Ce n'est en réalité qu'une demi-surprise. Si l'annonce faite la semaine dernière par le géant mondial de l'habillement Inditex interpelle par son ampleur, elle se situe dans la droite ligne de la transition vers l'e-commerce opérée par tous les acteurs de la mode. " Le groupe aura toujours des magasins physiques, assure Gino Van Ossel, professeur de retail marketing à la Vlerick Business School. Mais il en compte trop dans un contexte de montée en puissance de la vente en ligne. H&M est dans la même situation. De manière générale, on remarque que tous les géants du secteur sont en train d'optimise...

Ce n'est en réalité qu'une demi-surprise. Si l'annonce faite la semaine dernière par le géant mondial de l'habillement Inditex interpelle par son ampleur, elle se situe dans la droite ligne de la transition vers l'e-commerce opérée par tous les acteurs de la mode. " Le groupe aura toujours des magasins physiques, assure Gino Van Ossel, professeur de retail marketing à la Vlerick Business School. Mais il en compte trop dans un contexte de montée en puissance de la vente en ligne. H&M est dans la même situation. De manière générale, on remarque que tous les géants du secteur sont en train d'optimiser leur parc de magasins. Cela passe par une révision du nombre de points de vente, de leur taille et de leur implantation. " Inditex, qui est en fait le plus grand groupe de mode au monde avec des chaînes comme Zara, Pull&Bear, Massimo Dutti, etc., a annoncé son intention de fermer 1.200 de ses 7.500 boutiques à travers le monde. Des magasins plus petits et anciens, toutes marques confondues, situés principalement dans des villes moyennes. Le groupe entend en fait se concentrer sur ses grands points de vente bien localisés. Il a d'ailleurs parallèlement annoncé l'ouverture de 450 nouveaux magasins correspondant à ce modèle. La multinationale va investir 2,7 milliards d'euros entre cette année et 2022 pour relancer les affaires et ouvrir ces nouveaux magains, dont près d'un milliard uniquement à destination de l'e-commerce. " A ce jour, une vente en ligne est moins rentable qu'une vente en magasin, explique Gino Van Ossel. Les coûts logistiques sont très élevés, notamment en raison des taux de retour importants. Cet argent va donc probablement être investi dans des technologies destinées à optimiser la chaîne logistique. Inditex devra certainement aussi ouvrir de nouveaux centres logistiques pour réduire les délais de livraison, et investir massivement dans le marketing. " Du côté du groupe, on explique que l'argent servira à rendre l'organisation plus flexible et plus efficace, ainsi qu'à réduire les coûts de livraison. Faut-il voir cette annonce comme une conséquence de la crise actuelle ? Oui et non. Au cours du premier trimestre, le groupe espagnol a enregistré une perte nette de 409 millions d'euros (dont 303 millions de provision dédiée à la fermeture définitive de 1.200 magasins) alors que son bénéfice était de 734 millions d'euros au cours de la même période l'an dernier. Ses ventes ont, quant à elles, chuté de 44%, à 3,3 milliards d'euros. " Mais cela n'est pas une raison pour annoncer autant de fermetures, assure notre expert. Le plan était certainement prévu bien avant, et la crise est sans doute le bon moment pour faire cette annonce. Les excuses sont là pour s'en servir... Toutefois, il est vrai que la période que nous venons de vivre a agi comme un accélérateur de tendances, et notamment de l'e-commerce. Les groupes doivent donc s'y préparer. " Inditex, qui réalisait l'an dernier 14% de son chiffre d'affaires en ligne, a pour ambition d'atteindre 25% d'ici 2022.