Voici une lettre ouverte que les CEO n'aiment pas trop recevoir. Le 27 février dernier, John Porter, le patron de Telenet, et Bert De Graeve, le président du conseil d'administration, ont trouvé dans leur boîte une missive d'un fonds activiste les invitant à sortir 970 milliards d'euros de dividende exceptionnel avant la prochaine assemblée générale d'avril.
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Voici une lettre ouverte que les CEO n'aiment pas trop recevoir. Le 27 février dernier, John Porter, le patron de Telenet, et Bert De Graeve, le président du conseil d'administration, ont trouvé dans leur boîte une missive d'un fonds activiste les invitant à sortir 970 milliards d'euros de dividende exceptionnel avant la prochaine assemblée générale d'avril. La demande émane de CIAM, une société basée à Londres et à Paris qui gère plusieurs fonds et annonce posséder 1,26 % des titres de Telenet. Le CIAM, dirigé par deux Françaises, Anne-Sophie d'Andlau et Catherine Berjal, se présente comme un " actionnaire actif " qui investit dans les entreprises " sous- évaluées " et " de haute qualité " dans lesquelles il détecte des soucis de gouvernance. Il vise la négociation avec le management et verse 25 % de ses performance fees à des oeuvres pour l'amélioration de la santé des enfants. La lettre est une critique frontale de la gestion des actionnaires de Telenet. " Au 27 février, les actionnaires de Telenet ont perdu 1,05 milliard d'euros en valeur depuis décembre 2018. " CIAM estime que le cours de Telenet s'est moins bien porté que celui de ses concurrents et que le rachat d'actions annoncé est insuffisant (55 millions d'euros en 2020). Le fonds vise surtout l'actionnaire de contrôle, l'américain Liberty Global (57,86 % des parts) qui " se satisfait du statu quo de l'action et utilise son influence sur les entités dirigeantes pour éviter de prendre les décisions nécessaires pour renverser la trajectoire du prix de l'action ". Catherine Berjal, CEO de CIAM, a déclaré au Financial Times que " si Liberty veut un jour racheter les minoritaires, ce que nous pensons qu'elle fera, il n'est simplement pas dans son intérêt de voir le cours de l'action remonter ". La lettre de CIAM montre que les actionnaires du cousin néerlandais de Telenet, VodafoneZiggo, joint-venture entre Liberty Global et Vodafone, sont mieux traités. Les chiffres publiés pour Telenet sur 2019 montrent un chiffre d'affaires stable à 2,58 milliards d'euros, en léger recul (-1,2 %) à périmètre constant, un bénéfice net à 234,6 millions d'euros, en recul de 6%, avec une perspective stable. Les analystes ne sont ni euphoriques ni catastrophistes. KBC Securities a relevé son rating à " hold ", Deutsche Bank Research affiche un " buy ", avec un cours-cible de 61 euros (contre 34,7 euros à l'ouverture le 3 mars). Telenet n'a pas directement répondu aux arguments de CIAM. " Nous apprécions l' input de CIAM comme actionnaire et restons attachés à maintenir un dialogue constructif ", indique un communiqué qui précise qu'une réunion avec CIAM était déjà convenue " avant l'envoi de la lettre ", le 9 mars, à l'occasion d'un roadshow. Un autre fonds activiste, Lucerne Capital, avait lancé une offensive similaire en 2018. Telenet avait fini par accorder un dividende exceptionnel de 600 millions d'euros (5,3 euros brut par titre).