Quel rôle joue l'alliance pour Renault, Nissan et Mitsubishi?

Renault-Nissan-Mitsubishi a conservé l'an dernier le titre de premier ensemble automobile mondial, avec 10,76 millions de véhicules vendus, devant Volkswagen et Toyota.

Contrairement à ses deux rivaux, le trio franco-japonais n'est pas un groupe intégré mais un partenariat qui repose sur des participations croisées. Renault détient 43% de Nissan, qui lui-même détient 15% de Renault et 34% de Mitsubishi.

L'alliance, initiée au début des années 2000 entre Renault et Nissan, a déjà mis sur pied des achats en commun, une mutualisation de la recherche-développement dans certains domaines, et des partages de moteurs ou de plateformes pour réduire les coûts des partenaires qui restent des entreprises indépendantes. Ces synergies ont été chiffrées à 5,7 milliards d'euros pour 2017.

L'enjeu des prochaines années est d'associer industriellement Mitsubishi, qui a rejoint le partenariat en 2016, et de pousser les synergies à 10 milliards d'euros d'ici à 2022.

Comment fonctionne l'alliance?

L'alliance repose sur un accord cadre, appelé "Restated Alliance Master Agreement (Rama)", qui définit les relations entre les partenaires. Elle est incarnée par une entité juridique, la société néerlandaise Renault-Nissan BV (RNBV), basée à Amsterdam, créée en 2002 et détenue à parité par Renault et Nissan.

Le Rama nomme clairement le directeur général de Renault comme le président de RNBV. Ce dernier dispose d'une voix prépondérante au sein d'un directoire composé de 5 membres de Renault et 5 de Nissan. Le vice-président est nommé par Nissan. Il s'agit actuellement du directeur général du constructeur japonais, Hiroto Saikawa.

Par ailleurs, le Rama prévoit que Renault puisse nommer au maximum quatre membres du conseil d'administration de Nissan, sur un total de neuf, un niveau insuffisant pour en avoir le contrôle et imposer des choix. Renault a aussi le droit à un poste d'exécutif chez Nissan qui soit au moins de niveau Directeur des opérations. Ce sera un des enjeux de l'AG des actionnaires de Nissan prévue mi-avril.

Que change le départ de Carlos Ghosn?

Architecte du redressement de Nissan qu'il a sauvé de la faillite, Carlos Ghosn disposait d'une légitimité incontestable tant en France qu'au Japon. Il avait placé ses hommes à des postes stratégiques et cumulait les casquettes de PDG de Renault, président de RNBV, président du conseil d'administration de Nissan et président du conseil d'administration de Mitsubishi. Clé de voûte de l'ensemble, il était en mesure d'en impulser toutes les décisions majeures.

Son incarcération et sa mise hors-jeu créent un rééquilibrage de fait des pouvoirs entre Renault et ses partenaires japonais, d'autant que la fonction de PDG de Renault est désormais scindée en deux, entre Thierry Bolloré, nommé la semaine dernière directeur général, et Jean-Dominique Senard, nouveau président du conseil d'administration.

Comment se poursuit le travail?

L'affaire Ghosn a provoqué un traumatisme et des tensions entre Renault et Nissan, mais chacun des partenaires a réaffirmé son attachement à une alliance unanimement jugée cruciale pour leur avenir.

Jeudi et vendredi, Thierry Bolloré sera présent à Amsterdam pour présider le directoire de RNBV au côté de son homologue chez Nissan, Hiroto Saikawa. Des décisions opérationnelles sont prévues. En outre, Jean-Dominique Senard devrait être présent pour une première prise de contact avec les Japonais.

Aucune communication n'est prévue, comme c'est toujours le cas pour ces réunions régulières, organisées environ une fois par mois.

Quel partage des rôles entre M. Bolloré et M. Senard?

L'avenir de l'alliance sera de la responsabilité de M. Senard, interlocuteur des Japonais pour les grandes questions de gouvernance.

L'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et 22% des droits de vote, a fixé un cap. Pour l'instant, le Rama s'applique, mais le rôle de Jean-Dominique Senard "sera de s'assurer du renforcement de l'alliance entre Renault et Nissan", a récemment déclaré le ministre français des Finances, Bruno Le Maire. "Le directeur général de Renault a, lui, vocation à s'occuper du bon fonctionnement de Renault au jour le jour."

M. Le Maire a dit souhaiter que M. Senard "puisse siéger au conseil d'administration de Nissan". En cas de modification du Rama, il n'est pas exclu à terme qu'il puisse présider l'alliance.

Les Japonais excluent pour leur part toute fusion avec Renault et veillent à leur indépendance.

Quel rôle joue l'alliance pour Renault, Nissan et Mitsubishi?Renault-Nissan-Mitsubishi a conservé l'an dernier le titre de premier ensemble automobile mondial, avec 10,76 millions de véhicules vendus, devant Volkswagen et Toyota.Contrairement à ses deux rivaux, le trio franco-japonais n'est pas un groupe intégré mais un partenariat qui repose sur des participations croisées. Renault détient 43% de Nissan, qui lui-même détient 15% de Renault et 34% de Mitsubishi.L'alliance, initiée au début des années 2000 entre Renault et Nissan, a déjà mis sur pied des achats en commun, une mutualisation de la recherche-développement dans certains domaines, et des partages de moteurs ou de plateformes pour réduire les coûts des partenaires qui restent des entreprises indépendantes. Ces synergies ont été chiffrées à 5,7 milliards d'euros pour 2017.L'enjeu des prochaines années est d'associer industriellement Mitsubishi, qui a rejoint le partenariat en 2016, et de pousser les synergies à 10 milliards d'euros d'ici à 2022.Comment fonctionne l'alliance?L'alliance repose sur un accord cadre, appelé "Restated Alliance Master Agreement (Rama)", qui définit les relations entre les partenaires. Elle est incarnée par une entité juridique, la société néerlandaise Renault-Nissan BV (RNBV), basée à Amsterdam, créée en 2002 et détenue à parité par Renault et Nissan.Le Rama nomme clairement le directeur général de Renault comme le président de RNBV. Ce dernier dispose d'une voix prépondérante au sein d'un directoire composé de 5 membres de Renault et 5 de Nissan. Le vice-président est nommé par Nissan. Il s'agit actuellement du directeur général du constructeur japonais, Hiroto Saikawa.Par ailleurs, le Rama prévoit que Renault puisse nommer au maximum quatre membres du conseil d'administration de Nissan, sur un total de neuf, un niveau insuffisant pour en avoir le contrôle et imposer des choix. Renault a aussi le droit à un poste d'exécutif chez Nissan qui soit au moins de niveau Directeur des opérations. Ce sera un des enjeux de l'AG des actionnaires de Nissan prévue mi-avril.Que change le départ de Carlos Ghosn?Architecte du redressement de Nissan qu'il a sauvé de la faillite, Carlos Ghosn disposait d'une légitimité incontestable tant en France qu'au Japon. Il avait placé ses hommes à des postes stratégiques et cumulait les casquettes de PDG de Renault, président de RNBV, président du conseil d'administration de Nissan et président du conseil d'administration de Mitsubishi. Clé de voûte de l'ensemble, il était en mesure d'en impulser toutes les décisions majeures.Son incarcération et sa mise hors-jeu créent un rééquilibrage de fait des pouvoirs entre Renault et ses partenaires japonais, d'autant que la fonction de PDG de Renault est désormais scindée en deux, entre Thierry Bolloré, nommé la semaine dernière directeur général, et Jean-Dominique Senard, nouveau président du conseil d'administration.Comment se poursuit le travail?L'affaire Ghosn a provoqué un traumatisme et des tensions entre Renault et Nissan, mais chacun des partenaires a réaffirmé son attachement à une alliance unanimement jugée cruciale pour leur avenir.Jeudi et vendredi, Thierry Bolloré sera présent à Amsterdam pour présider le directoire de RNBV au côté de son homologue chez Nissan, Hiroto Saikawa. Des décisions opérationnelles sont prévues. En outre, Jean-Dominique Senard devrait être présent pour une première prise de contact avec les Japonais.Aucune communication n'est prévue, comme c'est toujours le cas pour ces réunions régulières, organisées environ une fois par mois.Quel partage des rôles entre M. Bolloré et M. Senard?L'avenir de l'alliance sera de la responsabilité de M. Senard, interlocuteur des Japonais pour les grandes questions de gouvernance.L'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et 22% des droits de vote, a fixé un cap. Pour l'instant, le Rama s'applique, mais le rôle de Jean-Dominique Senard "sera de s'assurer du renforcement de l'alliance entre Renault et Nissan", a récemment déclaré le ministre français des Finances, Bruno Le Maire. "Le directeur général de Renault a, lui, vocation à s'occuper du bon fonctionnement de Renault au jour le jour."M. Le Maire a dit souhaiter que M. Senard "puisse siéger au conseil d'administration de Nissan". En cas de modification du Rama, il n'est pas exclu à terme qu'il puisse présider l'alliance.Les Japonais excluent pour leur part toute fusion avec Renault et veillent à leur indépendance.