"Le projet Can-Guru est né d'une utopie, de l'envie de faire de l'entrepreneuriat autrement, d'une manière qui me ressemble et intègre mes valeurs : le sport, la responsabilité environnementale et la valorisation sociale. "
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"Le projet Can-Guru est né d'une utopie, de l'envie de faire de l'entrepreneuriat autrement, d'une manière qui me ressemble et intègre mes valeurs : le sport, la responsabilité environnementale et la valorisation sociale. " Lionel Van Eldom, 38 ans, a l'entrepreneuriat dans le sang. Actif dans l'entreprise paternelle depuis plus de 20 ans, il a également cofondé sa propre société de piscines naturelles. En parallèle, il a toujours fait du sport, allant jusqu'à participer à un ultra-trail de 360 km dans les Alpes suisses. A cela s'est ajouté, il y a environ cinq ans, le rêve Can-Guru. " Cela faisait des années que je ramassais des déchets lors de mes sorties de course à pied et j'ai fini par me dire qu'il y avait là quelque chose à lancer. " Fin 2015, le premier prototype de sac était créé à l'occasion du concours "1.001 idées pour sauver la biodiversité". Et après de multiples évolutions, la production et la commercialisation de la version définitive du sac, le Can-GuRun, étaient lancées il y a un an. Le concept ? Un sac ventral, destiné aux coureurs, cyclistes et sportifs en général, fabriqué à 100% en Belgique, dans des entreprises de travail adapté, à partir de matériaux recyclés (bâches et affiches publicitaires, chutes de drapeau, ceintures de sécurité, etc.). Chaque modèle est fait main et coûte 65 euros. Il permet le port et l'accès facile à divers accessoires, mais sa particularité est une poche ventrale, détachable et lavable, qui permet de stocker les déchets ramassés lors d'une séance de plogging, un jogging écoresponsable. Par la suite, une version allégée, et encore plus axée plogging, a vu le jour : le Can-GuPlogg (43 euros). " La philosophie du projet a été pensée en circularité, explique Lionel Van Eldom. Les sacs Can-Guru sont faits à base de presque 100% de matériaux recyclés ou upcyclés, des déchets donc. Et ils permettent de ramasser d'autres déchets qui seront à leur tour recyclés. " " Le modèle économique que j'ai choisi n'est pas le plus rentable, mais il n'y a pas que cela qui compte, ajoute l'entrepreneur. Ma société devra générer des bénéfices, mais je refuse que ce soit l'unique moteur. Je rêve d'un futur différent de l'économie linéaire actuelle où l'on produit, consomme et jette. " Lionel Van Eldom a totalement autofinancé son projet. " Je voulais créer une entreprise avec peu de coûts fixes, hormis la communication, le site web et, bien sûr, le design des produits ", explique-t-il. Pas encore d'emplois créés chez Can-Guru donc, mais bien autour. " Dans l'entreprise de travail adapté de Colfontaine, par exemple, il y a désormais trois couturières qui travaillent à plein temps sur le sac. " Des 550 sacs vendus en 2018, Lionel Van Eldom espère passer à 2.000 dans cinq ans, tout en continuant à produire en Belgique. " Pour y parvenir, il va falloir trouver d'autres entreprises et créer entre elles un réseau de spécialisations. " Quant au développement international, c'est plus compliqué car l'exportation ne correspond pas à la philosophie de l'entreprise. C'est pourquoi Can-Guru envisage un système de franchise. " Nous fournirions notre expertise et les sacs seraient produits à l'étranger ", indique le responsable. A plus court terme, l'entreprise malmedienne va lancer en 2019 un troisième sac, le Can-GuWalk, destiné aux marcheurs. " Le label 'Wallonie plus propre', financé par des fonds publics et privés, nous achètera des sacs et les mettra ensuite à disposition des marches Adeps ou des communes qui désirent lancer des actions de nettoyage. " Enfin, Can-Guru étudie avec Decathlon la possibilité de récupérer les matériaux voués à être jetés par l'enseigne de sport (textiles, affiches publicitaires, etc.) pour en faire des sacs qui seraient vendus en magasin. " Et pourquoi pas lui implanter le virus vert ", rêve Lionel Van Eldom.