinique et la capacité de production de leur technologie, les responsables de Normaphar entendent créer une spin-off qui aura pour rôle la commercialisation de leur invention via un partenariat avec les acteurs de l'industrie alimentaire. Son nom ? NFPC, pour Neutraceutical Food Patent Company. "Il était nécessaire de créer une société distincte du laboratoire pour démarcher les industriels", assure Guy Wyvekens. A son capital, on retrouve les actionnaires de Normaphar, à savoir les fondateurs, le CEO de Physiol Marc Nolet, le business angel français Pierre-Edouard Stérin ainsi que d'autres investisseurs privés. Mais 35% des parts sont ouvertes au public. Le groupe a en effet lancé un crowdfunding via la plateforme Spreds. Il espère ainsi récolter 250.000 euros afin de lancer la phase de commercialisation. "Cela va nous permettre de créer la société et de rémunérer deux personnes", explique notre interlocuteur.L'entreprise est actuellement en pourparlers avec le fabricant de sauces Didden, Delhaize et la laiterie Olympia. "Cette dernière a déjà mené plusieurs tests avec notre poudre de pleurote, explique Guy Wyvekens. Et les premiers résultats sont concluants. Ses responsables assurent que notre ingrédient n'altère aucunement le goût de leur beurre. Si le projet se concrétise, ce serait le premier beurre contenant notre produit. Il s'agit à présent de voir si la laiterie sortira un nouveau beurre ou si elle décidera de travailler pour une marque de distributeur comme Delhaize. Des contacts sont en cours."Arme de différenciationD'après le cofondateur de Normaphar, un logo "cholesterol friendly" pourrait être apposé sur les aliments contenant la fameuse poudre. "C'est une sacrée arme de différenciation pour les industriels, assure Guy Wyvekens. Ces derniers pourront en outre augmenter le prix de ces produits et s'assurer ainsi de meilleures marges." Il espère aussi avoir le soutien de la Ligue cardiologique, dont le logo pourrait aussi figurer sur les aliments concernés.Les possibilités de partenariats sont en réalité nombreuses. L'extrait de pleurote pourrait en effet être rajouté à tous les ingrédients riches en graisses. "Il peut s'agir de beurre, de mayonnaise, de chips, de crème glacée, de crème fraîche, etc.", énumère Guy Wyvekens. Dans ses rêves les plus fous, le responsable se prend à imaginer un partenariat avec un chaîne de fast-food qui déciderait d'ajouter l'ingrédient dans ses burgers. "Les gens pourront continuer à en manger sans développer du cholestérol", sourit-il.A en croire notre interlocuteur, les choses pourraient aller très vite. "Nous disposons d'une idée innovante, brevetée et dont l'efficacité a été démontrée par une étude scientifique sur plus de 500 patients. Tout est à présent en place pour activer la commercialisation du brevet. Le rôle de la spin-off de Normaphar sera simplement de fournir la matière première à l'industrie afin qu'elle l'incorpore elle-même à ses différentes préparations. Nous attendons nos premiers revenus issus de cette nouvelle activité pour mi-2020."