Vous regardez votre série télé favorite et le personnage principal porte un pull que vous rêvez de porter ? Dans un film, vous apercevez une armoire qui ferait merveille dans votre intérieur ? Depuis octobre 2016, la plateforme Spott de la start-up belge Appiness vous permet d'acheter ces produits.
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Vous regardez votre série télé favorite et le personnage principal porte un pull que vous rêvez de porter ? Dans un film, vous apercevez une armoire qui ferait merveille dans votre intérieur ? Depuis octobre 2016, la plateforme Spott de la start-up belge Appiness vous permet d'acheter ces produits. La société basée à Alost a lancé sa nouvelle application logicielle en partenariat avec Medialaan et RTL Group. Au cours de ce mois de novembre, la RTBF en fera également usage. Spott analyse les sons pour déterminer quelle scène de quel programme est regardée par l'utilisateur et il en reconnaît les objets. Par le biais de la plateforme, l'utilisateur peut ensuite acheter ces objets, un vêtement ou un meuble.L'app a d'emblée connu le succès, avec déjà plus de 170.000 téléchargements. Elle a déjà remporté de nombreux prix. L'an dernier, Appiness a été élue Start-up de l'Année par le magazine DataNews et elle a accédé au programme Microsoft Accelerator, où deux prix à l'innovation lui ont été décernés. La jeune entreprise vient également tout juste de gagner le prix Rising Star pour les start-up innovantes de la société de consultance Deloitte.À présent que l'entreprise débutante a démontré que son idée plaît au marché, elle se prépare à croître à l'international. Le marché publicitaire belge n'est pas suffisamment grand pour devenir une société rentable. C'est pourquoi Appiness, créée en 2013, cible surtout deux grands marchés : le Brésil et les États-Unis."Ce sont aussi les deux principaux marchés pour le placement de produit", souligne le co-CEO et cofondateur Jonas De Cooman. "Au Brésil, 10 à 13% des programmes télévisés sont financés par le placement de produit, aux États-Unis on parle de 15 à 20%. Chez nous, il ne s'agit que de 2 à 5%."Appiness reprend Spylight, une société américaine qui a des contrats avec de grands studios de cinéma comme Paramount Pictures, Universal et Fox. "Spott goes to Hollywood", déclare Jonas De Cooman. Désormais, Spott peut aussi rendre les films et les séries de ces sociétés interactifs. "Nous intégrons Spylight à Appiness dans la nouvelle entité commerciale Spott, avec un nouveau logo."Le siège central reste en Belgique. Aux États-Unis, le bureau principal reste à Los Angeles avec une succursale à New York. La société américaine a été réduite à deux personnes. Ce qui porte le nombre de collaborateurs d'Appiness à une quarantaine. "28 à Alost, 2 aux États-Unis et un au Brésil. Notre partenaire FSB a également 7 personnes dans la joint-venture. Au Portugal, il y a 3 personnes." De nouveaux emplois vacants s'ouvrent, aussi en Belgique. Tout comme de nombreux CEO de start-up dans notre pays, De Cooman estime que trouver de nouveaux collaborateurs est le plus grand frein à la croissance."FSB, la plus grande agence publicitaire du Brésil, dispose d'un véhicule d'investissement, FSB Labs. Avec FSB Labs, nous avons créé la joint-venture Spott Brazil, dans laquelle nous avons une participation de 51%", explique Jonas De Cooman. "Via cette joint-venture, FSB a l'exclusivité pour le Brésil." Par cette connexion brésilienne, l'éditeur portugais Grupo Impresa se voit également intéressé.C'est la raison pour laquelle Appiness n'ouvre pas seulement un bureau à Sao Paulo, mais aussi à Lisbonne, pour les premières campagnes du début de l'an prochain. Grupo Impresa a un partenariat avec Inditex, la société espagnole qui chapeaute les marques de vêtements Zara et Massimo Dutti. "Les personnages principaux d'un soap populaire de Grupo Impresa sont habillés par Inditex. Pendant ou après la série, vous pouvez rechercher la robe portée par votre personnage préféré et l'acheter."Le montant de reprise pour l'acquisition américaine n'est pas connu mais Appiness avait déjà levé suffisamment d'argent. La société de Alost a d'abord levé 3,1 millions d'euros en tranches auprès d'investisseurs et par le biais de subsides de Vlaio (l'agence flamande à l'innovation et à l'entrepreneuriat). La deuxième levée de capitaux a généré 1,5 million d'euros en 2016 par le biais de prêts subordonnés. Jonas de Cooman et le cofondateur Michel De Wachter se préparent à présent à une nouvelle levée de fonds endéans l'année."En 2016, nous avions un chiffre d'affaires de 70.000 euros, en 2017 ce sera 1,7 million et en 2018, nous voulons atteindre 3 millions", affirme Jonas De Cooman. "Nous voulons continuer à croître de manière assez agressive pour continuer à devancer la concurrence. Notre principal concurrent est The Take, une société new-yorkaise, mais l'on voit aujourd'hui pas mal de nouvelles petites sociétés démarrer dans ce créneau. Grâce à notre technologie, que nous avons développée en partenariat avec l'Université de Gand, nous avons deux années d'avance sur elles. Nous développons également constamment de nouvelles fonctionnalités."Jonas De Cooman compare volontiers la manière dont le monde publicitaire est en train de changer au bouleversement du marché du retail, le commerce de détail. Dans les supermarchés, tout tournait autour du linéaire, l'espace dans les rayonnages. Les supermarchés pouvaient faire jouer la concurrence entre les fournisseurs pour les meilleurs emplacements dans les rayonnages. "Cet espace dans les rayonnages est limité, vous devez donc faire des choix dans les produits que vous proposez. Dans le commerce de détail, la rupture est venue d'acteurs comme Amazon qui ont attaqué le segment du retail par l'angle du long tail. Cela signifie qu'ils ont pu non seulement proposer les livres les plus populaires, mais aussi un nombre illimité de livres de niche. Amazon a pu le faire car la limitation physique du linéaire ne s'applique pas."La terminologie 'long tail' (longue queue) est utilisée pour expliquer la différence entre les business model des sociétés internet comme Amazon et des sociétés traditionnelles. Les sociétés internet, qui vendent peu d'exemplaires d'un nombre gigantesque de produits de niche, peuvent générer davantage de chiffre d'affaires que les entreprises qui vendent un nombre gigantesque d'exemplaires d'un petit nombre de best-sellers.Ce que l'espace de rayonnage est pour les supermarchés, les écrans publicitaires le sont pour la radio ou la télévision ou l'espace à l'écran pour l'écran de l'ordinateur ou le smartphone. Cet espace est limité, tout comme le linéaire d'un supermarché, et les sociétés se concurrencent pour obtenir les meilleures places, pendant un programme populaire en prime time par exemple.Tout comme la société d'e-commerce américaine Amazon a radicalement déstabilisé le business model des supermarchés traditionnels, les sociétés internet américaines comme Facebook ou Google le font dans le marché publicitaire. "Grâce à une approche long tail, ces sociétés captent énormément de valeur du marché. Elles sont les Amazon de la publicité", selon Jonas De Cooman."Si des petites sociétés désirent augmenter la notoriété de leur marque, elles ne peuvent pas utiliser la télévision car les diffuseurs ne concluent pas de contrats en dessous d'un certain montant, bien trop élevé pour elles. Sur Facebook, Google ou Snapchat, elles peuvent par contre travailler leur notoriété pour de petits montants comme 250 euros." Selon De Cooman, l'interactivité des programmes télévisuels contribue à ce que les budgets publicitaires de ces annonceurs se déplacent moins rapidement vers les plateformes des médias sociaux des sociétés technologiques américaines