"Mon engagement est total ! s'exclame Morgann Dawance. Même les boutons des vêtements sont recyclés au départ de noix de coco. Les étiquettes, pareil, c'est du 100 % recyclé. Le déclic est venu il y a quelques années. Je voulais, pendant mes études, lancer un projet entrepreneurial. J'imaginais imprimer des dessins d'artistes bruxellois sur des vêtements et reverser les fonds à des associations de défense de l'environnement. En me penchant sur ce projet, j'ai découvert l'incohérence par rapport à mon engagement avec l'impact qu'a l'industrie fashion sur la dégradation de notre planète, la deuxième industrie la plus polluante. C'est à ce moment que m'est donc venue l'idée de créer Shak&Kai. "
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"Mon engagement est total ! s'exclame Morgann Dawance. Même les boutons des vêtements sont recyclés au départ de noix de coco. Les étiquettes, pareil, c'est du 100 % recyclé. Le déclic est venu il y a quelques années. Je voulais, pendant mes études, lancer un projet entrepreneurial. J'imaginais imprimer des dessins d'artistes bruxellois sur des vêtements et reverser les fonds à des associations de défense de l'environnement. En me penchant sur ce projet, j'ai découvert l'incohérence par rapport à mon engagement avec l'impact qu'a l'industrie fashion sur la dégradation de notre planète, la deuxième industrie la plus polluante. C'est à ce moment que m'est donc venue l'idée de créer Shak&Kai. " Depuis, au fil des vagues, celle-ci a fait son chemin. Aujourd'hui, grâce à la collaboration d'une jeune styliste liégeoise, la gamme Shak&Kai présente déjà quatre modèles : deux t-shirts avec manches longues ou courtes pour les hommes, un top et une robe pour les femmes. Une production inspirée de l'esprit surfeur ! " Le logo de la marque est le signe que se font les surfeuses et surfeurs avec la main. A Hawaï, on se fait des shaka à tous les coins de rue. Et kai veut dire océan en hawaïen. " Le surf est donc la passion de Morgann Dawance. Du haut de ses 23 ans, son envie n'est pas de rester pour autant uniquement cantonné à cette communauté. " L'idée est de proposer une gamme de vêtements que l'on peut porter tous les jours dans un esprit décontracté, fun et écoresponsable. C'est aussi l'esprit de l'aventure. Je m'inscris pleinement dans le mouvement de la slow fashion. Aujourd'hui, des tonnes et des tonnes de vêtements terminent rapidement en déchets. C'est fini, le temps où vous pouviez garder vos vêtements de nombreuses années. " La solution, donc : le recyclage. " J'ai appris qu'on pouvait produire du fil au départ d'algues, de marc de café ou encore de champignons. La production de coton bio n'est pas la solution à mes yeux. Au final, j'ai donc choisi la filière du recyclage. " Avec des premiers prix qui varient entre 39 et 58 euros la pièce, cette marque se positionne surtout par rapport à la qualité de la matière. " Nous sommes sur un grammage supérieur qui garantit donc une longévité du vêtement. Qualitatif, donc, mais abordable pour la cible jeunesse. " Direction l'Espagne et la famille Ferre pour la récupération des matériaux. Cette usine au nord d'Alicante est pionnière dans la transformation en nouveaux fils de déchets de coton et de polyester issus des bouteilles en plastique. " Du coup, ce recyclage permet un gain évident en consommation d'eau et en émissions de gaz à effet de serre. Il évite également l'usage de produits chimiques. C'est le contre-pied de l'industrie textile traditionnelle. " Et pour le tissage et l'assemblage des pièces, ce jeune entrepreneur bruxellois a choisi le Portugal. " J'ai comparé plusieurs pays, dont la Belgique. Il y avait aussi la France et l'Italie comme options. Au final, mon choix s'est porté sur l'entreprise portugaise Siena au nord-est de Porto. Je suis tombé un peu sous le charme de cette usine. Je suis très attentif évidemment aux conditions de fabrication de tous ces vêtements qu'on porte. " La cohérence est à tous les étages pour ce projet qui, pour l'heure, se prépare à un financement participatif en mai prochain via la plateforme de crowdfunding Ulule. " Ce financement va permettre la production de 1.500 pièces. L'objectif est de se lancer ensuite via l'e-commerce et une série de revendeurs, des surf shops et des points de vente écoresponsables. " Et s'il fallait rêver ? " Marcher sur les traces de Patagonia ! J'ai une grande admiration pour cette marque américaine et son engagement pour la planète. " Par Fabrice Lambert.