Le contrat a été signé le 30 avril dernier. En pleine crise sanitaire chez nous alors qu'elle se terminait peu à peu en Chine. " Les délais ont été serrés mais nous avons tenu le cap et pu produire grâce à nos équipes et dans les conditions de sécurité requises nos premiers échangeurs qui partiront prochainement en Chine, souligne Vincent Colard, directeur général d'ACTE (Atelier de construction de thermo-échangeurs). Ils y seront acheminés par bateau mais nous songeons un jour peut-être à utiliser le train qui est tout proche. " S'il a donc été officiellement conclu il y a deux mois, ce contrat est le fruit de longues négociations qui se sont poursuivies durant sept ans et qui ont été bouclées lors de la mission princière menée en novembre dernier en Chine. " L'apport de l'Agence wallonne à l'exportation (Awex) a été essentiel à toutes les étapes, poursuit Vincent Colard. Par ailleurs, grâce à elle, nous disposons maintenant d'un agent en Chine. Il s'agit d'un ingénieur thermique chinois qui a effectué ses études en France. Par son intermédiaire, il ne m'étonnerait pas qu'on puisse conclure de nouveaux contrats avec d'autres clients chinois intéressés par nos échangeurs thermiques. "
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Le contrat a été signé le 30 avril dernier. En pleine crise sanitaire chez nous alors qu'elle se terminait peu à peu en Chine. " Les délais ont été serrés mais nous avons tenu le cap et pu produire grâce à nos équipes et dans les conditions de sécurité requises nos premiers échangeurs qui partiront prochainement en Chine, souligne Vincent Colard, directeur général d'ACTE (Atelier de construction de thermo-échangeurs). Ils y seront acheminés par bateau mais nous songeons un jour peut-être à utiliser le train qui est tout proche. " S'il a donc été officiellement conclu il y a deux mois, ce contrat est le fruit de longues négociations qui se sont poursuivies durant sept ans et qui ont été bouclées lors de la mission princière menée en novembre dernier en Chine. " L'apport de l'Agence wallonne à l'exportation (Awex) a été essentiel à toutes les étapes, poursuit Vincent Colard. Par ailleurs, grâce à elle, nous disposons maintenant d'un agent en Chine. Il s'agit d'un ingénieur thermique chinois qui a effectué ses études en France. Par son intermédiaire, il ne m'étonnerait pas qu'on puisse conclure de nouveaux contrats avec d'autres clients chinois intéressés par nos échangeurs thermiques. " Si les Chinois sont venus trouver leur bonheur sur les hauteurs de Liège, plus précisément à Grâce-Hollogne, c'est qu'ils ne l'avaient manifestement pas en magasin. Ou plus précisément dans leurs turbines. Il est vrai qu'ACTE est, à l'instar de nombre pépites wallonnes insoupçonnées, aussi discrète que performante. Active depuis une petite vingtaine d'années, la société a été créée en 2003 par un ingénieur qui développait des micro- turbines à gaz. En quête de récupérateurs de chaleur spécifiques, il ne trouva rien sur le marché qui réponde à ses besoins. Et comme souvent dans ces cas-là, il mit lui-même au point la solution ad hoc. " Il fit même davantage, précise Vincent Colard, puisqu'il imagina également l'outil de production de ces échangeurs de chaleur performants dédiés aux applications de turbines à gaz ou à la récupération de chaleur fatale (chaleur résiduelle issue d'un procédé et non utilisée par celui-ci). Nous possédons aujourd'hui non seulement une technologique unique mais également un outil de production unique qui nous permet de fabriquer aussi bien un prototype que des séries. " ACTE propose deux gammes de récupérateurs de chaleur qui présentent la particularité de la récupérer à de très hautes températures (plus de 650°C). La première gamme, baptisée Compact, propose des échangeurs de chaleur permettant de doubler le rendement énergétique d'une mini-turbine à gaz. Ils résistent à l'utilisation d'un gaz de moindre qualité et sont remarquablement résistants aux contraintes thermiques, grâce notamment à leur forme annulaire. La seconde, dénommée Gap, permet actuellement de valoriser les pertes de chaleur entre 170 et 650°C. " Leur remarquable compacité et leur forme annulaire permettent de les placer dans des espaces exigus - voire directement dans un conduit de cheminée, ajoute le directeur général. Nos gammes sont surtout appréciées pour leurs hautes performances, leur compacité, leur résistance thermique, leur légèreté et leur faible perte de charge. Ces innovations sont une référence en matière de performances pour ceux dont l'objectif est de réaliser des économies d'énergie et de faire de la récupération de chaleur une priorité. " Présente dans une niche où les acteurs de premier plan se comptent sur les doigts d'une main, ACTE conçoit des gammes standards au départ desquelles elle va développer des produits spécifiques pour ses clients. Des clients que l'on retrouve notamment en Finlande, en Russie, aux Etats-Unis, en Allemagne ou maintenant en Chine. " Cette commande confirme le développement de sources de productions énergétiques alternatives dans les grands pays industrialisés et nous ouvre des perspectives de croissance ", intervient Vincent Pissart, président d'ACTE. La société liégeoise fonde de grands espoirs dans la croissance du marché des micro-turbines à gaz sur une planète de plus en plus consciente des enjeux énergétiques. Les applications de ces micro-turbines sont multiples. ACTE fournit, par exemple, la société américaine Wrightspeed qui électrifie des véhicules lourds tels que bus scolaires, camions-poubelles, etc. Si le moteur à piston est encore la norme, les Chinois travaillent activement à produire des véhicules neufs similaires directement équipés de moteurs électriques auxquels on pourrait adjoindre une micro-turbine qui offre l'avantage d'être plus légère et plus compacte qu'un moteur à piston. Parmi les autres applications, citons notamment les unités conçues par un autre client d'ACTE, la société finlandaise Aurelia Turbine. Ses micro-turbines à gaz sont destinées à assurer l'approvisionnement en électricité dans des régions reculées où le réseau électrique peut être déficient. Des micro-turbines que l'on peut également retrouver dans des hôpitaux ou hôtels où elles peuvent jouer le rôle de générateurs de secours. Si les perspectives de croissance sont réelles, il convient de préciser que ce marché demeure encore, à l'heure actuelle, très confidentiel puisque l'on ne compte qu'une trentaine de producteurs de micro-turbines à travers le monde. Le potentiel du marché des récupérateurs de chaleur est également non négligeable. De nombreuses installations de type industriel dégagent encore énormément de chaleur fatale ou perdue. Une chaleur qui peut être récupérée pour être réinjectée dans le processus de production mais aussi utilisée à d'autres fins comme le chauffage des bureaux ou encore la production d'électricité. Afin de conserver le leadership dans son domaine, ACTE mise beaucoup sur la recherche et le développement. Elle est ainsi actuellement partenaire de deux projets de R&D au niveau européen (BioClinc) et régional (Inhex). Tous deux permettent à l'entreprise de travailler sur les futurs échangeurs de la gamme Gap à plus haute température et dans des environnements plus sales et corrosifs. " Le champ de la R&D des échangeurs thermiques est immense, analyse Vincent Colard. Notre objectif est de récupérer la chaleur fatale des fumées des milieux très corrosifs jusqu'à 850° C. Or, une augmentation de 25° C de la chaleur récupérée réduit aujourd'hui par deux la durée de vie d'un échangeur de chaleur. " Autant dire que les défis à relever sont loin d'être faciles. Mais la société qui s'appuie sur une équipe de neuf personnes peut compter en interne sur des compétences de premier plan tant à la conception qu'à la production. Basée depuis plus d'un an dans un nouveau bâtiment et dans des bureaux modulaires dont elle peut rapidement augmenter le nombre, ACTE dispose de la superficie pour doper rapidement sa production si nécessaire. Grâce à la commande chinoise, elle n'a pas été directement impactée par la récente crise sanitaire même si certains clients ont parfois quelque peu reporté leurs investissements. Elle est donc plus que jamais fin prête pour réaliser cette croissance qu'elle pressent. Et à cette fin, elle est toujours en quête d'investisseurs, d'industriels soucieux de valoriser leur production de chaleur fatale ou encore de partenaires techniques et commerciaux.