Réuni au siège social de Renault à Boulogne-Billancourt, le conseil d'administration a désigné le tandem Jean-Dominique Senard (à la présidence)-Thierry Bolloré (à la direction générale) pour remplacer Carlos Ghosn. Le conseil a également insisté sur la priorité pour le nouveau président de piloter l'alliance avec Nissan et Mitsubishi, mise à rude épreuve par la détention de Carlos Ghosn.
...

Réuni au siège social de Renault à Boulogne-Billancourt, le conseil d'administration a désigné le tandem Jean-Dominique Senard (à la présidence)-Thierry Bolloré (à la direction générale) pour remplacer Carlos Ghosn. Le conseil a également insisté sur la priorité pour le nouveau président de piloter l'alliance avec Nissan et Mitsubishi, mise à rude épreuve par la détention de Carlos Ghosn. " Il est important aujourd'hui de retrouver une forme de sérénité après les événements particulièrement extraordinaires que nous venons de vivre ", a déclaré Jean-Dominique Senard à la sortie du conseil, Thierry Bolloré se tenant à ses côtés. Le nom de Carlos Ghosn, qui avait démissionné quelques heures plus tôt, n'a pas été prononcé. Jean-Dominique Senard a expliqué avoir deux priorités : proposer rapidement une gouvernance du groupe Renault et s'engager dans les discussions avec Nissan et Mitsubishi. Comme attendu, Thierry Bolloré, le dauphin désigné, a quant à lui été nommé directeur général. L'ancien numéro deux de Carlos Ghosn sera chargé de gérer les opérations du groupe et de répondre aux défis du secteur. Jean-Dominique Senard, qui jouit d'une image de patron social, a les faveurs du gouvernement français alors que l'Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Parallèlement à ses nouvelles fonctions, il conservera la présidence de Michelin jusqu'en mai, moment où il avait prévu de longue date de passer la main. Nissan a " salué " dans un communiqué la nomination du tandem Senard-Bolloré aux commandes de Renault. " Nous sommes ravis de pouvoir ouvrir un nouveau chapitre dans notre partenariat historique ", a déclaré le directeur général Hiroto Saikawa, ajoutant qu'il souhaitait " accélérer " les activités de l'alliance qui ont profité aux deux compagnies au cours des 20 dernières années. Détrôné après 14 de règne, le magnat de 64 ans est incarcéré au Japon depuis le 19 novembre, sous le coup de trois inculpations pour abus de confiance et autres malversations financières. Sa détention provisoire devrait se prolonger jusqu'au 10 mars au moins. Ses demandes de libération sous caution ont été jusqu'ici à chaque fois rejetées. Le tribunal justifie sa détention par un risque de dissimulation ou destruction de preuves et de fuite. Le procès de Carlos Ghosn, qui risque jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois, déclare son avocat. De son côté, le conseil d'administration de Renault doit à présent se pencher sur les indemnités auxquelles l'ex-PDG peut désormais prétendre via son contrat (salaire fixe de 2018, salaire variable, droit à la retraite, clause de non concurrence, etc.). Théoriquement, il pourrait quitter Renault avec un pactole de 25 millions d'euros. Théoriquement...J.S.