SFR a mis sur la table il y a dix jours une offre pour "un peu plus de 10 milliards d'euros", qui devrait être examinée mardi lors d'un conseil d'administration du groupe Bouygues, affirme le Journal du dimanche (JDD) qui s'appuie sur "plusieurs sources" non identifiées.

En cas de succès, un tel rachat propulserait SFR au premier rang de la téléphonie mobile en France, avec la moitié du marché, et à la deuxième place pour l'accès à internet derrière l'opérateur historique Orange.

Les révélations du JDD ont suscité une réaction rapide et glaciale du gouvernement socialiste français, qui a marqué son opposition à "une consolidation" du marché hexagonal des télécoms.

"Je dis et répète que la consolidation n'est pas aujourd'hui souhaitable pour le secteur", a martelé le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

D'après le journal, SFR reprendrait la totalité des 11 millions de clients en téléphonie mobile de Bouygues Telecom mais laisserait à son rival Free, quatrième acteur du marché français, "une partie des fréquences, des antennes et des boutiques" de sa proie, afin "d'éviter des problèmes de concurrence".

Numericable, propriété de Patrick Drahi, avait réussi à s'emparer de SFR en mars 2014 à l'issue d'une bataille homérique contre Bouygues, en mettant sur la table 13,36 milliards d'euros pour racheter l'opérateur à son ancien propriétaire Vivendi.