Le Manager de l'Année est une récompense décernée depuis 1985 par Trends- Tendances. Chaque année, le jury - composé de membres de la rédaction et de spécialistes des milieux économique et financiers - se réunit pour élaborer une liste de 10 finalistes. Les critères ? Etre depuis au moins deux ans dans une fonction dirigeante (administrateur délégué ou CEO) au sein d'une entreprise et faire preuve de compétences managériales remarquables se traduisant tant dans les performances financières de l'entreprise que dans sa renommée, son climat social et ses perspectives de développement.
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Le Manager de l'Année est une récompense décernée depuis 1985 par Trends- Tendances. Chaque année, le jury - composé de membres de la rédaction et de spécialistes des milieux économique et financiers - se réunit pour élaborer une liste de 10 finalistes. Les critères ? Etre depuis au moins deux ans dans une fonction dirigeante (administrateur délégué ou CEO) au sein d'une entreprise et faire preuve de compétences managériales remarquables se traduisant tant dans les performances financières de l'entreprise que dans sa renommée, son climat social et ses perspectives de développement. Avec les portraits de Jean-Jacques Cloquet (BSCA) et Frédéric Taminiaux (Èggo), que vous pourrez lire en pages suivantes, nous entamons la présentation de ces 10 personnalités, à raison de deux par semaine. Qui succédera donc à Jean-Pierre Lutgen (CEO d'Ice-Watch), vainqueur de l'édition 2017, et enrichira un palmarès comptant des personna- lités telles qu'Albert Frère, Jean Stéphenne, François Fornieri, Paul François Vranken et Eric Domb ? Pour élire votre manager favori, rendez-vous du lundi 19 novembre au dimanche 2 décembre inclus sur le site www.managerdelannee.be. Le prix sera remis au lauréat lors d'une soirée de gala qui se tiendra le mercredi 9 janvier 2019 à Brussels Expo. Parcours sans faute pour Jean-Jacques Cloquet, CEO de BSCA, un aéroport qui devrait dépasser (ou frôler) les 8 millions de passagers en 2018. Le manager est désormais en partance pour Pairi Daiza.Rarement un départ aura été autant salué. En annonçant qu'il continuait sa carrière à Pairi Daiza, Jean-Jacques Cloquet, 58 ans, patron de l'aéroport de Charleroi depuis huit ans, a attiré un cortège de compliments et d'articles élogieux. Même Kroll lui a consacré un dessin dans Le Soir. " Un patron wallon super compétent ", fait dire le cartooniste à un panda. Les représentants syndicaux le regrettent publiquement.Il n'y a donc guère de surprise à voir Jean-Jacques Cloquet figurer dans la liste des finalistes à l'élection du Manager de l'Année 2018. Il a aidé l'aéroport à traverser une période pleine d'embûches, avec une croissance quasi continue du nombre de passagers : de 3 millions à son arrivée à 8 millions ou presque cette année. Il rejoindra en janvier Pairi Daiza au poste de co-CEO, pour gérer l'opérationnel et le commercial, ce qui va soulager le fondateur/CEO Eric Domb (Manager de l'Année 2007) qui pourra mieux se consacrer au développement du parc animalier."Tu vas travailler plus"Gérer un aéroport, surtout celui de Charleroi, est une lourde tâche. Elle inclut le handling, c'est-à-dire l'accueil des passagers ( check-in) et le traitement des bagages, habituellement sous-traités par les aéroports. " Ma hantise est qu'un passager rate un vol. J'ai tout fait pour qu'il y ait un bon climat social, il n'y a jamais eu de grève ", explique-t-il. Pour y arriver, Jean-Jacques Cloquet s'implique énormément. " Cela m'est arrivé d'aller aider pour les bagages à 5 h du matin " confie-t-il. Hélas, il n'a pas pu obtenir le même résultat avec les grèves de Ryanair de juillet et septembre, hors de son champs d'action. " Je l'ai dit aux grévistes : ne prenez pas les passagers et l'aéroport en otage. Allez régler le conflit devant les tribunaux ! "Jean-Jacques Cloquet a pu gérer la croissance de BSCA malgré des circonstances difficiles. Depuis 2014, la Commission européenne a imposé une hausse de 12 millions d'euros par an de redevance payée à la Sowaer, la société de la Région wallonne possédant les pistes, les terrains et quasi tous les bâtiments. Sans mettre l'entreprise en perte ou en crise.Pas sûr que les journées seront moins remplies à Pairi Daiza qu'à l'aéroport, où elles débutent à 4h30 matin, devant un ordinateur, pour gérer les e-mails, et se terminent vers 18 h ou 19 h. " A Pairi Daiza, je resterai loger une à deux nuits par semaine. C'est plus loin de chez moi, une heure de route au lieu de 20 minutes ", dit-il. Ses sept enfants, âgés de 13 à 30 ans, et son épouse Sylvie, sont ravis du changement de fonction. " Ils avaient aimé que je travaille à l'aéroport ; l'aviation, c'est magique ! Mais ils étaient parfois inquiets par le stress qu'ils percevaient en moi. Après huit ans, c'est pas mal qu'une autre personne vienne diriger BSCA, il faut avoir l'honnêteté de le dire. Je suis très confiant pour l'avenir au regard de l'excellente équipe de direction qui a oeuvré à mes côtés. "Il n'ira pas se reposer à Pairi Daiza, qui est en forte croissance. " Eric Domb m'a dit trois choses : tu vas encore travailler plus, tu vas t'amuser, et tu peux te tromper , explique Jean-Jacques Cloquet. Dire qu'on va s'amuser en travaillant et que l'on pourra se tromper, c'est formidable ! Cela ne m'étonne pas qu'Eric ai été élu Manager de l'Année ! "A la tête du groupe wallon Menatam, maison mère des cuisines Èggo, Frédéric Taminiaux est le plus jeune CEO nominé cette année. A 33 ans, celui qui a succédé à son père en 2013 est en train de donner une dimension internationale à l'entreprise familiale.J e m'étais toujours dit qu'il était hors de question de travailler dans la boîte familiale. " C'est raté ! Frédéric Taminiaux n'a pas encore 30 ans lorsque son père, Philippe, lui cède le flambeau à la tête du groupe wallon Menatam. Nous sommes en 2013 et le jeune homme est déjà dans l'entreprise familiale depuis quatre ans. Après des études d'ingénieur de gestion bouclées en 2007 à la Solvay Brussels School, il travaille pendant deux ans comme consultant chez Deloitte Consulting. Alerté par la situation compliquée que traverse la chaîne d'électro de sa famille, EuroCenter, Frédéric Taminiaux décide de prendre une pause carrière afin d'assurer une mission de six mois dans l'entreprise familiale. Il restera à bord. " J'ai commencé par travailler comme employé à la finance, puis en tant que coordinateur général ", explique-t-il.Quand il prend les rênes du groupe, le jeune homme doit gérer la lente mort d'EuroCenter. L'enseigne sera transformée en Kitchen Market à partir de 2015, dans une ultime tentative de relance. Mais ce dernier concept ne tiendra pas longtemps. Il sera abandonné fin 2016. L'entreprise détenue à 54 % par la famille (le reste est aux mains de l'allemand Nobilia, numéro 1 européen de la production de meubles de cuisines) peut alors se concentrer pleinement sur sa chaîne Èggo. Créée en 2007, cette dernière a toujours affiché une bonne santé. En croissance continue, elle devrait enregistrer cette année un chiffre d'affaires de 135 millions d'euros et un résultat opérationnel de 10 millions d'euros.Expansion internationaleL'enseigne a bien évolué depuis sa création. " Quand j'arrive dans l'entreprise en 2009, Èggo vient de connaître une importante phase de croissance. On ouvre les premiers magasins mais il n'y a rien derrière, souligne Frédéric Taminiaux. Pour livrer, c'est de l'héroïsme individuel plein pot. Pendant trois ans, nous avons tout revu de A à Z : les processus, l'informatique, les fonctions, etc. " En 2014, l'entreprise ouvrira un énorme centre logistique entièrement automatisé. " Nous sommes le seul cuisiniste en Belgique à avoir une logistique entièrement gérée en interne ", insiste le CEO.Sous la direction de Frédéric Taminiaux, Èggo a entamé son développement à l'international. Le premier magasin en dehors de nos frontières ouvre ses portes fin 2014 en Espagne. " Nous venons d'ouvrir le septième point de vente dans le pays, à Valence, explique notre interlocuteur. Au Luxembourg, nous avons deux magasins. Un troisième suivra peut-être. " Mais c'est aux Pays-Bas que l'entreprise souhaite à présent mettre le turbo. Èggo a ouvert un premier magasin pilote à Breda cette année, et il entend en ouvrir 40 dans les cinq ans outre-Moerdijk.Enfin, autre gros chantier du groupe : le digital. " Nous avons entamé une révolution digitale profonde en 2017, souligne le patron. Nous sommes en train de finir tous les pilotes que nous avions lancés en Belgique et nous allons développer tout cela à l'international dès l'année prochaine. " Pour le groupe, il s'agit notamment de proposer un configurateur en ligne permettant au client de démarrer le dessin de sa cuisine depuis son fauteuil.