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Le 8 novembre dernier, des enquêteurs sud-coréens ont débarqué au quartier général de Samsung Electronics à Séoul pour une perquisition. Ils cherchaient à vérifier si la firme avait versé des sommes indues à une confidente de l'ombre de la présidente coréenne contestée Park Geun-hye. L'affaire a aussi touché les autres chaebols, ces puissants conglomérats si typiques de l'économie nationale et aux mains de grandes familles via un entrelacs de participations croisées entre de multiples filiales. Pour le géant électronique, ce déboire s'ajoute à une série d'autres et 2016 a viré à une année noire. En effet, le fiasco industriel du Galaxy Note 7 est encore dans les mémoires. Lancé sur les marchés à la mi-août, ce super-smartphone devait devenir le nouveau fer de lance de la marque. Les commerciaux maison étaient fiers d'avoir pris de vitesse " l'ennemi ", Apple, qui peaufinait alors la sortie de son iPhone 7. Mais dans leur hâte, ils avaient insuffisamment testé les batteries. Or, celles-ci ont vite eu une vilaine tendance à chauffer et à prendre feu. Catastrophique. Après quelques tergiversations, Samsung a été forcé à une mesure extrême : arrêter la commercialisation et la production de cet appareil maudit. De quoi rater les ventes de fin d'année et gaspiller une décennie d'efforts pour sortir des produits toujours mieux finis. Pour son prochain smartphone haut de gamme, le S8 prévu pour mars prochain, aucun droit à l'erreur. Autre souci : faire oublier ces lave-linges vendus aux Etats-Unis dont les tambours tournent tellement vite qu'ils brisent leurs couvercles et disloquent leurs châssis ! Voici quelques semaines, l'agence américaine de protection des consommateurs, la CPSC, a poussé le constructeur à procéder au rappel de 2,8 millions de machines. Alors, essoré Samsung ? Probablement pas. La division Electronics, qui est la plus brillante de tout l'empire (161 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur un total de 243 milliards au taux de change actuel), s'attend certes à connaître trois trimestres plombés. Cependant, elle restera largement dans le vert grâce aux multiples activités, dont les semi-conducteurs. En 2015, ceux-ci ont d'ailleurs constitué la première source de profits opérationnels, devant les téléphones mobiles. Et puis, malgré des défauts tel un manque de transparence ou une succession toujours en cours entre un patriarche hospitalisé (Lee Kun-hee) et son fils héritier présomptif (Lee Jae-yong), le premier chaebol du pays garde la lucidité d'investir dans des secteurs d'avenir. Exemple : le rachat tout récent par Samsung Electronics du spécialiste américain des systèmes internet pour automobiles, Harman. Huit milliards de dollars payés rubis sur l'ongle pour profiter du boom annoncé de la voiture connectée. Et compenser un marché des smartphones qui devient mature.