1. Pourquoi une scission de Solvay créerait-elle de la valeur ?

Stratégiquement, ces dernières années, Solvay s'est développé dans les spécialités. Elles représentent désormais les deux tiers du portefeuille d'activités. Pourtant, le titre n'a pas profité d'une revalorisation en Bourse. Les investisseurs traitent Solvay comme un conglomérat. Pour y remédier, le groupe pourrait filialiser son pôle Performance Chemicals qui englobe notamment les activités dans le carbonate de sodium ( l'activité historique de Solvay, Ndlr) ou les peroxydes (eau oxygénée, etc.). Il se scinderait ainsi en deux sociétés plus spécialisées comme l'ont fait d'autres groupes chimiques ces 10 dernières années. Récemment, Bayer a ainsi filialisé Covestro. Les anciennes activités de spécialités d'Akzo Nobel sont désormais connues sous le nom de Nouryon. Le géant américain DowDupont s'est scindé en trois. Chaque entité dispose ainsi d'une plus grande flexibilité, notamment en matière de fusions et d'acquisitions. Une étude du Boston Consulting Group couvrant la période 2012-2016 montre d'ailleurs que les sociétés chimiques plus spécialisées ont généré davantage de valeur pour leurs investisseurs que les grands groupes diversifiés.

2. La décision de Solvay de poursuivre en tant que groupe diversifié ne vous surprend pourtant pas...

Solvay n'a vraisemblablement jamais décidé de séparer de façon plus nette ses activités en raison de ses grands actionnaires familiaux. Ils apprécient la diversification des activités étant donné que Solvay représente souvent une importante partie de leur fortune. Il serait pourtant possible de concilier les intérêts des actionnaires familiaux et des autres investisseurs en procédant à une spin-off avec droit de préférence. Les actionnaires familiaux qui veulent conserver un portefeuille diversifié pourraient ainsi conserver leurs titres dans les deux sociétés distinctes.

3. Finalement, que pensez-vous des chiffres trimestriels et du plan stratégique présentés par Solvay ?

Les résultats du troisième trimestre sont relativement solides, avec un excédent brut d'exploitation stable à 601 millions, compte tenu des vents contraires qu'affronte le groupe. Stratégiquement, l'accent mis sur les liquidités, le rendement et la croissance est conforme à nos attentes. La croissance " mid single digit " ( entre 4% et 6% par an, Ndlr) de l'excédent brut d'exploitation visée pour la période 2020-2024 est légèrement supérieure au consensus. L'objectif de rentabilité des capitaux investis (11% en 2024 contre environ 8% en 2019) est ambitieux, mais réaliste à notre avis.