Alors que des discussions avec les organisations syndicales sont en cours chez Decathlon en vue d'instaurer le travail de nuit dans le cadre de ses activités d'e-commerce, le spécialiste du sport menace de délocaliser la préparation des commandes vers les Pays-Bas si aucun accord n'est trouvé. Aujourd'hui, tout s'opère depuis le centre de distribution du groupe situé à Willebroek. Mais d'après nos confrères du Tijd, les responsables de l'enseigne française envisageraient de construire un autre centre de distribution outre-Moerdijk, à Tilburg plus précisément. C'est que la législat...

Alors que des discussions avec les organisations syndicales sont en cours chez Decathlon en vue d'instaurer le travail de nuit dans le cadre de ses activités d'e-commerce, le spécialiste du sport menace de délocaliser la préparation des commandes vers les Pays-Bas si aucun accord n'est trouvé. Aujourd'hui, tout s'opère depuis le centre de distribution du groupe situé à Willebroek. Mais d'après nos confrères du Tijd, les responsables de l'enseigne française envisageraient de construire un autre centre de distribution outre-Moerdijk, à Tilburg plus précisément. C'est que la législation néerlandaise est beaucoup plus souple en matière de travail de nuit. Ce dernier est, certes, autorisé chez nous depuis peu dans le cadre des activités de vente en ligne, mais les entreprises doivent conclure individuellement des accords avec leurs syndicats. Et si plusieurs chaînes sont parvenues à un compromis, cela semble plus ardu chez Decathlon. Contactée, l'enseigne ne reconnaît cependant aucune menace de délocalisation. " Nous souhaitons organiser notre e-commerce à partir de Willebroek et nous faisons tout pour parvenir à un accord, commente Koen Tengrootenhuysen, directeur du développement immobilier de Decathlon Belux. Le dialogue avec les syndicats est positif. " Concrètement, les négociations portent sur l'instauration du travail de nuit jusqu'à minuit au dépôt de Willebroek, avec possibilité d'aller jusqu'à 2 h du matin. D'après nos informations, le principal point d'achoppement aurait trait à la rémunération. L'enseigne aurait l'intention de payer à 130 % les heures prestées après 20 h, somme que les syndicats estiment insuffisante. " C'est en dessous de ce que proposent d'autres entreprises, affirme Rocco D'Amore, secrétaire permanent CNE. En plus, en commission paritaire 311, les salaires sont déjà très bas et beaucoup de travailleurs bénéficient du bonus à l'emploi. En travaillant de nuit, certains dépasseront son plafond. Au total, ils ne gagneront donc pas beaucoup plus. " Le responsable syndical pointe par ailleurs le " faible " nombre d'engagements dans le cadre du travail de nuit. " On nous avait promis monts et merveilles avec 200 nouveaux emplois au dépôt logistique. On est bien en dessous avec 100 nouveaux jobs d'ici cinq ou six ans. Or, la convention sectorielle stipule bien que le travail de nuit doit amener des engagements supplémentaires ", argumente-t-il. Du côté de Decathlon, on explique que ces chiffres sont donnés à titre indicatif. " Tout dépend de l'évolution des commandes en ligne, affirme Koen Tengrootenhuysen. En ce qui concerne la rémunération, nous avons un accord avec les cinq représentants officiels des collaborateurs. Ce sont les représentants syndicaux externes qui créent des tensions, et comme ce sont eux qui doivent apposer leur signature... " Deux réunions de concertation doivent encore se tenir en décembre, avec l'intention d'aboutir pour la fin de l'année.