Les conséquences économiques de la crise sanitaire et les mesures publiques de soutien adoptées pour maintenir l'économie à flot ont fait exploser le déficit public belge. De 1,9% du PIB en 2019, il est passé à 10,1% du PIB l'an dernier. La dette de l'ensemble des pouvoirs publics belges a augmenté dans la foulée pour atteindre 115,1% du PIB, soit 17 points de pourcentage de plus en un an. Une trajectoire qui pourrait s'avérer insoutenable si elle devait par trop se prolonger. "Je ne plaide pas pour un assainissement des finances publiques tant que l'on n'est pas certain que la croissance est vraiment là", déclare d'emblée le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch, reconnaissant qu'il faudra une trajectoire de 10 ans pour résorber entièrement le déficit public. "Mon message est qu'il faut attendre que la reprise soit suffisamment solide. Cela n'aurait aucun sens aujourd'hui d'assainir les finances publiques. Cela n'exclut même pas que des mesures de soutien supplémentaires soient prises, pour autant qu'elles soient temporaires et ciblées", ajoute-t-il. Mais, dit encore le gouverneur de la BNB, une fois la croissance revenue, il sera opportun de se fixer "un objectif intermédiaire" et de ramener le plus vite possible le déficit à 3% du PIB. Un niveau qui permettrait de "stabiliser la dette publique" belge, même si celle-ci augmentera encore dans un premier temps, et qui correspond en outre aux règles budgétaires européennes, actuellement mises entre parenthèses en raison de la pandémie. Si le gouverneur ne s'inquiète pas trop de la dette contractée pendant la crise, car celle-ci est assortie de taux très faibles voire nuls, Pierre Wunsch ne voit pas forcément d'un bon oeil les dépenses primaires de la Belgique augmenter année après année. En 2000, elles atteignaient 42,7% du PIB et, selon les estimations, elles pourraient atteindre près de 59% en 2020. Une hausse inexorable qui n'est pas tenable, met-on en garde. Le gouverneur attire encore l'attention sur le subtil équilibre qu'il faudra trouver lorsqu'il s'agira de mettre fin aux mesures publiques de soutien à l'économie. Un véritable travail d'équilibriste s'annonce entre ce soutien et la soutenabilité des finances publiques. Aligner les milliards d'euros pour aider les secteurs en crise s'apparente en fait "à la partie facile de la gestion de la crise", l'exercice "d'exit" s'annonçant, lui, plus difficile. (Belga)

Les conséquences économiques de la crise sanitaire et les mesures publiques de soutien adoptées pour maintenir l'économie à flot ont fait exploser le déficit public belge. De 1,9% du PIB en 2019, il est passé à 10,1% du PIB l'an dernier. La dette de l'ensemble des pouvoirs publics belges a augmenté dans la foulée pour atteindre 115,1% du PIB, soit 17 points de pourcentage de plus en un an. Une trajectoire qui pourrait s'avérer insoutenable si elle devait par trop se prolonger. "Je ne plaide pas pour un assainissement des finances publiques tant que l'on n'est pas certain que la croissance est vraiment là", déclare d'emblée le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch, reconnaissant qu'il faudra une trajectoire de 10 ans pour résorber entièrement le déficit public. "Mon message est qu'il faut attendre que la reprise soit suffisamment solide. Cela n'aurait aucun sens aujourd'hui d'assainir les finances publiques. Cela n'exclut même pas que des mesures de soutien supplémentaires soient prises, pour autant qu'elles soient temporaires et ciblées", ajoute-t-il. Mais, dit encore le gouverneur de la BNB, une fois la croissance revenue, il sera opportun de se fixer "un objectif intermédiaire" et de ramener le plus vite possible le déficit à 3% du PIB. Un niveau qui permettrait de "stabiliser la dette publique" belge, même si celle-ci augmentera encore dans un premier temps, et qui correspond en outre aux règles budgétaires européennes, actuellement mises entre parenthèses en raison de la pandémie. Si le gouverneur ne s'inquiète pas trop de la dette contractée pendant la crise, car celle-ci est assortie de taux très faibles voire nuls, Pierre Wunsch ne voit pas forcément d'un bon oeil les dépenses primaires de la Belgique augmenter année après année. En 2000, elles atteignaient 42,7% du PIB et, selon les estimations, elles pourraient atteindre près de 59% en 2020. Une hausse inexorable qui n'est pas tenable, met-on en garde. Le gouverneur attire encore l'attention sur le subtil équilibre qu'il faudra trouver lorsqu'il s'agira de mettre fin aux mesures publiques de soutien à l'économie. Un véritable travail d'équilibriste s'annonce entre ce soutien et la soutenabilité des finances publiques. Aligner les milliards d'euros pour aider les secteurs en crise s'apparente en fait "à la partie facile de la gestion de la crise", l'exercice "d'exit" s'annonçant, lui, plus difficile. (Belga)