La Belgique va-t-elle enfin se mettre dans les pas de la France en termes d'offres d'information ? Depuis quelque temps déjà, les grands opérateurs télécoms français proposent en effet l'accès à des kiosques numériques dans leurs formules d'abonnement. Gratuit ou payant selon les offres, ce système permet à un abonné de Bouygues, Free, Orange ou SFR de lire des dizaines de journaux et de magazines dans leurs versions digitales sur différents écrans.
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La Belgique va-t-elle enfin se mettre dans les pas de la France en termes d'offres d'information ? Depuis quelque temps déjà, les grands opérateurs télécoms français proposent en effet l'accès à des kiosques numériques dans leurs formules d'abonnement. Gratuit ou payant selon les offres, ce système permet à un abonné de Bouygues, Free, Orange ou SFR de lire des dizaines de journaux et de magazines dans leurs versions digitales sur différents écrans. Chez nous, les rares tentatives d'arriver à ce genre de formules négociées entre éditeurs et opérateurs télécoms se sont toutes soldées par des échecs. Aujourd'hui, le client de Proximus, Voo ou Telenet n'a donc pas la possibilité de consulter sur écran la quasi-totalité de la presse nationale via son offre d'abonnement comme peut le faire un consommateur en France. Les lignes pourraient toutefois bouger dans les prochains mois. Ce 1er décembre, Proximus a en effet signé une première sur le marché belge grâce à un partenariat conclu, d'une part, avec Rossel (éditeur du journal Le Soir et des titres du groupe SudPresse) et, d'autre part, la société DPG Media, issue de la fusion de Medialaan (propriétaire des chaînes VTM et Q-Music) et De Persgroep Publishing (éditeur des journaux Het Laatste Nieuws et De Morgen). Concrètement, l'opérateur propose désormais à une grande partie de ses abonnés - plus d'un million de clients - l'accès gratuit à l'édition numérique complète du journal Le Soir pour la partie francophone du pays et à celle de Het Laatste Nieuws pour les abonnés néerlandophones. D'une valeur respective de quelque 15 euros par mois, ces abonnements sont donc offerts à la majorité des clients Proximus qui peuvent aujourd'hui consulter du contenu exclusif sur leurs différents écrans via leur pack d'abonnement. Inédit dans le monde de la presse belge, ce partenariat entre deux éditeurs et un opérateur à la couverture nationale pourrait inspirer d'autres acteurs du secteur et remettre à l'ordre du jour l'idée d'un kiosque numérique dans le paysage télécom. Toujours propriétaire de Voo et des Editions de l'Avenir, le groupe Nethys avait timidement tenté, de son côté, cette stratégie de convergence " contenant-contenu ", sans toutefois aboutir à une offre pertinente dans ses formules d'abonnement. L'accord signé entre Proximus et les sociétés Rossel et DPG Media pourrait dès lors servir de déclencheur et peut-être pousser d'autres éditeurs comme IPM ( La Libre et La DH) ou Mediahuis ( De Standaard, Het Nieuwsblad, etc.) à conclure, eux aussi, des accords avec l'un ou l'autre opérateur télécom. L'idée serait d'autant plus audacieuse pour des groupes de presse dont l'offre ne cesse de s'étoffer, à l'instar de Rossel qui possède de nombreux titres en France ou de Mediahuis qui est propriétaire de plusieurs journaux aux Pays-Bas et en Irlande, et qui a aujourd'hui le prestigieux quotidien britannique The Telegraph dans sa ligne de mire. Ces acquisitions multiples ne pourraient qu'enrichir et justifier enfin l'existence d'un vrai kiosque numérique en Belgique.