Les grèves en question, celles des 25 et 26 juillet, du 10 août et du 28 septembre, ont provoqué de nombreuses annulations et retards, touchant au total environ 40.000 passagers, d'après les estimations de Test Achats. En vertu d'un règlement européen, ces derniers ont droit à une indemnisation, pouvant aller de 250 à 600 euros, en plus du remboursement de leur billet ou d'une nouvelle réservation. Ryanair refuse cependant de la leur payer, arguant que la grève était un cas de "force majeure" et que la règle ne s'applique dès lors pas. Mais il ne peut être question de force majeure quand il y a une grève du personnel, encore moins quand le mouvement a été annoncé bien à l'avance, répond Julie Frère, porte-parole de Test Achats, s'appuyant sur une décision de la Cour de justice de l'Union européenne allant dans ce sens. Après avoir introduit une quarantaine de réclamations individuelles en justice à Charleroi et Zaventem, l'organisation a finalement décidé de lancer une action collective (class action) devant le tribunal francophone de l'entreprise de Bruxelles. Elle agit également de la sorte pour éviter la prescription, qui serait intervenue le 25 juillet, soit un an après le premier jour de grève. Il reste à présent à savoir si la procédure, qui devrait durer au moins un an, est déclarée recevable et, le cas échéant, qui pourra en faire partie. Le juge devra déterminer si tous les passagers concernés sont d'office inclus (opt-out) ou si ceux-ci doivent se manifester individuellement (opt-in). Ensemble, ces personnes ont droit à environ 16 millions d'euros, d'après l'organisation de consommateurs. Les personnes intéressées peuvent s'inscrire sur www.testachats.be/actionryanair. (Belga)