Les tensions entre direction et représentants des travailleurs portent surtout sur l'importante charge de travail et l'organisation de celui-ci, avec en arrière-fond une pénurie structurelle de personnel au sein de l'entreprise publique autonome. Ce manque ne peut être résolu à court terme car la formation des aiguilleurs du ciel dure plusieurs années.

En mars dernier, Skeyes était parvenu à un accord avec le syndicat socialiste ACOD, pendant flamand de la CGSP. Cela n'a toutefois pas suffi à apaiser les tensions. Le syndicat chrétien flamand ACV Transcom, le plus important au sein de l'entreprise, estimait en effet que ce qui était sur la table était insuffisant. Un point de vue qu'ont rejoint les libéraux du VSOA, équivalent du SLFP au nord du pays et plus petit syndicat représenté au sein de l'ex-Belgocontrol.

Fin mars, deux médiateurs sociaux avaient ensuite été désignés. Depuis lors, il n'y a plus eu de grèves à proprement parler chez Skeyes. Mais les contrôleurs aériens de réserve n'acceptent plus de remplacer volontairement leurs collègues malades, ce qui peut amener à des trous dans l'effectif et dès lors à des fermetures partielles et/ou provisoires de l'espace aérien belge, surtout la nuit.

Les médiateurs désignés n'ont en outre pas pu forcer une sortie positive du conflit. La procédure de médiation s'est d'ailleurs terminée il y a une semaine. Selon la direction, cela est dû à l'attitude de l'ACV-Transcom, alors que cette dernière dénonce ne pas avoir eu le temps de consulter sa base à propos de certaines propositions.

Tout espoir n'est cependant pas perdu. Lorsque la médiation a été suspendue la semaine dernière, Kurt Callaerts, représentant du syndicat chrétien, avait indiqué que l'on n'était plus très loin d'un accord. La direction répète, pour sa part, sa volonté d'aboutir rapidement à une sortie de crise.

Pour ce faire, elle a déposé plusieurs propositions, comme "une diminution du temps de travail de 35 à 32 heures par semaine pour CANAC (le centre de contrôle du trafic aérien à Steenokkerzeel, NDLR) et la tour de Bruxelles-National et à 30 heures pour l'aéroport de Liège, avec des mesures d'accompagnement et des primes". L'ensemble des propositions représente un coût de 7,5 millions d'euros ou 25.000 euros par an et par contrôleur aérien concerné.

La réunion de la commission paritaire de ce vendredi permettra peut-être d'enfin sortir de l'impasse. Six représentants de l'entreprise s'assoiront autour de la table aux côtés de six syndicalistes (trois de l'ACV, deux de l'ACOD et un du VSOA). Huit voix positives suffiront pour éventuellement parler d'un accord. Reste à voir comment il sera accueilli par les travailleurs si le syndicat chrétien ne s'y joint pas.