"Je ne veux pas prendre le risque d'une amende de 6.000 euros" a avancé Michael O'Leary, CEO de Ryanair, "c'est presque plus que le chiffre d'affaires du vol". Le bouillant patron irlandais, de passage à Bruxelles, craint que l'arrêté antibruit de la Région de Bruxelles capitale ne mettent en péril ses vols entre 6h et 7h du matin. Il n'est pas certain que ses avions, des Boeing 737 récents, ne seront pas verbalisés par les sonomètres de la capitale. Dans le doute, il préfère éviter les départs tôt, et s'interroge sur le développement futur de sa compagnie à Zaventem. La compagnie a basé cinq Boeing 737 à Zaventem.
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"Je ne veux pas prendre le risque d'une amende de 6.000 euros" a avancé Michael O'Leary, CEO de Ryanair, "c'est presque plus que le chiffre d'affaires du vol". Le bouillant patron irlandais, de passage à Bruxelles, craint que l'arrêté antibruit de la Région de Bruxelles capitale ne mettent en péril ses vols entre 6h et 7h du matin. Il n'est pas certain que ses avions, des Boeing 737 récents, ne seront pas verbalisés par les sonomètres de la capitale. Dans le doute, il préfère éviter les départs tôt, et s'interroge sur le développement futur de sa compagnie à Zaventem. La compagnie a basé cinq Boeing 737 à Zaventem.Gros souci pour les vols entre 6h00 et 7h00C'est un épisode de plus dans le feuilleton qui oppose l'aéroport à la Région de Bruxelles-Capitale. Cette dernière a sorti un arrêté antibruit en 1999, appliqué depuis 2000, assorti d'une tolérance qui prend fin la dernière semaine de février. Plusieurs compagnies cargo ont signifié à l'aéroport leur intention de déménager à l'étranger. L'arrêté pourrait aussi toucher les compagnies d'avions passagers car le plafond de bruit autorisé est plus bas la nuit que le jour. Or pour la capitale, la nuit s'arrête à 6h59. Beaucoup de compagnies aiment partir dès 6h pour pouvoir mieux rentabiliser leurs avions, comme Tui Fly ou Thomas Cook.Réduction de l'offre pour l'hiver 2017-2018La capitale a supprimé la tolérance car tous les recours pris contre l'arrêté ont échoué. Elle estime son arrêté validé. Pour les compagnies cela crée une situation délicate : elles ne sont pas sûres que leurs avions respecteront l'arrêté antibruit entre 6h et 7h. "Cela dépend des conditions météo, de la charge de l'avion" explique Michael O'Leary. D'où une insécurité amplifiée par le montant des amendes. Michael O'Leary parle de 6000 euros, mais, selon Bruxelles Environnement, elles s'élevent de 625 à 62.500 euros. Or le chiffre d'affaires d'un vol Ryanair se situe aux alentours de 9000 euros. Dès maintenant, la compagnie irlandaise a prudemment modifié l'horaire des avions qui partent le plus tôt, programmés à 6h50. Le temps de rouler sur la piste pour décoller, il est 7h, le plafond de l'arrêté antibruit est alors plus élevé. Durant l'été, où le planning est plus dense, l'horaire sera modifié pour éviter le créneau 6h-7h. L'hiver prochain Ryanair prévoit de réduire le nombre de vols. "C'est dommage car j'avais proposé d'augmenter de 50% le trafic au départ de Zaventem" regrette Michael O'Leary. Ryanair est actif à Zaventem depuis 2014 et annonce 2,6 millions de passagers par an et 14 routes.La suggestion de Michael O'Leary est de reculer les normes de bruit nocturnes à 6h00. "Cela ne me paraît pas abusif, à partir de cette heure, beaucoup de gens sont debout, lèvent leurs enfants, se préparent à partir travailler". Il n'est pas sûr que les arguments de Michael O'Leary influenceront l'exécutif de la Région de Bruxelles Capitale. La question du bruit des avions est politiquement très sensible, les élus le savent, et l'emploi à l'aéroport provient surtout de Flandre. Les Régions bénéficient d'une compétence environnementale, le fédéral ne peut donc pas bloquer ou infléchir l'arrêté antibruit. Il peut modifier les routes suivies au décollage, qui relèvent du fédéral, et éviter le plus possible Bruxelles, pour éviter les amendes aux compagnies, mais cela crée un autre souci avec les communes de la périphérie.Charleroi, gagnant indirectLe gagnant indirect de l'affaire sera peut-être l'aéroport de Charleroi. Si Ryanair freine son activité à Zaventem, il pourrait encore davantage utiliser l'aéroport wallon, qui est sa principale base en Belgique, avec 6 millions de passagers par an.