A l'issue d'une réunion avec la CEO de Proximus, Dominique Leroy, Kris Peeters a évoqué mercredi la possibilité de 1.900 licenciements chez Proximus et de 1.250 engagements en parallèle. Officiellement, Proximus n'a fait aucun commentaire, indiquant seulement qu'un conseil d'administration avait approuvé mardi le budget 2019 et un plan à trois ans, et renvoyant à la publication d'un communiqué jeudi matin avant l'ouverture de la Bourse à 9h. Une commission paritaire extraordinaire réunissant direction et syndicats est en outre prévue jeudi dès 8h au cours de laquelle les syndicats seront officiellement informés du contenu du plan de transformation. En attendant la publication d'un communiqué, la cotation de l'action Proximus reste par ailleurs suspendue. Les syndicats ont déjà fait part de leur mécontentement par rapport à la manière dont Proximus communique. "Ce que je retiens, c'est que madame Leroy préfère informer les politiques avant les organisations syndicales représentatives du personnel. Ce n'est pas dans les habitudes de la maison", résume Jean-Claude Philippon, du syndicat SLFP. Selon l'avocat Filip Tilleman, la communication de Proximus et du ministre pourrait être une infraction à la législation sociale. "Si la loi Renault a abouti à quelque chose, c'est à ce que le conseil d'entreprise soit informé en premier au sujet des intentions de restructuration", souligne le spécialiste en droit du travail. "L'entreprise ne peut communiquer cela à d'autres personnes, fussent-elles ministres. Le fait que l'Etat soit actionnaire ne change rien. Emotionnellement, socialement et juridiquement, cela ne va pas". Les entreprises sont en principe extrêmement prudentes au sujet de la communication de plans de restructuration, poursuit l'avocat. "Ce qui s'est passé ici avec Proximus et le ministre Peeters, c'est tout simplement du Gaston Lagaffe", juge Filip Tilleman. Pire encore: si Proximus annonce bel et bien jeudi une intention de restructuration et si plus de 30 licenciements sont annoncés (y compris des "prépensions"), alors il pourrait s'agir "d'une grave infraction au droit social" qui pourrait entraîner des sanctions pénales, selon l'avocat, pour qui c'est surtout le management de Proximus qui risque de faire l'objet de poursuites judiciaires. Un éventuel constat d'infraction pourrait le cas échéant mener à la nullité de toute la procédure de licenciements. (Belga)

A l'issue d'une réunion avec la CEO de Proximus, Dominique Leroy, Kris Peeters a évoqué mercredi la possibilité de 1.900 licenciements chez Proximus et de 1.250 engagements en parallèle. Officiellement, Proximus n'a fait aucun commentaire, indiquant seulement qu'un conseil d'administration avait approuvé mardi le budget 2019 et un plan à trois ans, et renvoyant à la publication d'un communiqué jeudi matin avant l'ouverture de la Bourse à 9h. Une commission paritaire extraordinaire réunissant direction et syndicats est en outre prévue jeudi dès 8h au cours de laquelle les syndicats seront officiellement informés du contenu du plan de transformation. En attendant la publication d'un communiqué, la cotation de l'action Proximus reste par ailleurs suspendue. Les syndicats ont déjà fait part de leur mécontentement par rapport à la manière dont Proximus communique. "Ce que je retiens, c'est que madame Leroy préfère informer les politiques avant les organisations syndicales représentatives du personnel. Ce n'est pas dans les habitudes de la maison", résume Jean-Claude Philippon, du syndicat SLFP. Selon l'avocat Filip Tilleman, la communication de Proximus et du ministre pourrait être une infraction à la législation sociale. "Si la loi Renault a abouti à quelque chose, c'est à ce que le conseil d'entreprise soit informé en premier au sujet des intentions de restructuration", souligne le spécialiste en droit du travail. "L'entreprise ne peut communiquer cela à d'autres personnes, fussent-elles ministres. Le fait que l'Etat soit actionnaire ne change rien. Emotionnellement, socialement et juridiquement, cela ne va pas". Les entreprises sont en principe extrêmement prudentes au sujet de la communication de plans de restructuration, poursuit l'avocat. "Ce qui s'est passé ici avec Proximus et le ministre Peeters, c'est tout simplement du Gaston Lagaffe", juge Filip Tilleman. Pire encore: si Proximus annonce bel et bien jeudi une intention de restructuration et si plus de 30 licenciements sont annoncés (y compris des "prépensions"), alors il pourrait s'agir "d'une grave infraction au droit social" qui pourrait entraîner des sanctions pénales, selon l'avocat, pour qui c'est surtout le management de Proximus qui risque de faire l'objet de poursuites judiciaires. Un éventuel constat d'infraction pourrait le cas échéant mener à la nullité de toute la procédure de licenciements. (Belga)